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Faut-il suspendre la participation de la RDC à l’UA ?
La RDC est appelée à aller plus loin dans son attitude vis-à-vis de tous ses partenaires tant africains qu’internationaux, quel qu’en soit le prix. Après sa décision de ne plus participer, jusqu’à nouvel ordre, à une quelconque initiative de solidarité portée par la Confédération africaine de football (CAF), elle est appelée à réfléchir sérieusement sur l’attitude courageuse à adopter vis-à-vis de l’Union africaine (UA) et de tous ses autres partenaires tant bilatéraux que multi latéraux.
Depuis l’agression de la RDC et l’occupation d’une partie de la province du Nord-Kivu par les terroristes du M23, notoirement appuyés par le Rwanda, l’UA ne semble accorder aucune attention particulière sur ce comportement désinvolte de Kagame vis-à-vis d’un autre pays membre de cette organisation.
Quand bien même les organisations sous-régionales, dont font partie les deux pays en conflit, se soient saisies du dossier, l’UA aurait dû s’impliquer efficacement dès lors que toutes les initiatives de la SADC et de l’EAC ont fait flop. Malheureusement, la plus haute institution politique africaine continue à garder une indifférence coupable comme si elle trouvait l’acte du pouvoir dictatorial de Kigali normal. Son comité de paix n’a pas été impliqué pour une initiative de résolution définitive de ce conflit dont l’auteur est connu de toute la communauté continentale. Pourquoi ce traitement de faveur envers un dictateur impliqué dans diverses situations qui déstabilisent toute la sous-région ?
MEPRIS !
Face à ce qui frise le mépris de l’UA vis-à-vis de la RDC, ne faut-il pas suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la participation du pays aux activités de cette institution continentale pour exprimer notre révolte ?
Le Maroc a, dans un passé lointain, pris une semblable décision lorsque l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ancêtre de l’UA, avait reconnu la fantômatique République arabe saharaouie démocratique (RASD), dont les autorités étaient soutenues par l’Algérie. Le royaume chérifien n’avait pas pour autant disparu de la carte de l’Afrique.
Si, aujourd’hui, la RDC décide d’adopter pareille attitude, le pays ne disparaîtra pas non plus de la carte du continent noir . Il est vrai qu’aucun pays ne peut se passer de la solidarité des autres. Mais, s’il s’avère que ses partenaires ne lui vouent aucune considération. Il est obligé de se passer d’ eux.
C’est ici l’occasion de saluer la prise de position vigoureuse du gouvernement vis-à-vis de la Pologne qui, tout en sachant pertinemment bien l’implication nocive de Kigali pour son appui au mouvement terroriste M23, vient de signer un accord militaire avec le pays des mille et une collines, révélant ainsi clairement de quel côté elle se trouve.
Le mieux aurait été d’ailleurs d’aller jusqu’au bout en suspendant les relations diplomatiques avec ce pays dont le partenariat ne nous rapporte pas grand chose.
Redynamiser la diplomatie
Dans ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, les diplomates ont un très grand rôle à jouer pour la défense des intérêts de leurs pays respectifs. Dans ce secteur, la RDC doit reconnaître que ses ambassadeurs ne sont pas, pour la plupart, à la mesure de leurs responsabilités. Et pour cause ? Les accréditations se font vaille que vaille.
La plupart de ceux qui représentent le pays à l’étranger ne sont pas des diplomates de formation, mais des partisans politiques et même des membres de famille. Comment de tels personnages peuvent-ils assumer, comme il se doit, leur mission tant qu’ils ne maîtrisent pas les ABC de la diplomatie ?
Lorsque nous suivons les cursus des ambassadeurs accrédités en RDC, nous sommes éblouis par leur passé dans le domaine de la diplomatie, alors que les nôtres vont apprendre sur le terrain. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’un pays comme le Rwanda prenne le dessus sur nous sur le plan des négociations diplomatiques.
Si la RDC tient à se faire respecter par ses partenaires, ses représentants doivent être des personnes suffisamment outillées, et non des apprentis. Désormais, le gouvernement devra revenir à des accréditations des diplomates aguerris.
Concernant la question de l’attitude à adopter par la RDC vis-à-vis de ses partenaires, il sied de s’attarder sur celle de son appartenance à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
Il nous semble que cette institution n’a pas une attitude positive envers le pays considéré comme le plus grand de cet espace. Nous prendrons comme motif le choix porté sur l’actuelle secrétaire générale, une rwandaise, originaire d’un pays dont la langue officielle est l’anglais et ce, au détriment d’un candidat congolais. Cet acte ne trompe pas. Ici aussi, il faut stigmatiser la nonchalance de notre diplomatie.
Pour retrouver ses lettres de noblesse sur l’échiquier international, la RDC doit impérativement changer de fusil d’épaule. Il faut des dirigeants vertébrés à tous les niveaux. Pour ce, le président de la République est invité à opérer des choix judicieux dans la nomination des futurs membres de son gouvernement. Les fanatiques n’ont pas de place à ses côtés s’il veut sortir tête haute après son second et dernier mandat.
Muke MUKE