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Bahati Lukwebo pour l’amélioration du vécu des Congolais !
Rituel respecté. La première session ordinaire de l’année 2022 a ouvert ses portes à tour de rôle hier, mardi 15 mars, dans les deux chambres du Parlement rd congolais. Les deux cérémonies, officiées par les speakers respectifs des deux Assemblées, se sont déroulées en préence de plusieurs invités. Entre autres, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, des membres du Gouvernement, des officiers généraux et supérieurs des Forces armées et de la Police nationale congolaise ainsi que des ambassadeurs en poste à Kinshasa.
Au Sénat, comme d’ordinaire, Modeste Bahati, speaker de la Chambre, a passé sous scanner, l’actualité tant sur le plan national qu’international. Aussi, s’est-il appaisanti dans son speech, sur des questions économiques et de finances publiques.
Sans circonlocution, Modeste Bahati a attiré l’attention du Gouvernement sur le lien qui doit exister entre une loi des Finances et le social de la population.
« L’adoption du Budget ne doit plus être une simple formalité ou un rituel annuel de bonnes intentions, sans impact réel sur le quotidien de nos concitoyens, mais plutôt l’expression de leurs attentes dans leur train de vie« , a déclaré le Président de la haute Assemblée du Parlement, dans une salle de conférences internationales du Palais du peuple pleine comme l’oeuf.
Ainsi, pour cette finalité qu’est l’amélioration du quotidien des Congolais et, conformément au Programme du gouvernement, dans son volet de diversification de l’économie, Modeste Bahati estime nécessaire le soutien aux secteurs sociaux porteurs de croissance.
Sans aller par quatre chemins, le modestissime speaker du Sénat exhorte le Gouvernement à se concentrer sur les mesures fiscales déjà définies, afin d’atteindre ses objectifs. Ceci, renchérit Modeste Bahati pour permettre à l’Exécutif national de réaliser l’initiative par une bonne exécution du Budget 2022.
EVITER LE PARADOXE
L’objectif, c’est d’éviter le paradoxe actuel entre les mauvaises conditions de vie des populations et l’abondance des ressources naturelles dont regorge la RDC.
En toute circonstance, le combat du gouvernement devra être l’amélioration des conditions de vie des Congolais dans la perspective de la création des richesses et non de la gestion de la pauvreté comme on le vit à ce jour, énonce l’économiste Bahati Lukwebo.
Le Président du Sénat n’a pas oublié l’orthodoxie financière qui doit être de stricte application en ce qui concerne les dépenses à engager. C’est ici où il loue le travail des audits de l’Inspection générale des finances (IGF) dans tous les comptes du trésor public et à qui le chef de l’Etat a doté de moyens pour mener à bout ces missions.
Un autre défi qui préoccupe le speaker de la Chambre haute et qui doit interpeller le gouvernement, c’est la problématique de la couverture totale de la RDC en énergie hydroélectrique pour booster son développement. Il y a aussi la fourniture en eau potable qui est une obligation constitutionnelle de l’Exécutif. Comme on le voit, tout cela procède de l’amélioration des conditions de vie des Congolais qui doit être matérialisée par le gouvernement dans son programme.
KANDOLO M.
Allocution de l’honorable Président du Sénat à l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire de mars
Palais du peuple, le 15 mars 2022
La plénière de ce mardi, 15 mars 2022, se tient conformément aux dispositions des articles 115 de la Constitution et 82 du Règlement Intérieur du Sénat. Elle consacre l’ouverture solennelle de la session ordinaire de mars 2022,
Ainsi que l’exige la coutume parlementaire et tes règles de bienséance, permettez-moi, Honorables Sénateurs et Sénatrices, très chers collègues, de vous souhaiter un bon retour dans notre hémicycle.
De même » qu’il me soit permis de saluer de vive voix la présence du premier ministre et de son gouvernement, celle des présidents des institutions et des responsables des hautes administrations civiles et militaires, mais aussi, je me donne le devoir de rappeler que le Sénat apprécie hautement la présence du corps diplomatique, des missions consulaires et des organisations internationales, laquelle présence magnifie la solidarité, la fraternité et l’amitié qui lient leurs pays et leurs organisations à la République Démocratique du Congo,
Cette session intervient après des vacances parlementaires qui n’ont pas été que des durs moments de poursuite du travail parlementaire sur le terrain. Ces vacances parlementaires, pour le Sénat, ont été spécialement marquées par un insupportable deuil.
