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Crise salariale à L'Edu-NC Kasaï 1 : Des enseignants manifestent devant les sièges bancaires à Tshikapa
Une foule dense et déterminée d'enseignants, agents de la Direction provinciale de l'Education nationale et de la Nouvelle citoyenneté (Edu-NC Kasaï 1), a investi, le mardi 18 août matin, le Boulevard Lumumba, artère principale et centre névralgique des institutions financières de la ville de Tshikapa, dans la province du Kasaï. Leur colère était dirigée contre les établissements bancaires Advans First Bank et Afriland First Bank, chargés de la mise à disposition de leurs rémunérations.
Mobilisés en réponse à un mot d'ordre lancé par le Président de l'Intersyndicale des syndicats des enseignants de l'Edu-NC Kasaï 1, Faustin Mputu Kalala, les manifestants ont exprimé avec véhémence leur exaspération face à une situation financière intenable. Pour certains, il s'agit d'un impayement pur et simple ; pour d'autres, d'un retard récurrent dans le versement de leurs salaires, plongeant le corps enseignant dans une précarité alarmante et compromettant gravement la quiétude sociale nécessaire au bon déroulement de l'année académique.
Le cortège, d'abord stationné devant les installations d'Afriland First Bank, a pu y faire entendre sa voix. Une délégation représentative a été reçue par la direction de l'agence. À l'issue de cet entretien, les enseignants ont obtenu des précisions sur l'origine du blocage.
Il est ressorti des échanges que les salaires du mois de juillet 2025 accusent un retard pour les bénéficiaires d'Advans First Bank. La situation est plus critique pour ceux relevant d'Afriland First Bank, qui font face à des impayés pour les mois de juin et juillet 2025, auxquels s'ajoutent les frais de fonctionnement des établissements scolaires pour le mois de juin, toujours non perçus.
Frustrés par ces explications qui ne règlent en rien leur détresse immédiate, les manifestants, se disant "dans l'impasse et incapables de définir la politique sociale de leur vie ", ont intensifié leur mouvement en se rendant devant les bureaux d'Advans First Bank. Là, l'humeur était notablement plus tendue. Les enseignants ont procédé à la barricade des accès au bâtiment, empêchant toute entrée et toute sortie, et perturbant significativement les activités bancaires durant toute la matinée. Des jets de projectiles ont été signalés, marquant un durcissement palpable de la manifestation.
Plus tôt dans la journée, afin de donner un caractère institutionnel à leur action, une représentation syndicale s'était rendue au Gouvernorat de la province. Ils y ont été reçus par Monsieur Faustin Kambala Ilunga, Directeur de cabinet du Gouverneur. Ce dernier a assuré les représentants des enseignants de l'attention des plus hautes autorités provinciales et formulé des promesses quant à une résolution accélérée du conflit.
LES CAUSES PROFONDES D'UNE CRISE SYSTÉMIQUE
Selon des sources internes crédibles, cette crise des paiements ne serait pas imputable aux banques commerciales en première ligne, mais trouverait son origine dans un dysfonctionnement technique majeur affectant un acteur clé du circuit financier local : l'agence de la Banque Equity BCDC de Tshikapa.
Cette dernière, qui fait officiellement office de représentante de la Banque centrale du Congo (BCC) dans la province, serait aux prises avec une panne technique grave depuis plusieurs jours. Cette défaillance paralyse l'ensemble de la chaîne de traitement des fonds destinés aux services de l'État, dont les salaires des enseignants.
Conséquence directe, les fonds nécessaires au paiement des agents, dont les comptes sont domiciliés chez Afriland First Bank, ne sont tout simplement pas physiquement disponibles dans les coffres de l'agence de Tshikapa. Face à cette situation exceptionnelle, une procédure manuelle de compensation pourrait être envisagée. Cependant, une telle opération nécessite une autorisation expresse et préalable du Gouverneur de la Banque centrale du Congo lui-même, André Wameso, basé à Kinshasa.
Félix Mulumba Kalemba