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Dieudonné Bifumanu invite les Bakongo à oeuvrer pour le développement du pays
» ll est temps que les Bakongo s’engagent dans la démarche du développement du pays pour être utiles à la province et au pays. Il est temps de préparer les Bakongo à se lancer dans cette direction du développement. La première action à faire, c’est de nous poser des questions sur nos valeurs: en quoi nous sommes forts, en quoi nous sommes faibles. Cela aidera à nous embarquer dans le processus de développement « . C’est la substance de l’adresse du Coordonnateur de la Notabilité Kongo. Dieudonné Bifumanu a lancé ce message dans son mot de circonstance au cours de la conférence que sa structure a organisée en collaboration avec la Mutuelle des enseignants ne-Kongo (Mueneko) le samedi 3 juin en salle Anael au Q.7, dans la commune de N’djili. Sous le thème : » Les valeurs kongo et la bonne gouvernance « .
Ladite conférence qui s’est déroulée dans une salle archicomble, à 80% par des enseignants, a été co-animée par Mukoko Samba Daniel et Emmanuel Janvier Luzolo Bambi Lessa et modérée par Mme Chantal Malamba.
Le Pr Mukoko Samba a souligné l’importance de la langue kikongo, tout en fustigeant le fait que celle-ci ne soit plus parlée au Kongo Central et que certains jeunes Bakongo aient honte de s’exprimer en kikongo publiquement, à bord d’un taxi-bus.
L’orateur s’est servi d’un ouvrage d’un Suédois qui a écrit un livre sur les Bakongo pour avoir vécu avec eux, particulièrement de leurs valeurs. Il a dit que les Bakongo sont un peuple religieux, ils croient à un Etre suprême, créateur et régulateur de l’univers, ils ont développé un système judiciaire, dans lequel le chef et des magistrats spéciaux jouent le rôle des juges. Les Bakongo sont un peuple hospitaliers, le collectivisme est fort chez eux, la terre a toujours été une propriété commune. Ils aiment le travail coopératif, les sociétés secrètes, le système bancaire ils condamnent la diffamation, la calomnie et le langage injurieux.
LES VALEURS S’ACQUIERENT, ON NE NAIT PAS AVEC
En général, les Bakongo sont encore un peuple hautement moral, ils sont troqueurs, c’est-à-dire des commerçants intelligents, ils méprisent une personne qui trahit un secret de clan, ils s’insurgent contre le mensonge, la paresse est condamnée, ils exaltent la générosité, ils sont économes, ils sont braves et pas du tout poltrons, ils sont courtois, humbles. Pour Mukoko Samba, les valeurs s’acquièrent, mais on ne nait pas avec elles. Lorsque les enfants perdent leur langue, ils perdent la possibilité d’acquérir ces valeurs. Ces valeurs qui font d’un quelqu’un une personne qui a de l’humanité, »kimuntu’‘.
» Le meilleur espace où nous devons mettre en valeur ces valeurs c’est notre province pour montrer aux autres l’importance de ces valeurs dans la gestion de la chose publique, servir d’exemple aux autres. Mais nous pataugeons dans ce domaine et nous passons le temps à nous plaindre « , a relevé Mukoko Samba.
» On entend souvent dire que les Bakongo sont devenus des porteurs de mallettes, sont devenus sans leaders. Mais qui va changer cela ? C’est nous-mêmes. Qu’est-ce qui manque pour changer cela ? » s’est interrogé le ministre honoraire du Budget sous Kabila.
LES BAKONGO SONT UNIS UN JOUR, DESUNIS 6 JOURS
Il a, en passant, loué l’Abako qui avait gardé l’unité des Bakongo a son époque. Mais aujourd’hui, a-t-il déploré, » nous sommes unis un jour, désunis six jours« . Et pourtant, a-t-il fait savoir : « Ce n’est pas les compétences qui nous manquent, ce n’est pas les capacités d’entreprendre, d’enseigner, de mobiliser qui nous manquent. Ce qui nous manque, c’est cette conscience politique, cet engagement politique. Exigez des acteurs politiques kongo de se comporter de manière conséquente pour qu’on cesse de se plaindre « .
Et de conclure sous un appel pathétique : » Nous sommes un grand peuple, mais nous devons le demeurer. Parce que c’est important pour l’ensemble de la RDC. L’engagement politique des Bakongo doit prendre plus de vigueur, plus d’intensité pour que nous comptions et non qu’on nous donne des miettes. Nous ne devons pas être des quémandeurs de postes, mais nous devons aller les chercher« .
Quant au second intervenant, le Pr Emmanuel Janvier Luzolo Bambi, appelé communément « l’homme anti-corruption », il a parlé de la bonne gouvernance comme étant « la manière de bien gérer le pays « . Il a également évoqué les principes de bonne gouvernance : la transparence, la responsabilité (savoir répondre des fonctions qu’on exerce), la redevabilité (les dirigeants doivent rendre compte), la participation (syndicale, politique, administrative) des gouvernés, la capacité des dirigeants aux besoins de la population.
LA CORRUPTION ET LE DETOURNEMENT PRATIQUES PAR DES GENS NON INTEGRES
Quant aux valeurs, il a ajouté deux valeurs à la liste énumérée par son prédécesseur : l’intégrité et l’honnêteté, tout en soulignant que les valeurs naturelles kongo servent à » promouvoir la bonne gouvernance de la RDC. Les valeurs kongo sont des valeurs clés pour la sauvegarde de notre pays. Elles sont au cœur du développement de notre pays ».
« M. Anti-corruption » est revenu sur l’aspect de la corruption pour se demander que » si on dit que le Congo est un pays riche et que la population est pauvre, voulez-vous trouver une autre raison en dehors de la corruption et du détournement pour justifier la pauvreté du peuple congolais aujourd’hui » » La corruption et le détournement sont antivaleurs et sont pratiqués par des gens qui ne sont pas intègres « , a-t-il conclu. Il a souligné la nécessité » que les valeurs mukongo soient mises au service et intérêt de toute la RDC « . Cependant, s’est-il interrogé à haute voix : » Est-ce que ces valeurs sont pratiquées dans la province du Kongo Central ? » Et la salle de répondre en chœur Non : Il a pris pour exemple ce qui s’était passé lors de l’élection du gouverneur. Il a fustigé la corruption au grand jour avec des millions de dollars qui l’a émaillée. » Pour que les autres nous respectent, nous devons être exemplaires « , a-t-il déclaré. Son intervention a eu pour chute l’unité des Bakongo. Pour lui, en référence avec un ouvrage en circulation intitulé »Quid du démembrement de la province du Kongio Central en application du principe d’érection des districts en province « , il a conclu que le démembrement trahit l’esprit unitaire. Il a invité les Bakongo à dénoncer le démembrement de leur province. Kléber KUNGU