En effet, Le Sénat de la République a perdu l’une des figures les plus marquantes de cette législature en la personne de l’Honorable Sénateur MWAWATADI BANDJILA SHIBONDO BONI.
Durant toutes ces années, c’est la qualité humaine et la personnalité si attachante de notre collègue qui ont marqué tous ceux, encore très nombreux, qui l’ont connu dans notre institution. La simplicité de son abord et la chaleur qu’il mettait dans les rapports humains accompagnaient une intelligence lumineuse.
Homme de cœur, aux passions multiples et à l’humour rare, le collègue MWAWATADI BONI savait créer avec chacun de nous, des relations amicales de travail et de confiance. Infatigable serviteur de la République, il avait une forte ambition pour l’institution sénatoriale, qui lui paraissait à la fois irremplaçable et perfectible.
Au nom de tous les collègues Sénateurs et Sénatrices, je présente les plus sincères condoléances du Sénat et de la République à son épouse, à ses enfants et au reste des membres de sa famille et à ses amis.
Dans ce tableau triste, ma pensée va également aux victimes de l’électrocution de Matadi-Kibala et de Limete, Elle se dirige aussi vers celles des atrocités des ADF et de CODECO, à Beni-Butembo et en Ituri, Aussi, je ne saurais omettre les victimes des naufrages, des accidents de circulation, des incendies, des accidents de trains, de différentes agressions aussi bien dans la capitale que dans le reste du pays. Enfin, elle revivifie le souvenir de tous nos êtres chers qui nous ont quittés pendant ces vacances parlementaires.
Au nom de tous les collègues Sénateurs et Sénatrices, je formule la prière que le Bon Dieu les accueille tous dans sa félicité céleste. Ainsi, pour honorer la mémoire des uns et des autres, et plus particulièrement, celte de notre Collègue BONI, je vous demande de vous lever pour observer une minute de silence.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues »
Les vacances parlementaires ne dispensent pas votre Bureau de continuer à travailler régulièrement pour assurer le bon fonctionnement de la haute Chambre du Parlement congolais. C’est pourquoi, j’ai jugé bon de vous faire part de quelques activités qu’au nom du Bureau, j’ai menées pendant l’intercession,
II s’agit principalement des audiences accordées à ;
– la Délégation conduite par le Secrétaire Général des Nations Unies ;
– la Délégation des Experts en Santé Publique ;
– la Délégation du PNUD ;
– la Délégation de la Société Brasefïn ;
– la Délégation des Investisseurs;
– la Délégation du Collectif des Professeurs des Universités ;
– la Délégation des Députés Provinciaux de plusieurs provinces dont ceux du Kasaï, du Kwilu, du Sud-Kivu et du Sankuru ;
– la Délégation des Députés Nationaux ;
– la Délégation du Gouvernement Canadien pour la formation professionnelle;
– la nouvelle conseillère économique près l’ambassade de Belgique ;
– l’ambassadeur de l’Ouganda ;
– l’Ambassadeur de Tanzanie ;
– l’Ambassadeur de Chine ;
– la Délégation du Comité de Gestion de l’Université de Kinshasa ;
– la Délégation de la FIOH, etc.
Le Président du Sénat de la RDC a pris part à la conférence des Présidents des Sénats d’Afrique et du Monde Arabe à Rabat, au Maroc.
Le Premier Vice-Président, quant à lui, s’est rendu à New-York, à l’occasion de l’audition parlementaire aux Nations Unies 2022 organisée conjointement par l’Union Interparlementaire et le Bureau du Président de l’Assemblée générale de l’ONU, du 17 au 18 février 2022.
Le Rapporteur, pour sa part a dirigé le Comité de rédaction du rapport annuel d’activités édition 2021, conformément aux articles 35 point 8, 266 point 8 du Règlement Intérieur du révisé à ce jour et la Décision n°002/CA8/PDT/SENAT/MBL/RAPP/RMB/EBD/2022 du 10 janvier 2022 portant désignation des membres du Comité de rédaction dudit rapport. Il est aussi vrai que le volume important des dossiers qui relèvent de la compétence du Sénat a toujours nécessité une programmation bien planifiée de manière à permettre leur traitement efficient C’est ainsi que les matières non encore examinées seront alignées dans le calendrier à soumettre à la plénière à l’issue des discussions au niveau de fa Conférence des Présidents,
La présente session s’ouvre avec une riche actualité dominée essentiellement :
Au plan international, par le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine avec ses conséquences sur les relations internationales et l’économie mondiale. Cette crise ne doit pas nous faire oublier la pandémie de COVID-19 qui continue à faire des victimes, nonobstant la baisse significative de nouveaux cas mats aussi les autres maladies meurtrières non encore éradiquées notamment le paludisme et les maladies infantiles.
