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Fatshi tente de quadriller le pays



* Modeste Bahati, Vital Kamerhe au front Est, Jean-Pierre Bemba dans l’Ouest … la grande Orientale et le Katanga, la grande inconnue.
2023 sera essentiellement une année électorale en RD Congo. A un peu plus de douze mois de ce grand rendez-vous de légitimation des institutions et de leurs animateurs, le carré d’as du camp de l’actuel chef de l’Etat semble se dessiner. Candidat à sa propre succession, Félix Tshisekedi n’ignore pas que, pour ce challenge, il a inéluctablement besoin des leaders -relais, capables de le vendre dans l’arrière-pays. La recette est loin d’être une nouveauté au menu de l’enjeu politique rd congolais. Bien au contraire.
Un saut dans l’histoire politique du pays renseigne suffisamment que, depuis 1960, il n’existe aucun acteur politique qui a su s’imposer par lui-même, dans l’ensemble du vaste territoire congolais. Le cas historiquement emblématique est celui de Patrice Emery Lumumba, nommé Premier ministre du Congo, à l’issue des élections législatives, sénatoriales et provinciales organisées entre février et mai 1960.
Des sources indiquent que ce dernier devait sa gloire grâce à une coalition menée par son parti, le Mouvement national congolais (MNC) qui avait obtenu la majorité dans les deux chambres du Parlement. Tandis que Mbuta Joseph Kasa Vubu, à la tête d’un autre cartel, Alliance des Bakongo (ABAKO), fut élu Chef de l’Etat.
A la lumière de cette expérience du passé, on comprend dès lors que nul leader politique ne saurait prétendre gagner les élections seul. D’où, l’impératif des alliances.
Dans un pays continent comme la RD Congo, ces coalitions s’imposent dans la mesure où aucun leader ne pourrait avoir la prétention de parcourir l’ensemble du territoire national pour se vendre et obtenir ainsi la nécessaire adhésion populaire à son offre politique.
BAHATI, KAMERHE, BEMBA EN PREMIERE LIGNE
Ils sont très absents de la capitale, depuis quelques jours. Il s’agit de Jean-Pierre Bemba, chairman du MLC (Mouvement de libération du Congo) et l’un des quatre anciens vice-présidents sous la transition (2003-2006).
Il y a également Vital Kamerhe, président de l’UNC (Union pour la nation congolaise) et ancien directeur de cabinet de l’actuel président Félix Tshisekedi (janvier 2019-avril 2020).Les deux acteurs sont en tournée dans leurs fiefs naturels respectifs pour une mission visiblement sans équivoque.
Vital Kamerhe, l’une de grandes figures politiques du Sud-Kivu et principal allié de Félix Tshisekedi lors de la présidentielle du 30 décembre 2018, a repris sa caravane de la paix dans cette partie du pays, en proie à l’insécurité chronique. Dans ses différentes adresses aux populations locales, ce digne fils du pays Shi propose sa recette pour le retour de la paix.
Mais bien avant Vital Kamerhe, un autre leader du terroir avait sillonné le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Il s’agit de Modeste Bahati Lukwebo, président du Sénat et l’un des acteurs majeurs de l’USN (Union pour la nation), la nouvelle majorité parlementaire pro-Félix Tshisekedi, créée décembre 2020, après la liquidation de l’ancienne coalition FCC-CACH.
On rappelle que, dans son message, Modeste Bahati, dans un contexte essentiellement marqué par un discours ambiant contre la présence des forces onusiennes de la MONUSCO (Mission des Nations unies pour la stabilité au Congo), avait invité les populations locales à s’abstenir de violence. Mais le plus important à retenir est que Modeste Bahati avait appelé les Kivutiens à soutenir la candidature de Félix Tshisekedi lors de la prochaine présidentielle de 2023.
Autant dire que pour l’Est en général et l’espace Kivu en particulier, connu comme un espace de forte concentration démocratique, Fatshi pourra compter sur Modeste Bahati et Vital Kamerhe pour sa réélection à la Magistrature suprême du pays.
En ce qui concerne la partie Ouest du pays, Jean-Pierre Bemba est presqu’en précampagne pour Félix Tshisekedi. Aux Equatoriens, le chairman du MLC ne demande pas mieux que d’offrir à Félix Tshisekedi, une majorité parlementaire confortable en 2023, en vue d’un second mandat.
