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AU COURS D'UN SPACE X HIER, Olivier Kamitatu accuse le pouvoir de vouloir "façonner une opposition à sa convenance"
*"Je ne fais pas partie de l'opposition choisie par le pouvoir", affirme Kamitatu.
Olivier Kamitatu accuse le pouvoir de vouloir façonner une opposition à sa convenance. Invité dimanche 9 août dans un Space X animé par le journaliste Stanis Bujakera, le directeur de cabinet et porte-parole de Moïse Katumbi a rejeté l'idée d'un "auto-exil" et défendu sa décision de rester à l'extérieur du pays, tout en estimant que la restitution récente de son passeport ne constitue pas, à elle seule, un véritable signal de décrispation politique.
"Je pense que le pouvoir sait très bien qui il veut voir comme opposant complaisant, et je ne fais pas partie de l'opposition choisie par le pouvoir", a déclaré Olivier Kamitatu au cours de cet échange en ligne.
Cette sortie intervient quelques jours après la restitution de son passeport, document dont il avait été privé. L'ancien ministre considère toutefois cette restitution non pas comme une faveur, mais comme le rétablissement d'un droit.
"C'est un fait qui n'est pas une faveur qui m'a été accordée, c'est simplement un droit. On m'a restitué un document que tout citoyen congolais doit avoir quand il le demande", a-t-il expliqué.
Sur les circonstances de sa capture biométrique, Olivier Kamitatu a précisé que c'est Moïse Katumbi qui lui avait demandé d'effectuer cette démarche auprès de l'ambassade de Belgique à Kinshasa. Il a également évoqué les situations d'autres personnalités politiques, notamment Hervé Diakiese et Mike Mukebayi, qu'il présente comme ayant eux aussi été privés de passeport.
KAMITATU CONTESTE LA QUALIFICATION D'"AUTO-EXIL"
La question de son éloignement du pays a constitué l'un des principaux points de son intervention. Interpellé sur la notion d'"auto-exil", Olivier Kamitatu a vivement contesté cette qualification, estimant qu'elle ne rend pas compte du contexte politique dans lequel il affirme avoir pris ses distances avec le pays.
"C'est quoi, l'auto-exilé? J'aime bien le français. Que voulez-vous dire par là ? Que je suis quelqu'un qui se complaît dans une martyrologie, à dire : regardez comment on me frappe ? Non", a-t-il rétorqué.
Pour étayer son propos, il a évoqué la situation de plusieurs membres de son camp politique, notamment Chérubin Okende, ancien porte-parole de son parti, dont la mort avait été qualifiée de suicide par la justice congolaise, ainsi que des militants et responsables actuellement détenus.
"Quand on parle d'auto-exil, cela fait mal à la bouche, quand le parti a perdu plusieurs militants et compte aujourd'hui plusieurs membres emprisonnés sans jamais avoir été jugés", a-t-il déclaré, citant notamment Stéphane Shiso et d'autres détenus.
APPEL À UN DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF
Pour Olivier Kamitatu, la restitution de son passeport ne suffit donc pas à établir une véritable décrispation politique. Il estime que celle-ci devrait être accompagnée de mesures plus larges, notamment la levée des condamnations à mort, la libération des prisonniers politiques et la fin de ce qu'il qualifie de "harcèlement judiciaire" contre les opposants.
Il appelle également à l'ouverture d'un dialogue politique inclusif, estimant que plusieurs conditions doivent être réunies avant de pouvoir parler d'un véritable apaisement.
"On le verra quand les condamnations à mort auront été levées, quand les prisonniers politiques auront été libérés, quand le harcèlement judiciaire contre les opposants aura cessé, et quand le régime décidera d'aller vers un dialogue inclusif", a-t-il insisté.
L'opposant a par ailleurs comparé la confiscation de son passeport à une situation dans laquelle un pouvoir politique priverait un ancien chef d'État de son document de voyage, dénonçant ce qu'il considère comme une pratique anormale.
KAMITATU MAINTIENT UNE LIGNE D'OPPOSITION FERME
Malgré cette charge contre le pouvoir, Olivier Kamitatu n'exclut pas totalement une évolution du climat politique. Il estime cependant que la portée du geste posé à son égard devra être évaluée à travers les prochaines décisions des autorités.
"Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais elle pourrait l'annoncer", a-t-il déclaré, laissant entendre que la restitution de son passeport pourrait constituer un premier signal, à condition qu'elle soit suivie d'autres mesures concrètes.
À travers cette intervention, le proche de Moïse Katumbi maintient ainsi une ligne d'opposition ferme tout en laissant ouverte la perspective d'une décrispation. Pour lui, celle-ci ne pourra être crédible qu'à travers des actes susceptibles de restaurer la confiance et d'ouvrir la voie à un dialogue politique véritablement inclusif.
Jérémie ASOKO