Dernière minute
Société
La province de l'Ituri fait présentement face à la résurgence de l'épidémie à virus d'Ebola. Dans une déclaration faite à la presse hier lundi 25 mai, le lieutenant-général Johnny Luboya Kanshama, gouverneur militaire de cette province, s'est dit préoccupé de cette situation.
Selon cette…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Le Gouvernement provincial de Kinshasa semble avoir reçu le message cinq sur cinq. Quelques jours après la colère exprimée par le chef de l'État sur l'insalubrité et le désordre urbain dans la…
Étranger
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, a mis en lumière, lundi à Rabat, les fondements de la Vision Royale en…
Nation
Un projet d’implantation d’imprimantes 3D dans plus de 40 universités et instituts supérieurs de la République démocratique du Congo, pour renforcer l’apprentissage pratique des étudiants et les…
2023: le tandem Fayulu-Muzito sollicite les bons offices de l’Onu
* Dans une lettre adressée hier à Antonio Guterres, les deux leaders de Lamuka accusent le Président Félix Tshisekedi d’avoir déjà entrepris plusieurs initiatives qui minent la crédibilité des élections de 2023.
L’Organisation des nations unies (ONU), doit faire tout son possible pour soutenir l’intégrité du processus électoral en cours en RD Congo. Tel est le plaidoyer du tandem Fayulu-Muzito, dans une correspondance adressée hier mercredi 23 février, au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’occasion du 10ème Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernements des payas signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, prévu ce jeudi à Kinshasa.
Dans leur correspondance, les deux leaders de Lamuka, principale plateforme de l’opposition en RD Congo, sollicitent de la plus grande organisation planétaire, de mener de toute urgence, une mission de bons offices avec toutes les parties prenantes, y compris les acteurs de la Société civile afin de garantir la tenue des élections de 2023, que tous souhaitent libres, justes impartiales et crédibles.
D’ores déjà, Martin Fayulu et son coéquipier Adolphe Muzito, accusent le Président Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, d’avoir déjà entrepris plusieurs initiatives qui, selon eux, compromettent la crédibilité du scrutin prévu l’année prochaine. Au nombre de ces actes, les auteurs de la lettre à Antonio Guterres citent, entre autres, « la nomination illégale-le 17 juillet-à la Cour constitutionnelle des juges dociles et politiquement partisans, y compris le président de la Haute cour« , « la tentative d’instauration d’un régime du parti unique par la création, en octobre 2020, de l’Union sacrée de la Nation (USN) pour s’assurer une majorité au Parlement . Ce, en violation de la Constitution et des Règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Par ailleurs, les deux hommes de Lamuka accusent le successeur de Joseph Kabila au plus haut sommet de l’Etat, de dévoiement du processus indépendant et impartial de désignation des membres de la Commission électorale nationale indépendante(CENI). Principalement, le président, le 1er vice-président, le rapporteur, le rapporteur adjoint et le questeur adjoint. Bref la quasi-totalité des membres du nouveau bureau de la centrale électorale.
A ces trois premiers « griefs », Martin Fayulu et Adolphe Muzito ajoutent ce qu’ils qualifient de détournements et vols de fonds publics,. Ce, au travers de multiples voyages à l’étranger pour engranger des gains financiers résultant de ces missions, des projets excentriques et couteux qui ne se matérialisent ni ne profitent à la population congolaise. Ce n’est pas tout. Car, les deux porte-étendards de Lamuka mettent à l’actif du Président Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, « l’instrumentalisation du tribalisme« .
Et, finalement, les deux correspondants d’Antonio Guterres terminent la série des actes posés par le chef de l’Etat, considérés comme une véritable menace à la crédibilité des élections de 2023, par la proclamation depuis le mois de mai dernier, de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, respectivement dans l’Est et le Nord-est de l’immense territoire rd congolais.
Pour Martin Fayulu et Adolphe Muzito, l’état de siège décrété dans les deux provinces précitées, cache quelque peu l’intention d’exclure de prochaines élections, les deux entités territoriales décentralisées. Qui plus est, les deux chefs de file de Lamuka soulignent que le régime d’exception instauré au Nord-Kivu et en Ituri, « a entraîné des conséquences désastreuses pour la population civile, avec notamment, plusieurs détentions et des morts rapportés de manière crédible par les médias« .