En Afrique, le Président de la République Démocratique du Congo Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO a cédé le biton.de commandement de l’Union Africaine à son homologue Sénégalais Macky Sall après un fructueux mandat, couronné de succès sur les plans diplomatique et culturel, mais aussi la réaffirmation de la masculinité positive.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Je ne saurai clore ce volet de mon allocution, sans revenir aux points saillants qui ont marqué le microcosme politique congolais, au niveau tant international régional que national, pendant la période des vacances parlementaires.
Sur le plan international, il est à noter que les 17 et 18 février dernier, il s’est tenu, à Bruxelles, le 6ème Sommet Europe-Afrique auquel notre pays a pris part, par l’entremise du Premier Ministre SAMA LUKONDE. Au nom du Chef de l’Etat, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, le Premier Ministre a défendu les intérêts du pays dans le domaine de la santé, de la sécurité et du réchauffement climatique,
Au plan régional, l’ouverture de la présente Session a presque coïncidé avec la fin du mandat avec succès du Président de la République à la tête de l’Union Africaine (UA) suivi d’un autre mandat au sommet de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEAC). Autant le mandat du Président à TUA a été un succès comme épingle ci-haut, autant le Sénat lut souhaite un fructueux mandat à la tête de la CEAC.
Dans ce registre, le Sénat congolais salue et encourage nos Chefs d’Etat à intensifier les rencontres du genre de celte d’OYO en République du Congo, Les échanges entre les Présidents Denis SASSOU NGUESSO du Congo-Brazzaville, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO de la République Démocratique du Congo, YOWERI MUSEVENI d’Ouganda et FAURE GNASSINGBE du Togo ont porté essentiellement sur l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Afrique Centrale et en Afrique de l’Ouest Les quatre Chefs d’Etat ont longuement évoqué tes opérations conjointes que mènent les Armées de l’Ouganda et de la République Démocratique du Congo dans la partie Est de notre pays, visant à éradiquer l’activisme des rebelles des Forces Démocratiques Alliées ainsi que les autres forces négatives qui menacent la paix et la stabilité dans ces deux pays. La rencontre d’Oyo a apporté son plein soutien aux opérations militaires conjointes engagées par Kinshasa et Kampala contre ces rebelles impénitents.
Toujours au plan régional, la Chambre haute du Parlement congolais salue la prise officielle par la République Démocratique du Congo de la Présidence du Mécanisme Régional de Suivi de l’Accord-cadre de la Paix, la Sécurité et la Coopération d’Addis-Abeba, à l’occasion du 10ème Sommet des Chefs d! Etat et de Gouvernement des pays signataires, qui a eu lieu le jeudi, 24 février 2022, à Kinshasa, Pour rappel, cet Accord signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba vise la paix et la sécurité dans-la sous-région. Chaque année, les pays garants doivent en faire une évaluation, notamment en rapport avec les conflits qui, à l’origine, ont motivé la mise en commun des efforts des pays concernés.
Au plan bilatéral, en marge du Sommet Europe-Afrique, notre Chambre haute du Parlement salue la cérémonie symbolique de la restitution des œuvres d’art par le Royaume de Belgique à la République Démocratique du Congo. Cette cérémonie qui a eu lieu le jeudi, 18 février 2022, au Musée Royal de Tervuren, en Belgique, a consisté en la remise d’un document reprenant la liste complète de 84.000 œuvres d’art et objets culturels emportés par la Belgique durant la colonisation. Dans le monde culturel, c’est une étape importante qui a été franchie. Il reste à notre gouvernement de bien les conserver.
Au plan local, le 24 janvier 2022 le Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHIL0MB0 a totalisé 3 ans depuis son investiture en tant que 5ème Président de la RDC, Dans son bilan, il y a lieu de relever un certain nombre d’importantes actions menées avec un sens élevé de patriotisme par le garant de toutes les Institutions de la République pour maintenir la paix sur tout le Territoire national par la proclamation de l’état de siège dans les Provinces du Nord-Kivu et de Ituri.
