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Cartes d’identité : Félix Tshisekedi appelé à relever le défi
La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) vient de lancer un communiqué par lequel elle demande aux citoyens désireux d’acquérir les duplicata des cartes d’électeur de prendre leur mal en patience, étant donné que le stock dont elle dispose est épuisé. Du coup, les Congolais qui s’attendaient à obtenir leurs cartes d’identité sont montés au créneau pour stigmatiser l’incompétence de l’Office national d’identification de la population (Onip) qui n’arrive pas encore à s’acquitter de l’une des missions essentielles pour lesquelles il a été créé.
Il est incompréhensible que depuis que cet office a lancé l’opération d’octroi des cartes d’identité pour citoyen, seul le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo en a bénéficié depuis le 30 juin 2023.
Depuis lors, aucun autre citoyen n’a été servi. Pourtant, la Ceni lui a facilité la tâche en lui fournissant toutes les informations nécessaires à partir du fichier électoral qu’elle a mis à jour lors de l’opération de l’enrôlement des électeurs. Mais pourquoi cette opération traîne ? Est-ce le manque de fonds ? Est-ce l’inconscience ou l’incompétence du personnel de cet office ?
Aucune explication n’ est fournie à la population pour justifier cette interruption s’il faut ainsi dire. Pourtant, d’aucuns espéraient que cette opération allait se poursuivre et se clôturer de sorte que les Congolais acquièrent enfin une carte d’identité, qu’ils n’ont plus depuis plusieurs décennies. Il est important de souligner l’une des promesses électorales de Fatshi était de doter les Congolais d’une carte d’identité.
Pourquoi ce couac dans cette distribution qu’on croyait se poursuivre sans aucun problème ? Seules les autorités de cet office peuvent éclairer la lanterne des Congolais qui piaffent d’impatience d’obtenir leurs cartes d’identité. Toutefois, le citoyen lambda se pose beaucoup des questions sur le fonctionnement de l’Onip qui, depuis sa création, ne fait que tourner en rond.
Cet office, à l’instar d’autres structures étatiques, grève inutilement le budget de l’Etat, alors que son impact dans la société n’est pas visible. Pourtant, dans l’administration traditionnelle, il existe des services créés pour les mêmes missions. Ce dédoublement a favorisé la balkanisation des services étatiques, qui est à la base de la déliquescence de l’administration publique. Sans des services efficaces, un pays ne peut pas se développer.
DOTER l’ONIP DES ALLOCATIONS SUFFISANTES
C’est le cas de le dire avec l’Onip qui fait double emploi avec l’Institut national de la statistique (INS). Est-ce pour faire le recensement de la population, qui n’est pas une activité permanente ? Fallait-il créer tout un office ? Où en sommes-nous aujourd’hui ? Malgré tous les fonds mis à sa disposition, cet office n’a rien produit comme résultat, conformément à son objet social.
Il en est de même pour de nombreuses agences qui ont vu le jour ces dernières années. Que font-elles d’extraordinaire et de concret que les directions ordinaires des ministères ne peuvent faire ?
Il est inadmissible que les citoyens d’un pays ne puissent disposer des cartes d’identité. Doivent-ils continuer à attendre chaque cycle électoral pour se faire octroyer une carte d’électeur qui fait office de ladite pièce.
Le régime précédant n’est pas arrivé, en dix-huit ans, à identifier les citoyens congolais et leur octroyer la pièce maîtresse du ressortissant d’un pays. Cet objectif tarde à se concrétiser aujourd’hui. A l’allure où les années passent, et face aux énormes défis auxquels il est confronté, on craint fort que le président Tshisekedi termine son second et dernier mandat sans gagner ce pari.
Pour qu’on n’en arrive pas là, il est souhaitable que les élus de deux chambres législatives, députés et sénateurs, veillent doter, lors du vote du budget, des allocations suffisantes à l’Onip pour lui permettre de fabriquer ces pièces d’identité, très importantes pour les citoyens d’un pays. Ou, s’il en faut, accorder la prérogative de l’identification de la population à l’Institut national de la statistique (INS). Muke MUKE