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Enjeux de la mise en œuvre du système LMD dans l’ESU en RD-Congo : Décryptage par le Professeur Arthur Yenga
Dans le cadre de sa participation à la mise en œuvre effective du système LMD (Licence, Master et Doctorat) sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo, 24H.CD donne la parole aux autorités académiques, professeurs, scientifiques ou chercheurs ainsi qu’à tous les acteurs et experts œuvrant dans le domaine de l’Enseignement Supérieur et Universitaire. À cet effet, nous publions une série d’interviews, pour expliquer la portée de ce nouveau système éducatif dans notre pays. L’objectif est de dissiper tant soit peu les contresens autour de cette nouvelle réforme.
La rédaction de 24H.CD a sollicité et obtenu du Professeur Arthur Yenga, Secrétaire Général Académique de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC), une interview exclusive au cours de laquelle, il a relevé les points forts ainsi que les faiblesses de la réforme actuelle.
Fervent amoureux de la recherche scientifique, Arthur Yenga est l’un des héros dans l’ombre qui ont activement participé à la conception même ainsi qu’à la mise en œuvre en cours du système LMD en RDC. Professeur Yenga a été étroitement associé dans toutes les réflexions relatives à cette nouveauté. Interview :
24H.CD : Bonjour Professeur !
Près d’une année exactement depuis que le système LMD a été officiellement lancé en RDC, quelles sont, selon vous, les forces et faiblesses de cette réforme?
Prof A-Y : Pour l’exactitude de l’information pour des gens qui vont lire l’interview via votre média, le LMD est à sa deuxième phase. Pour sa première phase pendant 5 ans, de 2015 à 2020, le système a été expérimenté dans quelques établissements universitaires choisis comme projets-pilotes. De ce point de vue, on ne peut pas dire que le LMD n’a jamais fonctionné au Congo. Il a tout à fait fonctionné pendant 5 ans dans la plupart des grandes universités de la place et on a choisi essentiellement les facultés des sciences qui ont été les premières à expérimenter ce système, à savoir : la Polytechnique, ainsi que les facultés de science, d’agronomie et de médecine.
Mais la nouveauté vient du fait que le Ministre actuel de l’ESU a décidé qu’à partir de la rentrée de l’année académique en cours, donc à partir du 05 janvier 2022, l’ensemble des établissements de l’ESU ont basculé vers le LMD. En conséquence, le nouveau système s’impose à tout le monde.
Comme principal point positif à signaler, tous les clignotants de l’ancien système éducatif étaient au rouge. Sur le plan de la pédagogie, nos produits n’étaient plus côtés, c’est-à-dire nos diplômés n’avaient pas une bonne réputation. Du côté des enseignants, on peut signaler, notamment le fait que les enseignements n’étaient pas mis à jour. Beaucoup de syllabus étaient dépassés.
Sur le plan extérieur, aucune de nos universités n’était dans le meilleur classement (ranking). On était inclassable. Quand vous prenez les palmarès internationaux, on n’y figure pas. Quand vous prenez même les palmarès africains qui vont jusqu’à mille (1000) universités, vous n’avez que deux ou trois universités congolaises dont l’Unikin et l’Unilu qui étaient classées entre la 330ème ou 350ème place. Toutes les autres universités figurent à la 700ème et 900ème place sur 1000 universités. C’est la preuve qu’on ne pouvait pas être fier de ce que nous faisions. Toutefois, tout le monde n’était pas mauvais dans l’ancien système éducatif, puisqu’il existe à un niveau individuel des bons Professeurs.
Vous êtes également Secrétaire Général Académique de l’Institut Facultaire des Sciences de L’information et de la communication, des actions déjà menées dans cette institution en marge du LMD ?
Le LMD s’applique à l’Ifasic au niveau de la première année du premier cycle. Notre approche est graduelle, par des actions de terrain. Avec méthode, nous avançons, en misant d’abord sur la formation du personnel académique. Nous venons de bénéficier d’une formation des formateurs organisée par l’Université de Rotterdam (Pays-Bas) en collaboration avec l’incubateur Ingenious City et l’ambassade des Pays-Bas en République démocratique du Congo. Il s’est agi de préparer un nouveau cours sur l’entrepreneuriat. Une deuxième activité a consisté à la formation des professeurs et autres scientifiques de l’Ifasic sur la mise en ligne des cours via des outils informatiques en usage sur le plan international notamment « moodle ». Outre le capital humain, nous nous employons à trouver des moyens infrastructurels (réseaux physiques câblés), matériels (ordinateurs, projecteurs, caméras, connexion wifi) et financiers. Nous y arriverons !
Merci Professeur pour votre disponibilité.
C’était un plaisir de me plier à cet exercice médiatique. Je vous remercie !