Dans le même ordre d’idées, comment ne pas saluer la volonté du Président de la République et Chef de l’Etat de doter l’Inspection Générale des Finances de moyens conséquents pour contrôler l’utilisation des fonds de différentes institutions et Entreprises du Portefeuille de l’Etat pour une bonne gouvernance et une utilisation efficiente des ressources publiques, dans la perspective de réaliser plus ressources en vue du développement à la base de nos 146 territoires…
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Sur le plan des Finances publiques, comme vous le savez, le Gouvernement SAMA LUKONDE, investi l’année passée par la Chambre sœur, avait présenté son programme d’actions pour la période 2021 à 2023, conformément au cadre budgétaire à moyen terme 2021-2023, Les principales actions contenues dans ce programme exigent des ressources et des moyens conséquents pour sa réalisation. Cependant, le coût global de ce programme, pour la période ci-indiquée, se chiffre en terme d’évaluation prévisionnelle à hauteur de l’équivalant en dollars américains de 36 milliards, soit un coût annuel de 12 milliards en linéaire comme objectif de la hauteur du Budget annuel à atteindre. Sauf survenance de certains facteurs exogènes et endogènes pouvant perturber le programme,
C’est dans cette lignée que la loi de finances de l’exercice 2022 a été adoptée par te Sénat en équilibre, en recettes et en dépenses, à hauteur de 20.730,1 milliards de Francs congolais, équivalant à 9,9 milliards de dollars américains, soit un taux d’accroissement de 41,8%, par rapport à la loi de finances de l’exercice 2021, chiffrée à 14.620,5 milliards de Francs congolais.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Je voudrais à ce niveau de mon propos » attirer votre attention sur le fait que l’adoption du Budget ne doit plus être une simple formalité ou un rituel annuel des bonnes intentions, sans impact réel sur le quotidien de nos concitoyens, mais plutôt l’expression de leur attente dans leur train de vie. C’est pourquoi, J’exhorte le Gouvernement à se pencher sur les mesures fiscales déjà définies, afin d’atteindre ces objectifs. Ceci pour lui permettre de réaliser l’initiative par une bonne exécution du Budget 2022.
Pour éviter le paradoxe entre les mauvaises conditions de vie de la population et l’abondance des ressources dont regorge le pays, la lutte du Gouvernement devra absolument privilégier l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens, cela dans la perspective de la création des richesses plutôt que dans la gestion de la pauvreté. A cette fin, et conformément au programme et plus particulièrement à son volet de diversification de l’économie » le soutien aux secteurs productifs s’impose par la contribution de l’Etat aux financements des secteurs sociaux porteurs de croissance. Pour ce faire, Je demande au Gouvernement de fournir des efforts pour la mobilisation optimale des recettes, à travers les Régies financières et tous les Services d’assiettes.
L’orthodoxie financière doit être de stricte application en ce qui concerne les dépenses à engager. Toutes les mesures d’accroissement des recettes, notamment la lutté contre l’incivisme fiscal, le coulage des recettes, la corruption, la fraude fiscale et douanière, nécessitent une application stricte de la loi pour capitaliser la mobilisation des recettes aux fins d’une meilleure exécution du Budget 2022. Je réitère mon encouragement à la lutte déjà entamée par l’Inspection Générale des Finances dans le cadre du contrôle de gestion des Finances publiques, contre la mégestion et la corruption. Est-il besoin de souligner que cette lutte a permis l’accroissement du taux de réalisation de collecte des recettes en 2021.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Permettez-moi, à cette même occasion, d’émettre quelques considérations sur le plan économique. En effet, nonobstant la persistance de la pandémie de la Covid-19, il y a lieu de noter que l’économie de notre pays se redresse petit à petit La croissance pour 2021 et 2022 est révisée à la hausse, de 5,4% à 6,2% cette dernière est littéralement soutenue par une production minière plus élevée que prévue et un rebond de la croissance non extractive.
Du point de vue économique, la République Démocratique du Congo connaît un démarrage prometteur de son programme soutenu par l’accord de facilité élargi de crédit du 16 décembre 2021, lequel a été approuvé par le FMI, et a favorisé le décaissement de 212,3 millions de dollars américains en faveur de la RDG afin de renforcer les réserves nationales, compte tenu des risques d’inflation. Cet accord continue à soutenir te programme des réformes à moyen terme, afin de favoriser la stabilité macro-économique et le développement durable. Ceci n’est possible qu’en intensifiant la mobilisation des recettes intérieures par le renforcement de la bonne gouvernance, et en soutenant la politique monétaire, qui du reste, demeure la clé du succès du programme de réforme comme réponse aux besoins sociaux et aux infrastructures de base.
