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Face aux critiques : Augustin Kabuya défend le dialogue de Tshisekedi en attaquant Donatien Nshole
À la Tshangu, le secrétaire général et président a.i. de l’UDPS/Tshisekedi a vivement défendu, le mercredi 2 septembre, le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi, tout en s’en prenant au secrétaire général de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole. Augustin Kabuya conteste les critiques formulées contre l’initiative présidentielle et affirme que le format envisagé ne servirait pas les intérêts du Rwanda.
Lors d’une activité politique consacrée à la notification des sectionnaires de la Fédération de la Tshangu, à Kinshasa, le dirigeant de l’UDPS a dénoncé les réactions suscitées par l’annonce du chef de l’État.
« J’ai entendu des gens raconter des balivernes autour du message du Chef de l’État qui a annoncé la convocation du dialogue dans notre pays », a-t-il déclaré.
Augustin Kabuya s’est particulièrement attaqué à l’abbé Donatien Nshole, dont il critique la prise de position sur le processus annoncé. Il reproche au responsable de la Cenco de s’être, selon lui, engagé sur le terrain politique.
« D’autres, notamment l’abbé Donatien Nshole qui a porté sa veste comme acteur politique, oubliant qu’il est serviteur de Dieu au sein de l’Église catholique », a-t-il lancé.
Le responsable de l’UDPS a, néanmoins, tenu à dissocier cette critique personnelle de l’Église catholique dans son ensemble. « Mais l’Église catholique est une très bonne Église, qu’on ne continue pas à lui faire la honte », a-t-il ajouté.
« AU DÉPART, ON N’A PAS DEMANDÉ LE DIALOGUE »
Augustin Kabuya rappelle, par ailleurs, que le pouvoir en place n’avait pas, à l’origine, fait du dialogue sa principale revendication politique.
« Au départ, on n’a pas demandé le dialogue. On plaide la cause de nos populations au Parlement », a-t-il expliqué.
Pour lui, les divergences actuelles ne portent donc pas simplement sur le principe d’un dialogue national, mais surtout sur son orientation, son format et les intérêts susceptibles d’en découler.
" L'INTÉRÊT DE KAGAME N'Y EST PAS"
Dans son réquisitoire, le président a.i. de l’UDPS a également accusé certains acteurs de vouloir intégrer les intérêts de Kigali dans le processus politique. Il affirme que des personnes auraient auparavant laissé entendre au président rwandais Paul Kagame que certaines de ses revendications, impossibles à obtenir par les armes, pourraient trouver une issue autour d’une table de dialogue.
« Eux et le chef de l’État, la divergence réside à quel niveau : l’intérêt de Paul Kagame n’y est pas », a-t-il soutenu.
Une accusation qui, selon Augustin Kabuya, expliquerait une partie des réserves exprimées face au processus annoncé par Félix Tshisekedi.
LA PAROLE AU PEUPLE AVANT LE DIALOGUE
Le responsable de l’UDPS insiste surtout sur un point : Félix Tshisekedi n’aurait jamais rejeté le principe du dialogue. Le chef de l’État aurait plutôt voulu que la population soit consultée en amont.
« Le Président n’a pas refusé le dialogue, il a dit qu’il faut donner la parole au peuple avant le début du dialogue », a-t-il affirmé.
Augustin Kabuya voit dans cette démarche la principale raison de l’hostilité de certains acteurs. « Leur colère, c’est parce que le dialogue dans le format annoncé par le Président, l’intérêt du Rwanda n’y est pas », a-t-il déclaré.
À la Tshangu, le numéro un intérimaire de l’UDPS a ainsi assumé une défense sans détour de l’initiative présidentielle, tout en durcissant le ton contre ses détracteurs. Pour lui, le débat autour du dialogue doit d’abord être replacé dans une logique nationale, avec la population au centre du processus.
Il a enfin revendiqué l’existence d’un soutien populaire à Félix Tshisekedi. Il a estimé que ses adversaires en seraient eux-mêmes conscients : « Ils sont conscients que le peuple aime son Président. »
Jérémie ASOKO