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Dans une correspondance : Mike Mukebayi interpelle le ministre Mutamba sur sa détention préventive prolongée
Près de 18 mois après son arrestation, Mike Mukebayi, député provincial honoraire de Kinshasa et cadre du parti Ensemble pour la République, alerte sur sa détention préventive prolongée à la prison centrale de Makala. Dans une lettre adressée au ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, M. Mukebayi décrit ce qu’il considère être une instrumentalisation politique de la justice. Il appelle le ministre à s’impliquer pour que son dossier soit jugé dans les délais légaux.
Arrêté le 23 mai 2023 après une manifestation de l’opposition, Mukebayi est toujours incarcéré. Il dénonce une détention qui dépasse la durée maximale de 24 mois prévue pour les infractions dont il est accusé.
Dans sa correspondance, il déplore que des décisions successives viennent prolonger indéfiniment son séjour en prison. Le 26 août 2024, il a adressé un recours devant la Cour de cassation, mais deux mois plus tard, l’audience n’a toujours pas été fixée.
» Cette détention dure plus de 17 mois alors que je suis poursuivi pour des infractions dont aucune n’est punissable de plus de 24 mois « , se plaint-il, dénonçant un retard délibéré dans le traitement de son appel.
Mukebayi rappelle plusieurs étapes de son parcours judiciaire, qu’il décrit comme entachées de lenteurs stratégiques. Il explique, par exemple, que la Cour constitutionnelle a mis huit mois à statuer sur une exception d’inconstitutionnalité qu’il avait soulevée. À ses yeux, ces retards sont des tentatives visant à » étirer le plus possible ce procès « . En réaction à une décision » avant dire droit « rendue par la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, Mukebayi a fait appel devant la Cour de cassation, mais se heurte encore à des lenteurs, ce qui le pousse à douter de l’indépendance de la justice dans son affaire.
Un appel à la Justice pour mettre fin à une détention qu’il juge politique
Pour M. Mukebayi, ces multiples obstacles confirment le caractère politique de son dossier, qu’il qualifie de « procès politique « . Il accuse une » machiavélique » stratégie pour le maintenir derrière les barreaux en réponse à son engagement politique auprès d’Ensemble pour la République et son soutien aux familles victimes de violences policières lors des manifestations de l’opposition.
Dans sa lettre, il exhorte le ministre de la Justice à intervenir pour que sa cause soit entendue dans un délai raisonnable, dénonçant une pratique qu’il appelle « gangstérisme judiciaire « . » Vous conviendrez avec moi que cette attitude ternit de plus en plus l’image de notre justice « , écrit Mukebayi, espérant une implication personnelle du ministre pour mettre fin à sa détention prolongée.
Christian-Thimothée MAMPUYA