Le Budget 2022 faut-il le souligner doit être le soubassement à la reprise économique à travers la gestion des dépenses d’investissement des infrastructures de base, et et, en vue non seulement d’accélérer le processus de l’émergence et la lutte contre la pauvreté dans notre pays, maïs aussi de procéder à son désenclavement par la création des richesses. J’encourage donc le Gouvernement à déployer ses efforts dans ce sens par la gestion saine des dépenses d’investissement public et cela d’autant plus que le taux de dépense d’investissement public a connu un accroissement de 68,1% par rapport à leur niveau de 2021, soit de 37,7% des dépenses du Budget général.
C’est là « l’un des moyens de réduire la pauvreté et de créer des richesses« . C’est pourquoi, je salue, à titre indicatif, le lancement en janvier 2022 des travaux de construction du port en eau profonde de Banana à Moanda dans la Province du Kongo-Central par Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’Etat.
Ce projet, dont l’investissement estimé à 1,3 milliards de dollars américains, va développer tes capacités de la RDC en termes de commerce et de logistique, tout en accompagnant la croissance du pays et en jouant un rôle capital dans l’intégration régionale. Grâce à ce projet, notre pays aura une ouverture sur la mer avec la possibilité de recevoir des navires de grandes capacités, 11 s’agit là d’un atout majeur pour la RDC qui pourrait accroître non seulement le volume des échanges commerciaux internationaux, mais aussi parvenir à développer une zone industrielle et logistique capable de créer des emplois pour nos concitoyens. Aussi, le Sénat soutient-il la construction de cet ouvrage dont l’importance pour le développement de notre pays n’est plus à démontrer.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Il vous souviendra que dans le souci d’améliorer les recettes publiques à caractère national, notre Chambre s’était résolue d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de l’examen des projets de lois de réédition des comptes et de Finances des exercices 2020 et 2021. Cette mission confiée à la Commission Economique et Financière et de bonne gouvernance permanente élargie, a produit quelques recommandations assorties dans son rapport intérimaire. J’exhorte donc le Gouvernement à mettre tout en œuvre pour appliquer, non seulement les recommandations formulées à son endroit par cette Commission, mais également celles lui adressées dans le rapport relatif à l’examen et à l’adoption du projet de loi de finances de l’exercice 2022, qui d’ailleurs est d’une importance capitale pour la maximisation des recettes de l’Etat La contribution du Sénat à la maximisation des recettes de l’Etat à l’issue de ces missions parlementaires se chiffrera, j’en suis sûr, à plusieurs milliards de francs congolais qui seront pris en compte lors de l’examen du collectif budgétaire mi- exercice,
Enfin, il paraît urgent d’examiner et d’adopter la loi sur la garantie souveraine de l’Etat en vue de promouvoir le partenariat public privé dans la construction des infrastructures et la réalisation d’investissements de grande envergure. Aussi et dans ce cadre » la révision de la loi sur l’agriculture devient plus qu’urgente en vue d’accorder à ce secteur la première place dans l’économie nationale.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Sur le plan social, la présente session intervient dans un contexte national assez particulier, principalement dans le secteur de la santé, marqué par l’allégement des mesures restrictives du Gouvernement contre la Covjd-19,
Comme vous le savez « la lutte contre la pandémie de la Covid-19 a nécessité l’adoption de mesures de prévention rigoureuses, afin d’éviter la contamination collective. Ces mesures ont influé sur l’ensemble des institutions, y compris sur notre Chambre. A ce jour, les données épidémiologiques en République Démocratique du Congo montrent qu’il y a une baisse sensible de contamination à Kinshasa et dans certaines Provinces. Une baisse caractérisée d’une part, par la prise de conscience de notre population au respect des gestes barrières et « d’autre part » aux mesures prises par le Gouvernement pour faire face à la pandémie. Ainsi, le Sénat salue-t-il ces doubles actions et appelle donc le Gouvernement à plus de vigilance, face à l’apparition d’une nouvelle vague qui pointerait à l’horizon ». C’est pourquoi, j’exhorte notre population à se faire vacciner, afin d’atteindre l’immunité collective.
