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Grands Lacs: pas de consensus européen sur le nom de l’envoyé spécial de l’UE pour le conflit dans l’Est de la RDC
Les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis à Luxembourg le lundi et un point à l’ordre du jour a particulièrement attiré l’attention, à savoir le débat sur la situation dans la région des Grands Lacs. Les 27 s’alarment à nouveau de l’état de conflit chronique dans l’est de la RDC.
Cette situation est largement connue des Européens qui ont, à ce sujet, décidé de longue date de nommer un envoyé spécial chargé de l’ensemble de la région. Mais, à Luxembourg, les 27 ont été obligés de constater l’impasse car cette nomination dépend de l’attitude à adopter vis-à-vis du Rwanda et c’est une ligne de fracture au sein de l’UE.
Les Européens partagent à l’unanimité le constat évident de la situation dramatique dans l’est de la RDC. Ils ont en particulier » une conscience partagée » de ce que l’influence rwandaise » largement documentée » pose un problème de souveraineté et d’intégrité territoriale pour la République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, dès février 2023, les 27 avaient décidé de nommer un envoyé spécial pour les Grands lacs, avec mandat sur le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et l’Est de la RDC. Le processus de sélection, qui s’apparente à un parcours du combattant, a retenu deux noms dont celui de l’ancien ministre finlandais des Affaires étrangères, non francophone, qui a retiré sa candidature.
C’est le diplomate belge Bernard Quintin qui a été sélectionné. Mais ce directeur général adjoint pour l’Afrique au sein du SEAE, la diplomatie européenne, n’a finalement pas été nommé lundi suite à des pressions rwandaises – alors que la nomination était encore censée être confidentielle.
En cause, des visions opposées au sein de l’Union. Il y a d’un côté ceux qui estiment, comme la Belgique, que le Rwanda doit être traité sans indulgence comme tous les autres partenaires de l’Europe.
De l’autre côté, il y a ceux qui veulent ménager ce pays vu comme une réussite, un miracle africain. Et cette vision est très présente au sein du cabinet de Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’UE. Et c’est de là qu’aurait pu venir l’information confidentielle de la nomination d’un diplomate belge.
Pierre Benazet/ RFI