Dernière minute
Société
« Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin ». Cette expression à valeur proverbiale provient d’un taxi-bus Mercedes Benz Sprinter 311.
Cette expression est souvent attribuée à un proverbe chinois. Elle signifie qu’en s’éloignant des détails immédiats pour adopter un recul…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Le 12 octobre, à Goma, Joseph Kabila prenait la tête du Front pour la refondation de la nation, dans le sillage de l’AFC/M23. Le 21, Bruxelles le condamnait par la voix de Maxime Prévot. À…
Étranger
Sur le plateau de Gizeh, à seulement deux kilomètres des pyramides, le Grand musée égyptien (MGE) est sorti de terre. Véritable chef-d’œuvre architectural, le GME allie la grandeur du passé à l’…
Nation
Au total, vingt trois 23 journalistes de Kinshasa, ont été renforcé en capacités pour produire une information «rigoureuse» sur les droits humains et à mieux représenter les femmes et…
Profanation de la Fondation Mzee Kabila, la leçon d’Olengha
IN MEMORIAM : LES ÉDITOS DE JOSÉ NAWEJ
En perspective du troisième anniversaire du décès de José NAWEJ, l’Éditeur de Forum des As d’heureuse mémoire, la rédaction a amorcé depuis hier ce mardi la publication quotidienne de quelques-uns de ses éditos. À la demande générale. Pas photo avec l’actualité…
Profanation de la Fondation Mzee Kabila, la leçon d’Olengha
Coups de gueule, punchlines, sens de la répartie étonnant et détonnant, Joseph Olenghangoy est coutumier du fait. C’est même sa marque de fabrique.
Mais, depuis qu’il a enfilé le costume du Président du CNSA — une institution sui generis dont chacun peut penser ce qu’il veut —, celui qui fut l’enfant terrible de l’opposition sur une bonne partie de la très longue transition post-Mobutu et même sous les Kabila a appris à se taire. Et ce, dans toutes les langues et dialectes de la RDC. Posture qui dope le poids de sa parole en vertu de la citation de Platon selon laquelle « ce qui est rare a du prix ».
De fait, les mots que Joseph Olenghankoy a articulés au terme de son passage au siège de la Fondation Mzee Kabila, vandalisé dernièrement, mériteraient que tout patriote y prête oreille. Et y trouve surtout matière à méditation.
Lorsque du haut de sa riche jurisprudence politique, « Jeef » affirme qu’en vandalisant la fondation Mzee Kabila, c’est un pan du sacré du pays que les assaillants ont profané, il interpelle toute la classe politique et au-delà toute la collectivité nationale. L’essence qui donne finalement du sens à un pays, ce sont ses sacrés et ses constantes. Sans ceux-ci et ceux-là, le pays cesse d’en être un. Il perd ses repères et se retrouve sans père. Et il se meurt sans mère.
En allant de tabula rasa en tabula rasa au nom depuis le dévoiement du pourtant nécessaire recours et non du retour stricto sensu à l’authenticité, les Zaïrois — sous l’impulsion du Citoyen Mobutu Sese Seko — ont jeté le bébé du passé colonial avec l’eau du bain. Et ce faisant, se sont auto-sevrés de certains pans de leur patrimoine mémoriel.
Si dans le contexte de 1997, l’écrasante majorité des Congolais — jusque dans les rangs de l’Armée — souhaitaient en finir avec le règne de Mobutu, les « libérateurs d’alors » n’ont pas fait grand-chose pour préserver au moins les acquis de ce régime — surtout ceux de la Conférence nationale souveraine (CNS). Y compris en termes de ressources humaines.
Le pays devait commencer avec l’avènement de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, NDLR). Cette propension à solder aux fins de dévaluer totalement et non d’évaluer — sur base du devoir d’inventaire — le passé est comme ce vieux démon qui hante invariablement les tenants de chaque camp ou clan qui s’installe au pouvoir.
Tout se passe comme si le pays sortait ex nihilo ! Même le patriotisme varie de degré selon la couleur de celui ou ceux qui sont au pouvoir ! Les Congolais s’identifiant davantage aux hommes qu’à la Nation, aimant plus le parti que la patrie !
Bouclant son interpellation, Joseph Olenghankoy a lâché : On ne peut s’attaquer à des symboles renvoyant à des personnalités qui ont passé tout leur temps à défendre l’intérêt du Congo (Kasa-Vubu, Mobutu, Kabila, Tshisekedi…). Le faire s’apparente à un crime de lèse-sacré.
On ne pouvait pas toujours souscrire à la façon de de l’ancien spécialiste des « villes mortes » et autres « marches » de l’âge d’or de l’Union sacrée de l’opposition radicale, mais on peut difficilement être en désaccord avec sa leçon de civisme et de patriotisme.
José NAWEJ (Édito du lundi 12 juin 2023)