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EN REACTION AUX AFFIRMATIONS DE BEMBA SUR LES MOBONDO : Le PPRD accuse le pouvoir de manipulation de la vérité
Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) réagit avec véhémence aux récentes accusations de Jean-Pierre Bemba contre son leader, Joseph Kabila. Dans un communiqué signé par son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, le parti dénonce une " tentative grossière de diversion " du gouvernement en place, cherchant, selon lui, à masquer son propre échec sécuritaire en désignant l'ancien président comme responsable de la crise liée à la milice Mobondo.
Jean-Pierre Bemba, Vice-Premier ministre et ministre des Transports, a frappé fort lors de son meeting à Bandundu, le 25 février 2025. L'ancien chef rebelle a directement mis en cause Joseph Kabila, l'accusant d'être le parrain de la milice Mobondo, responsable de massacres dans le Grand Bandundu. "C'est Joseph Kabila qui est derrière tout ça. Il l'a fait dans le but de déstabiliser Kinshasa", a-t-il affirmé devant une foule de partisans.
Le PPRD n'a pas tardé à riposter. "Comment peut-on accuser Joseph Kabila d'être derrière une milice qui s'attaque aux vendeurs de terres alors que cette question foncière est une conséquence de la gestion actuelle du pays ?", s'indigne Emmanuel Ramazani Shadary.
Pour le parti de l'ancien président, ces accusations ne sont qu'une manœuvre du pouvoir pour détourner l'attention des Congolais de ses propres responsabilités.
Le phénomène Mobondo, né d'un conflit foncier entre les communautés Teke et Yaka dans le Maï-Ndombe, s'est transformé en un cycle de violences ayant embrasé toute la région. Pour Jean-Pierre Bemba, il ne fait aucun doute que ce chaos est entretenu par l'opposition. "Après avoir échoué avec son plan au Grand Bandundu, le voilà qui tente de déstabiliser l'Est avec le Rwanda", a-t-il ajouté, faisant un lien direct entre Kabila et le M23, ce groupe rebelle qui défie l'armée congolaise au Nord-Kivu.
Mais pour le PPRD, ces accusations ne tiennent pas la route. "Le gouvernement cherche des boucs émissaires pour cacher son incapacité à sécuriser le pays", martèle Ramazani Shadary. Le parti rappelle que plusieurs membres de la milice Mobondo auraient été reçus en audience par les autorités actuelles et même intégrés au sein des FARDC. "Qui est réellement complice de cette milice ? Ceux qui l'accusent ou ceux qui l'intègrent dans l'armée ?", s'interroge-t-il.
La question de la "main noire "
La thèse d'une influence extérieure ou d'un complot interne derrière la montée en puissance de la milice Mobondo divise. Alors que Bemba pointe du doigt Kabila, d'autres voix, comme celle du cardinal Fridolin Ambongo, affirment que cette crise trouve ses racines à Kinshasa. "S'il y a une main noire derrière ce conflit, c'est une main qui vient de Kinshasa", a déclaré l'archevêque de Kinshasa, mettant en cause la gestion gouvernementale du dossier.
Ces propos renforcent les critiques du PPRD, qui exige désormais la publication des rapports des experts internationaux enquêtant sur ces crimes. "Nous ne tolérerons pas que le nom du Président Joseph Kabila soit sali par des accusations sans fondement", prévient Ramazani Shadary.
Kabila brise le silence
Alors que le climat politique s'échauffe, Joseph Kabila, d'ordinaire discret, a récemment fait parler de lui en publiant une tribune qui a suscité de vives réactions. Dans ce texte, il exprime une certaine sympathie à l'égard du M23, ce qui, pour ses détracteurs, confirme les soupçons de son implication. "Contrairement à ce que les autorités de Kinshasa veulent faire croire, la crise ne se limite pas aux actions du M23, souvent présenté à tort comme un groupe d'anarchistes", écrit-il, laissant entendre que la situation est plus complexe qu'il n'y paraît.
Ces propos ont provoqué une onde de choc, renforçant la détermination du PPRD à répliquer. Emmanuel Ramazani Shadary annonce d'ailleurs une prochaine prise de parole de l'ancien chef de l'État. "Le chef va parler. Il a parlé et tout le monde a tremblé. Ceux qui l'attaquent savent qu'il dit la vérité", a-t-il déclaré lors d'une matinée politique.
Un retour aux affaires?
Le PPRD ne cache plus ses ambitions : il veut revenir aux commandes du pays. "Le message du chef, c'est nous qui devons le relayer, jusqu'à ce que le peuple comprenne", affirme Ramazani Shadary. Dans cette optique, la contre-offensive face aux accusations de Jean-Pierre Bemba s'inscrit dans une stratégie qui présage l'image de Joseph Kabila et à préparer l'opinion à un possible retour en politique.
Christian-Timothée MAMPUYA