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AUTOPSIE D'UNE ANNEE D'EXERCICE AU SEIN DE L'EXÉCUTIF, le Gouvernement Suminwa met le curseur sur l'industrialisation pour réduire les importations
Le Gouvernement veut accélérer l'industrialisation afin de réduire la dépendance aux importations, renforcer la production locale et créer davantage d'emplois. Lors de l'exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II, le ministre de l'Industrie, Justin Kalumba, a présenté les principales réformes et investissements engagés pour faire de l'industrie un moteur de la transformation économique de la RDC. L'ambition est de passer d'une économie largement tournée vers l'importation et l'exportation des matières premières à un modèle fondé sur la production et la transformation locales à forte valeur ajoutée.
La Zone économique spéciale de Maluku constitue l'un des principaux laboratoires de cette politique. Elle accueille actuellement 16 entreprises, dont plusieurs sont déjà opérationnelles.
Une entreprise y a notamment investi 250 millions de dollars dans la production de boissons non alcoolisées et en canette, destinées au marché congolais mais aussi à l'exportation.
LE FPI DETIENT 350 MILLIONS USD DE CREANCES IMPAYEES
Le Gouvernement entend parallèlement développer des corridors industriels connectés aux grands axes de transport, notamment le corridor de Lobito et celui de l'Ouest-Kongo Central, afin de faciliter l'acheminement des produits et d'attirer davantage d'investissements.
Le Fonds de promotion de l'industrie (FPI) intervient actuellement dans 15 provinces, avec un financement dépassant 171 millions de dollars cette année.
Justin Kalumba souhaite que le FPI accorde une place accrue au financement des études de faisabilité, indispensables pour sécuriser les projets et mobiliser des financements nationaux et internationaux.
Le ministre a également révélé que le FPI détient environ 350 millions de dollars de créances impayées. Les débiteurs concernés ont été sommés de régulariser leur situation, sous peine de mesures coercitives.
DES MILLIERS D'EMPLOIS ATTENDUS
L'industrialisation est également présentée comme une réponse au chômage. Les unités industrielles recensées en 2024 auraient généré environ 30 000 emplois.
À Maluku, près de 10 000 emplois directs sont projetés. Une entreprise installée dans la zone prévoit par ailleurs, d'accueillir chaque année 600 jeunes en stage, avec la possibilité d'embaucher une centaine d'entre eux en contrat à durée indéterminée.
À Kin-Malebo, 25 entreprises sont en cours d'installation. Les investissements annoncés, estimés à 250 millions de dollars, pourraient générer jusqu'à 5 000 emplois directs.
Le Gouvernement prépare également l'extension de ce modèle à d'autres régions.
Une Zone économique spéciale est envisagée autour de la filière des batteries, précurseurs de batteries et véhicules électriques. Plusieurs opérateurs autrefois spécialisés dans l'importation se tournent désormais vers la transformation locale.
Certaines unités devraient commencer leur production dans les prochains mois.
LA JEUNESSE AU CENTRE DE LA TRANSFORMATION
Justin Kalumba place la jeunesse au centre de cette transformation. Le Gouvernement veut renforcer les liens entre formation professionnelle, entrepreneuriat, écoles techniques et incubateurs.
Le ministre plaide aussi pour l'introduction de l'entrepreneuriat dès l'école afin de favoriser l'émergence d'une culture de l'innovation et de la création d'entreprises.
La protection de la propriété intellectuelle et industrielle figure également parmi les priorités. Il s'agit notamment de mieux protéger les inventions et innovations congolaises et de renforcer la maîtrise des règles d'origine pour favoriser leur reconnaissance sur les marchés régionaux et internationaux.
Le ministre a rappelé qu'en 1960, la RDC comptait environ 9 600 unités industrielles. Le défi consiste désormais à reconstruire un tissu industriel capable de satisfaire le marché intérieur tout en conquérant les marchés extérieurs.
Pour y parvenir, le Gouvernement mise sur une meilleure planification avec le ministère du Plan, des financements innovants et surtout sur des études de faisabilité solides, considérées comme indispensables pour convaincre les investisseurs.
Par cette stratégie, Kinshasa veut progressivement tourner la page d'une économie dominée par les importations pour installer une industrie congolaise plus productive, créatrice d'emplois et davantage intégrée aux chaînes de valeur régionales et mondiales.
Jérémie ASOKO