Dans l’opinion, des langues se délient. Nombreux sont des Kinois qui soutiennent que certaines facilités judiciaires faites à Jean-Pierre Bemba auraient justement le mérite de le maintenir dans le camp Fatshi, en vue de mieux le vendre dans l’espace Grand Equateur. Devoir de redevabilité ?
KATANGA, LA GRANDE ORIENTALE : LES DEUX INCONNUES
Pendant que Vital Kamerhe et Jean-Pierre Bemba sont, respectivement en tournée à l’Est et à l’Ouest du pays, le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, poursuit, quant à lui, son séjour au Centre pour lancer quelques projets.
Le démarrage des travaux de la route Kananga-Kalamba Mbuji, lancés par le Président Félix Tshisekedi le samedi 10 septembre, est donc le projet-phare dans ce coin de la RD Congo.
Dans un contexte particulier où le pays se prépare à de nouvelles élections, certains analystes pensent que la cérémonie du week-end dernier à été une manière, pour FélIx Tshisekedi, de se « amender » auprès des populations de l’espace Grand Kasaï.
On rappelle que, lors d’un meeting du président de la République, le 24 décembre dernier à Mbuji-Mayi, ex-capitale mondiale du diamant industriel et chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, la population locale l’avait accusé de n’avoir encore rien fait pour elle pendant les deux premières années de son quinquennat. Ceci justifierait-il cela ?
Que des leaders politiques bien connus se mobilisent pour la réélection de Fatshi, personne ne leur en voudrait, dans la mesure où en politique, le libre choix de partenaire reste un droit inaliénable. A ce jour, tout paraît clair que le Président sortant tente de quadriller l’ensemble du pays.
Cependant, deux inconnues se présentent devant Félix Tshisekedi. A savoir le Grand Katanga et l’espace Grande Orientale. Dans ces deux espaces, on ne voit pas encore clairement à ce jour, des acteurs qui pourraient faire la promotion de la candidature de Félix Tshisekedi, en vue de sa réélection.
En ce qui concerne le Grand Katanga principalement, l’énigme demeure entière, dès lors que Félix Tshisekedi a perdu un allié de taille. A savoir: Antoine-Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, décédé le 21 août 2021 à Luanda, en Angola.
Vu des analystes, Félix Tshisekedi pouvait bien compenser la disparition de celui que les Katangais appelaient affectueusement « Baba« , par Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga qui a adhéré à l’Union sacrée. Malheureusement, il se trouve presque vérifié que ce dernier est dans cette majorité parlementaire, sans y être en réalité.
Avoir des publics-relais à travers le pays est désormais légitime pour le chef de l’Etat congolais. Une chose est d’avoir des leaders, des acteurs politiques capables de séduire l’électorat. Mais une autre, et la plus importante, est de poser des actes capables de soutenir les différents messages d’appels au soutien.
Pour sûr, les Congolais n »auront pas pour jauge quelques projets (cosmétiques ?) lancés dans quelques villes du pays. Ils jugeront plutôt l’action de l’actuel pouvoir à l’aune de leur quotidien. D’où, le devoir de poser des actes à impacte social visible.
DES ACTIONS A IMPACT VISIBLE PEUVENT CHANGER LA DONNE
La question qui se pose est celle de savoir si le temps qui reste pour sonner le glas du quinquennat actuel du Chef de l’Etat, lui permettra de poser suffisamment d’actes capables d’impulser l’adhésion populaire. Le projet 145 territoires suffira-t-il pour changer la donne et permettre au Pouvoir de rempiler ?
Une autre inconnue, non des moindres, est le camp en face. A savoir, Martin Fayulu, Adolphe Muzito, Joseph Kabila et Moïse Katumbi. Que vont-il faire ? Que décideront, le moment venu, les deux principales confessions religieuses catholique et protestante ?
Tout bien considéré, d’aucuns pensent que si la grogne en cours va crescendo (malaise chez les médecins, les enseignants, le manque d’eau potable et d’électricité, la pénurie de carburant et ses corollaires…) il sera difficile pour le pouvoir de convaincre; d’où, le devoir pour Fatshi, de poser suffisamment d’actes pour espérer rempiler en 2023. Grevisse KABREL