« NE PAS ATTENDRE QUE DE GRAVES TROUBLES SE PRODUISENT AVANT DE S’IMPLIQUER »
Y allant de leur lecture de la situation du pays, Fayulu et Muzito concluent qu’au quotidien, la RD Congo s’enfonce de plus en plus dans des crises. Par conséquent, ils estiment que les Nations et la communauté internationale dans son ensemble, ne doivent pas attendre que de b=graves troubles se produisent avant de s’impliquer. Bien au contraire, il est temps d’agir.
« La légitimité et le respect de la volonté du peuple sont des conditions préalables pour la paix, la sécurité et le développement durables« , souligne le tandem Fayulu-Muzito, ajoutant que les pays de la région ont fortement besoin des leaders dûment élus par leurs peuples respectifs et redevables devant eux pour promouvoir la paix, la sécurité et le développement recherchés.
Face à cet idéal, plus qu’un impératif sécuritaire, Lamuka par la bouche de ses principaux dirigeants, invite l’Onu à prendre courageusement ses responsabilités. « (…) Il ya une myriade d’intérêts acquis qui se nourrissent de la faiblesse et de l’instabilité de la RDC. Cela leur permet de piller notre pays en toute impunité. C’est inacceptable pour le peuple congolais. Car, constituant un affront à sa dignité aussi bien individuelle que collective comme nation« , mentionnent les deux opposants du régime de Félix-Antoine Tshilombo.
Et de renchérir : « Au nom de Lamauka et du peuple congolais ; nous demandons instamment à l’Onu d’assumer ses responsabilités. Autrement, la crise qui prévaut dans la partie Est de la RD Congo et les troubles régionaux qui en découlent continueront de s’aggraver. Des millions de vies continueront d’être perdues et notre espoir de démocratie et d’un avenir meilleur sera injustement différé ou refusé. Nous sommes impatients de travailler avec vous pour inverser cette tendance et élaborer un plan commun réalisable« .
Toujours en rapport avec les élections de 2023, les deux principaux contestataires des résultats de la présidentielle du 30 décembre 2018 qui a porté Félix-Antoine Tshilombo au pouvoir au sommet de l’Etat, soulignent que le peuple congolais mérite que sa voix soit enfin entendue. Car, ajoutent-ils, « aussi longtemps que sa volonté (Ndlr : la détermination du peuple) sera différée ou lui sera refusée, la probabilité d’une instabilité additionnelle et de violences potentielles pour notre pays et la région sera élevée« .
REGLER DEFINITIVEMENT LA QUESTION DES FDLR
S’invitant à leur manière au Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernements des pays signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD Congo et la Région, Fayulu et Muzito relèvent que cet engagement pris le 24 février 2013 dans la capitale éthiopienne, est déséquilibré en ce qu’il impose des obligations qu’à la RD Congo.
« Dès le départ, plusieurs observateurs avaient pensé que l’Accord d’Addis-Abeba comportait de graves lacunes. A titre d’exemple, cet Accord ne mentionnait des engagements spécifiques que pour la RD Congo. Le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda-qui ont tous des problèmes internes à la base de la déstabilisation de la RD Congo -n’ont pas été inclus ou responsabilisés« , rappellent les deux têtes d’affiche de l’anti-pouvoir à Kinshasa, dans leur courrier au Secrétaire général de l’Onu.
Dès lors, Fayulu et Muzito que le besoin de réconciliation nationale, de tolérance et démocratisation n’est pas unique à la RD Congo. Bien au contraire. Il est nécessaire pour tous les pays de la région. Partant, les deux acteurs politiques congolais se demandent comment peut-on, raisonnablement, exiger de la RD Congo le renforcement de la coopération régionale, y compris par l’approfondissement de l’intégration économique avec une attention particulière portée à la question de l’exploitation des ressources naturelles. « Les Congolais s’interrogent sur l’intention réelle qui sous-tend cet engagement« , renchérissent-ils.
Tout bien considéré, Lamuka en arrive à la conclusion que neuf ans après la signature de l’Accord d’Addis-Abeba, on n’a toujours pas concrétisé les trois premiers engagements. A savoir, ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des Etats voisins, ne pas entretenir ni fournir aucune assistance ou soutien quelconque aux groupes armés et respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats voisins.
« Au regard, historiquement, de la politique d’ingérence par procuration, du Rwanda dans la partie Est de la RD Coing, les affirmations du Président rwandais Paul Kagamé, le 8 février finissant à Kigali, sont préoccupantes pour notre peuple et mettent en mal notre sécurité. Il est donc crucial que l’Onu règle définitivement la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), concluent Fayulu et Muzito dans leur correspondance qui fuité sur la toile. Grevisse KABREL