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"Grève ya ba médecins esengo ya ba médecins stagiaires"
Grève ya ba médecins esengo ya ba médecins stagiaires". L'expression elliptique est un mélange de français et de lingala qui se traduit littéralement par "La grève des médecins, la joie des médecins stagiaires", littéralement " La grève des médecins est (fait) la joie des médecins stagiaires".
Pour donner toute la précision, on dirait "La grève des médecins titulaires fait la joie des médecins stagiaires". La grève des médecins titulaires et qualifiés (qui arrêtent le travail pour des revendications salariales ou de meilleures conditions de travail). Il s'agit du bonheur ou de la joie des étudiants en médecine et des jeunes médecins en stage. Cela signifie que la situation profite aux stagiaires ou les arrange).
Les médecins titulaires des hôpitaux publics observent souvent des mouvements de grève pour réclamer de meilleures conditions salariales, le paiement de leurs primes et de leurs arriérés de salaire. Pendant ces périodes, les consultations normales sont souvent suspendues et les titulaires désertent les services. Il arrive parfois que les médecins stagiaires assurent la relève.
Cette expression a un caractère ironique. Pourquoi cette ironie ? Cette phrase humoristique dans les milieux hospitaliers décrit une situation paradoxale. Elle exprime la liberté et la responsabilité. En l'absence des médecins titulaires qui désertent les hôpitaux lors d'un mouvement de grève, les stagiaires se retrouvent souvent seuls à gérer les services, les gardes et les patients souvent en service minimum.
Durant cette période exceptionnelle, les stagiaires bénéficient d'une pratique accrue. En effet, pour eux, c'est l'occasion d'obtenir une autonomie totale, de prendre des décisions médicales de "grands" et de pratiquer le terrain sans la pression ou la surveillance constante de leurs encadreurs que sont les médecins titulaires. Même si cela surcharge leur apprentissage.
C'est une boutade ironique pour illustrer comment le malheur des uns (la grève et la frustration des titulaires face au gouvernement) fait curieusement l'affaire, le bonheur des autres (les médecins stagiaires) sur le plan de l'apprentissage pratique. Bref, la grève des médecins réjouit les médecins stagiaires qui se sentent responsables en cette période, donc beaucoup plus utiles que d'ordinaire, en temps normal.
Derrière cette ironie se cache une situation sanitaire difficile : les patients se retrouvent abandonnés dans les structures de santé de l'État, et le poids de la prise en charge repose lourdement sur du personnel non qualifié ou en formation, accentuant la crise dans le système de santé public.
Dans toute situation malheureuse, il y a toujours des personnes qui en tirent .Comme qui dirait "A à quelque chose malheur est bon".
Kléber KUNGU