Par ailleurs, le Sénat prend acte de la levée des mesures du couvre-feu sur l’ensemble du Territoire national, excepté les Provinces sous état de siège. A mon avis, cette décision va résoudre la problématique de mobilité de la population, ainsi que le fonctionnement normal des quelques activités commerciales bloquées pendant les durs moments de la pandémie à Covid-19. C’est la raison pour laquelle » le Gouvernement doit renforcer les mesures sécuritaires, environnementales et sanitaires pour combattre et éviter ce risque de dérapage. C’est ici aussi le lieu pour moi de rappeler à notre peuple que la levée de la mesure de couvre-feu ne signifie nullement la fin de la pandémie de la Covid-19 dans notre pays. Je félicite donc le Gouvernement pour tes efforts fournis dans la riposte et l’encourage à poursuivre ses actions pour l’éradication totale de la pandémie et de toutes les maladies résurgentes sur l’ensemble du Territoire national.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
En ce qui concerne le secteur de l’éducation, le constat est que le Gouvernement fournit des efforts pour mettre fin aux différentes revendications soulevées par les professionnels de l’éducation, en vue d’éviter la grogne observée chaque année lors de la rentrée scolaire ou académique.
Je salue les efforts du Gouvernement de la République visant l’amélioration : des conditions de travail du Personnel enseignant à tous les niveaux. Un compromis en ce sens a abouti enfin à la suppression de la grève été la reprise normale du travail pour une année académique apaisée tout en sachant que l’éducation figure parmi les priorités du Chef de l’Etat, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO. Je demande avec insistance au Gouvernement de respecter les engagements pris envers les professeurs d’Université et les cadres scientifiques.
Aussi, je rends hommage au Président de la République pour avoir doté les étudiants de Kinshasa d’un lot de 100 bus pour leur mobilité. J’exhorte donc le Gouvernement à élargir cette action dans toutes les Provinces. Enfin, j’encourage la matérialisation progressive du système LMD (Licence – Maîtrise – Doctorat) dans notre Enseignement Supérieur et Universitaire en commençant par les classes de recrutement de premier cycle.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
La problématique de la couverture totale de notre pays en énergie hydroélectrique reste encore préoccupante car il y va de son développement socio-économique. Le Sénat interpelle le Gouvernement à matérialiser sa mission constitutionnelle en matière de l’eau et de l’électricité qui demeurent les éléments indispensables pour la vie de tout un chacun. Il en est de même pour ce qui est du pouvoir d’achat des congolais en baisse progressive, comme le témoigne au jour d’aujourd’hui le contenu du panier de la ménagère. En effet, la hausse des prix des biens et des services, surtout des denrées de première nécessité, continue à peser sur le budget déjà maigre de la majeure partie de la population. J’encourage le Gouvernement à poursuivre les discussions avec les opérateurs économiques pour aboutir à la baisse effective des prix des services et des denrées de première nécessité. Cette baisse, pour ma part, doit se faire en tenant compte des intérêts aussi bien des consommateurs que des opérateurs économiques,
Le Gouvernement doit encourager et promouvoir la production locale des biens de consommation de première nécessité. Les activités du Service National à Kaniama Kasese en témoignent et méritent davantage un appui financier et technique du Gouvernement pour une plus grande production. C’est de cette façon que le Gouvernement pourra combattre efficacement les velléités spéculatives des opérateurs économiques, tout en notant que la vérité des prix est guidée par la loi de l’offre et de la demande.
Toutefois, j’exhorte le gouvernement à bien communiquer en matière de prix, car notre pays n’est pas à l’abri de l’inflation importée, dès lors que nous importons une grande partie de nos biens d’équipements et de consommation. C’est le cas aujourd’hui du prix du pétrole qui est passé, il y a quelques années de 30 à 95 dollars sur le marché mondial. Cela peut impacter tes prix dans plusieurs secteurs notamment les transports. Le gouvernement doit éviter d’engloutir le fruit de ses efforts en termes de recettes dans la subvention des prix. 11 doit s’approcher de la vérité des prix tout en s’expliquant ouvertement auprès des consommateurs.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
La culture reflète l’image et l’identité de tout un peuple, dit-on. C’est depuis le 14 décembre dernier que la Rumba congolaise est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette inscription par l’UNESCO n’a pas laissé le Sénat indifférent. Aussi, le Sénat salue-t-il cet événement culturel qui constitue notre fierté et notre reconnaissance universelle. La prestation musicale d’un de nos artistes musiciens au Cameroun, lors de la cérémonie d’ouverture de la CAN 2022, est une illustration parfaite de l’universalité de cette richesse culturelle congolaise.
