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« Aucun avion de chasse<br>n’a survolé l’espace aérien rwandais », affirme Kinshasa
Un communiqué émanant du ministère de la Communication et Médias, daté d’hier jeudi 29 décembre, dément formellement les allégations de Kigali selon lesquelles un avion militaire de la RDC a survolé l’ouest du Rwanda dans la journée de mercredi 28 décembre.
Kinshasa fait savoir qu’«après plusieurs jours de stationnement, deux de ses avions Sukhoï ont effectué des vols de routine, le mercredi 28 décembre 2022, suivant un routing qui a été préalablement défini. »
Selon le gouvernement congolais, ces deux avions ont survolé entre autres le Iac Kivu, dans l’espace aérien congolais. De ce fait, «le Gouvernement rwandais ne peut en aucun cas considérer ce mouvement aérien des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à l’intérieur de l’espace aérien national comme une quelconque provocation», a indiqué le communiqué.
Ce n’est pas tout. Kinshasa précise par ailleurs que «ces deux avions de chasse n’étaient pas armés et par conséquent aucun bombardement n’a été effectué.»
La République démocratique du Congo dit rester respectueuse du processus de Luanda ainsi que de tous ses engagements pris dans ce cadre. En même temps elle attire l’attention de la communauté internationale sur « la complicité du Gouvernement rwandais avec les terroristes du M23 dans le recours à des prétextes farfelus pour bloquer, comme à leurs habitudes, le processus de paix en général et la mise en œuvre du communiqué final du mini-sommet de Luanda du 23 novembre 2022 en particulier. »
Les accusations rwandaises interviennent un jour après que les autorités congolaises ont présenté au cours d’une conférence de presse plusieurs espions œuvrant pour les services rwandais.
Kinshasa accuse aussi le Rwanda d’avoir cherché à préparer une attaque contre le président de la République, Félix Tshisekedi.
Malgré les condamnations de la communauté internationale, Kigali continue d’appuyer les rebelles du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Les États-Unis et la France ont demandé à Kigali de cesser tout soutien au groupe armé. Dans leur dernier rapport, les experts des Nations unies assurent avoir trouvé des preuves de l’intervention de l’armée rwandaise sur le sol congolais en renfort au M23 ou pour des opérations contre les FDLR.
Défait en 2013 par les FARDC et les Casques bleus, le M23 a repris les armes fin 2021, soutenu par le Rwanda. a gagné du terrain dans l’est de la RDC, s’emparant notamment de trois cités congolaises importantes, Bunagana, Kiwanja et Rutshuru-centre à 70 kilomètres de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda. Didier KEBONGO