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Génocost 2025 : Tshisekedi exhorte le Parlement à reconnaître officiellement les génocides congolais
À l'occasion de la 3ème commémoration du Génocost, hommage national rendu aux millions de victimes des atrocités commises en RDC pour des motifs économiques et géopolitiques, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a lancé un appel solennel aux deux Chambres du Parlement : adopter dans les plus brefs délais une résolution officielle reconnaissant les génocides perpétrés sur le sol congolais. Il a fait cette invitation devant un parterre d'autorités nationales, de diplomates étrangers et de membres de la société civile réunis au Mémorial de Kinshasa.
" Ce ne serait pas qu'un symbole, mais un acte souverain de vérité et de mémoire", a-t-il déclaré.
En prenant part à cette commémoration, le Président Tshisekedi a affirmé répondre à un triple appel : celui de la Mémoire, de la Dignité et de la Justice. Un engagement fort, à la veille de l'installation d'une commission d'enquête indépendante chargée de documenter les massacres récurrents dans l'est du pays.
Dans un message à la communauté internationale, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d'un appui politique et moral à cette initiative, condition sine qua non d'un processus crédible de justice réparatrice et de réconciliation nationale :
" La vérité et la justice sont les piliers d'une paix durable, fondée sur la mémoire et la responsabilité partagée", a-t-il soutenu.
PLAIDOYER DEVANT L'AG DE L'ONU
Le chef de l'État poursuivra ce plaidoyer devant la 80ème Assemblée générale des Nations Unies à New York, où il compte rallier davantage de soutiens autour de la reconnaissance des crimes de masse subis par la RDC.
Au cours de cette même cérémonie, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer justice. Le Directeur général du Fonds national de réparation en faveur des victimes des violences sexuelles liées aux conflits (Fonarev) et le Secrétaire exécutif du CIA-VAR, ont tour à tour dénoncé l'ampleur des crimes commis et leur caractère génocidaire. De son côté, la ministre des Droits humains, Chantal Chambu Mwavita, a appelé à la création d'un Tribunal international spécial pour la RDC et à l'officialisation du 2 août comme Journée internationale du Génocost, plaidant pour une mobilisation internationale en faveur de la réparation des victimes.
Moment fort de recueillement : le Président de la République, accompagné de la Première dame Denise Nyakeru, s'est incliné devant la stèle érigée à la mémoire des victimes, allumant ensuite la flamme de la solidarité nationale. La visite du centre de documentation du Mémorial a permis de découvrir une exposition poignante du Fonarev, présentant des armes blanches utilisées par les bourreaux et des objets ayant appartenu aux victimes autant de traces matérielles d'un passé encore brûlant.
En perspective : la construction d'un musée du Génocost, destiné à pérenniser la mémoire collective et à sensibiliser les générations futures à l'ampleur de ces drames humains.
Par cette démarche résolue, la RDC entend sortir de l'ombre de l'oubli pour inscrire, au cœur de l'agenda national et international, le combat pour la reconnaissance, la justice et la dignité des victimes congolaises.
Jérémie ASOKO