C’est pourquoi, je recommande à notre Gouvernement le soutien technique et financier à la culture musicale en vue de contribuer à l’essor des industries matérielles et immatérielles dans ce secteur,
Au plan national, le Sénat apprécie l’octroi, par le Chef de l’Etat, des passeports diplomatiques à trois de nos artistes musiciens, au titre d’Ambassadeurs de la culture congolaise. Ce geste de reconnaissance traduit la volonté du Président de la République de sauvegarder et de promouvoir notre culture musicale qui fait partie de notre mémoire collective. Ainsi, j’en appelle à la responsabilité de nos artistes musiciens afin de faire de notre musique non seulement un vecteur de notre culture, mais une source de revenu et donc un facteur de développement de notre pays. Dans le même ordre d’idées, il est prévu l’organisation du neuvième jeu de ta francophonie pour l’année prochaine clans notre pays. J’estime pour ma part, que cet événement sportif est aussi culturel du fait qu’il contribue à la promotion des valeurs culturelles des Etats, Pour ce faire, j’invite le Gouvernement à la mobilisation des moyens conséquents pour la matérialisation de ce jeu et à la finalisation des infrastructures sportives, afin d’éviter un prochain report. Déjà, je souhaite à notre équipe nationale de football « Les Léopards » une victoire à toutes les étapes de la coupe du monde qui jouera au Qatar,
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Dans le domaine de la Défense et Sécurité, la situation demeure encore précaire sur les plans aussi bien international que national,
Au plan international, le conflit entre la Russie et l’Ukraine prend des proportions inquiétantes et préoccupe le monde entier
Au plan national, l’actualité reste dominée par l’état de siège dans les Provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, Le Sénat salue la détermination et l’engagement de nos forces armées et celles de défense à ramener la paix durable dans cette partie du pays. Elles bénéficient du soutien de notre peuple et de toutes les institutions de la République.
Quant à la police nationale, nous apprécions le travail intense qu’elle fournit pour maintenir l’ordre public et la protection des personnes et de leurs biens nonobstant quelques éléments indisciplinés ci et là.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
La production législative est l’essence même des fonctions de notre maison commune, du Sénat, dont il tire son identité en tant que pouvoir législatif, avec la particularité, au-delà d’être une institution parlementaire à part entière, d’exercer la fonction de représentation des provinces.
A cet égard, il convient de souligner avec honnêteté que le bilan à mi-parcours de l’activité du Sénat est appréciable tant en ce t|ui concerne la fonction législative que celle de contrôle de l’exécutif,
L’étape de cette législature qui s’amorce dès à présent « indique la nécessité d’une mobilisation générale des Sénateurs et, des Sénatrices pour une production législative encore plus intense aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif.
Cette étape cruciale de notre législature requiert une implication unanime de tous et de toutes, fondée sur une confiance renouvelée et redoublée entre nous » et une volonté ferme d’œuvrer dans un esprit de collaboration et d’unité. Elle doit donc prioritairement se caractériser par le-souci de transcender les vaines querelles et d’enrayer toute perte de temps et d’énergie.
C’est ici le lieu de rappeler qu’afin que notre Institution soit forte et respectée, nous devons être attentifs à l’image que nous donnons de nos travaux et de notre agir. Notre présence, notre attitude lors des débats, sont 1e cœur de cette image. Nous devons y penser constamment.
L’écoute et le respect mutuels ne sont pas incompatibles avec nos appartenances politiques distinctes qui est le droit inaliénable de chacun et notre honneur à nous tous. Même si la défense des intérêts partisans peut se comprendre en démocratie, nous devons toujours veiller à l’image que nous donnons de notre institution en plaçant l’intérêt général au-dessus de tout.
Ensemble, nous avons partagé le souci de projeter une image nouvelle et positive du Sénat, Aussi, à travers une dynamique de réformes appréciée par beaucoup de nos compatriotes, nous avons travaillé pour démontrer que les Sénateurs Congolais pouvaient être efficaces et remplir pleinement leur rôle constitutionnel.
A cet égard, je tiens à saluer la démarche exemplaire qui a été retenue par le Groupe des Sénateurs de la Ville de Kinshasa, d’organiser dans les prochains Jours, un » Séminaire Sénatorial sur la Mobilité à Kinshasa« , pour réduire les embouteillages.
