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Dialogue RDC-M23 : la Base républicaine préfère le processus de Nairobi, malgré l'initiative de l'Angola
* Hugo Nsundi propose un “Plan républicain” pour une sortie de crise
La Base républicaine, sous la direction de son Président national, Hugo Nsundi Zala, a réaffirmé son attachement à un dialogue mené dans le cadre du processus de Nairobi, en opposition à l’initiative angolaise d’ouvrir des discussions directes entre Kinshasa et les rebelles du M23. Cette position a été exprimée lors d’une conférence de presse tenue dimanche 16 mars à Kinshasa.
Hugo Nsundi Zala a tenu à rappeler la position officielle du gouvernement congolais et de la communauté internationale sur la gestion du conflit dans l’Est. Selon lui, les discussions doivent impérativement s’inscrire dans les cadres déjà établis.
« À plusieurs reprises, lorsque le Président de la République s’est exprimé à ce sujet, il a refusé un dialogue direct RDC-M23 ou M23-AFC. Je rappelle que nous soutenons le dialogue dans le même esprit que toute la communauté internationale, l’ensemble du gouvernement congolais et toutes les institutions de la République. Il s’agit du processus de Nairobi, qui prend en compte les groupes armés, et du processus de Luanda, qui concerne les relations bilatérales entre la RDC et le Rwanda. Nous n’avons pas d’autre mécanisme en dehors de celui-ci. », a indiqué Hugo Nsundi.
Des interrogations sur la démarche angolaise
Alors que le gouvernement angolais a annoncé l’ouverture de négociations directes entre Kinshasa et l’Alliance Fleuve Congo-M23, la Base républicaine s’interroge sur cette approche.
« Cependant, nous avons récemment vu que l’Angola a pris l’initiative d’ouvrir un dialogue direct entre la RDC et l’AFC-M23. Cela soulève des questions. Il faut reconnaître que l’Angola nous a accompagnés tout au long de cette période critique. Néanmoins, il est légitime de s’interroger sur cette initiative», a-t-il fait remarquer.
Nsundi Zala rappelle que l’Angola, en tant que membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), avait pourtant validé la position conjointe prise avec la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) en faveur des processus de Nairobi et de Luanda.
« Rappelons que l’Angola est membre de la SADC et que, dans un communiqué conjoint publié à l’issue d’un sommet EAC-SADC, ces deux organisations sous-régionales ont réitéré leur appel au dialogue selon les processus de Nairobi et de Luanda. Qu’est-ce qui a donc motivé l’Angola à prendre l’initiative d’ouvrir un dialogue direct ? Un tel dialogue ne prend pas en compte les résolutions du Conseil de sécurité ni les communiqués conjoints de l’EAC et de la SADC. Cela donne l’impression que le gouvernement angolais veut nous imposer un autre cadre de négociation », a-t-il fait savoir.
Solution intermédiaire
Face aux réticences du gouvernement congolais à l’idée d’un dialogue direct avec les rebelles, Hugo Nsundi Zala propose une solution intermédiaire qui permettrait de respecter le cadre existant tout en intégrant certaines préoccupations angolaises.
« Cependant, nous, la Base républicaine, estimons que nous pouvons trouver une solution pour rapprocher toutes les parties. Notre pays, en tant qu’acteur principal, veut la paix, la sécurité et la stabilité. Nous estimons qu’un dialogue direct n’est pas nécessaire. De son côté, notre partenaire, l’Angola, considère qu’il l’est», a souligné le numéro un de la Base républicaine.
Il estime que si un dialogue direct allait avoir lieu, il devrait être intégré dans le processus de Nairobi.
« Nous pensons qu’un dialogue direct pourrait avoir lieu, mais dans le cadre du processus de Nairobi. Pourquoi ? Parce que ce processus prend en compte plusieurs groupes armés et qu’il est essentiel d’adopter une approche globale qui considère l’ensemble de la situation et des activités de ces groupes. Par ailleurs, dans ce contexte, le processus de Nairobi nous semble être le cadre le plus approprié », a insisté le président de la Base républicaine.
Un plan de sortie de crise
Au-delà des discussions sur le cadre de dialogue, Hugo Nsundi Zala souligne la nécessité d’une approche plus large pour résoudre la crise sécuritaire, politique et sociale que traverse la RDC.
« D’abord, il faut rappeler que le pays traverse une crise sécuritaire, politique et sociale. Certes, en ce moment, le cœur de tout le peuple congolais est tourné vers ce qui se passe dans l’Est, et l’ensemble du pays en est impacté », a rappelé cet homme politique.
C’est dans cette optique que la Base Républicaine a organisé un atelier de réflexion du 7 au 9 mars 2025, réunissant experts et cadres du parti.
« Cet atelier a réuni des experts et des cadres du parti afin de réfléchir sur un plan de sortie de crise à mettre sur pied que nous comptons présenter à la nation. »
Hugo Nsundi Zala souligne que malgré les différentes initiatives, la situation reste préoccupante.
« Nous avons observé plusieurs initiatives : celles de la Cenco et de l’ECC, ainsi que celles du gouvernement, notamment à travers une activité diplomatique très prononcée. Des sanctions ont été prises contre nos ennemis, et la communauté internationale a adopté la résolution 2773, qui a posé un cadre permettant au pays d’exprimer ses revendications. Cependant, malgré toutes ces initiatives, la situation reste préoccupante et ne permet pas d’entrevoir une issue favorable à court terme. Pourquoi ? Parce qu’il semble que, mis à part la Base républicaine, aucun acteur ni du côté du gouvernement, ni de l’opposition, ni de la classe politique en général ne propose un plan clair de sortie de crise », a-t-il regreté.
Il insiste sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État, de sécuriser les populations et de rassurer les partenaires internationaux.
« Sur le plan sécuritaire, il est impératif de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, de sécuriser nos populations dans l’Est, et de rassurer nos partenaires sous-régionaux, régionaux et internationaux. À ces niveaux, plusieurs initiatives sont mises en avant. Or, le problème concerne une agression extérieure. Si des solutions existent, elles doivent être présentées à la nation. Il n’est pas opportun pour le gouvernement de garder ses initiatives confidentielles sous prétexte qu’il y travaille, car la nation a besoin d’être rassurée», a souligné M. Hugo Nsundi.
Un atelier permettant d’élaborer un plan
L’atelier a permis d’élaborer un plan structuré en plusieurs axes et prenant en compte divers acteurs, tant nationaux qu’internationaux.
« À l’issue de ces travaux, nous avons adopté un ensemble de propositions élaborées sous forme d’un plan, que nous appelons Plan républicain pour la sortie de crise sécuritaire et sociale en République démocratique du Congo. Ce plan prend en compte plusieurs acteurs : les institutions de la République (gouvernement, Président de la République, Sénat, Assemblée nationale), l’opposition armée et non armée, ainsi que les acteurs internationaux, notamment la SADC, l’EAC, l’Union africaine, les Nations unies et l’Union européenne, qui sont directement concernés par la situation en RDC », a-t-il insisté.
Hugo Nsundi Zala insiste sur la nécessité de suivre les résolutions adoptées par la communauté internationale et d’apporter des améliorations adaptées à la complexité de la crise congolaise.
« Notre plan s’inscrit dans cette logique tout en proposant des cadres d’amélioration qui tiennent compte de la complexité de la situation et des exigences de toutes les parties concernées.»
Alors que les négociations de Luanda doivent débuter ce mardi , la position de la Base républicaine vient renforcer le débat autour de l’opportunité d’un dialogue direct avec les rebelles du M23.
Christian-Timothée MAMPUYA