Nous savons tous combien le temps perdu dans les embouteillages est porteur de lourdes conséquences sur le plan éducationnel, social, économique et professionnel.
Du point de vue environnemental, l’immobilisation de plusieurs centaines de véhicules polluants a des conséquences sanitaires liées aux émissions de particules fines, A cela, il faut ajouter que les embouteillages sont aussi à l’origine de l’augmentation du stress et de l’anxiété aussi bien de nos enfants qui vont à l’école que des adultes qui vont au travail,
Preuve est ainsi faîte qu’au-delà de son premier métier de législateur, le Sénat peut aussi prendre tes devants dans l’élaboration des réformes qui intéressent la vie quotidienne des Congolaises et des Congolais.
C’est dans ce cadre aussi que j’en appelle à l’opérationnalisation des réformes, en formulant le souhait que l’une d’entre elles, notamment la « Quinzaine des Provinces au Sénat » minutieusement préparée et soigneusement réalisée, soit tenue dès cette session.
Ainsi, nos populations, province après province, verront combien et comment les Sénateurs et les Sénatrices prennent à bras le corps leurs attentes, leurs préoccupations, leurs craintes, leurs espoirs et leurs aspirations.
Pour ces réformes qui appellent une attitude constructive et responsable de tous, ma méthode de travail est et sera le dialogue et la concertation.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Comme vous l’avez remarqué, les vacances qui s’achèvent aujourd’hui n’ont pas été de tout repos pour le microcosme politique congolais. Du Président de la République au Premier Ministre, en passant par les Présidents des deux Chambres, personne n’a connu de répit; Tous ont été en mouvement chacun dans son rayon d’action, mais tous opérant dans l’intérêt bien compris de la Nation.
C’est pourquoi, dans mon allocution d’aujourd’hui, je n’ai pas hésité d’aborder indistinctement quelques réalisations d’autres Institutions, J’ai, pour le besoin de la méthodologie, regroupé tes faits saillants du moment selon leurs natures. C’est ainsi que je vous aï entretenu de la politique nationale et internationale » du social, de l’économie, de l’environnement, de la défense ainsi que de la sécurité. Le monde étant devenu un village planétaire, je n’ai pas manqué d’y faire un petit tour avant de revenir à l’actualité en RDC et au Sénat.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
En politique nationale et internationale, nous avons constaté vous et moi que tout bouge. La guerre de l’Ukraine secoue la quiétude du monde entier.
En matière de défense et de sécurité, beaucoup d’espoirs ont été placés dans la mutualisation des troupes ougandaises et congolaises. Quant à l’état de siège » il est loisible de poursuivre la sensibilisation et la conscientisation de la population pour la résistance et inviter les forces négatives à déposer les armes et à s’inscrire dans la voie de la paix si indispensable pour le développement du pays.
La culture et le sport, par contre, sont au rendez-vous du succès. La musique congolaise se fait à nouveau inviter dans toutes les grandes manifestations internationales et des victoires sont enregistrées ci et là dans les compétitions sportives.
L’Environnement ne peut être en reste. Les atouts dont dispose la RDC sont entra n de la hisser aux premières loges de la défense de l’environnement pour en devenir le pays solution aux problèmes climatiques. Aussi, le Gouvernement se doit de ne ménager aucun effort pour non seulement revendiquer la première place dans ce domaine, mais exiger une compensation équitable au regard des sacrifices consentis par le pays pour la préservation de la nature.
Honorables Sénateurs et Chers Collègues,
Cette session s’ouvre au cours du mois consacré aux droits de la femme, dont le thème retenu dans notre pays est : « Promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles ainsi que l’égalité des sexes dam les contextes de lutte contre le changement climatique ét de réduction des risques de catastrophe« , J’invite donc tes hommes et les femmes du Sénat à s’appliquer pour la matérialisation optimale du thème ainsi retenu,
Chers Collègues,
C’est ici l’occasion pour moi de vous rappeler l’obligation qui incombe à chacun de nous une fois de retour des vacances parlementaires, de dresser et de déposer au Bureau du Sénat son rapport des vacances, Sur ce, je déclare ouverte la session ordinaire de mars 2022 et je vous en remercie.
Le Président du Sénat
Sénateur Professeur Modeste BAHATI LUKWEBO