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À deux jours de la fin du mois de mai : Aucun signal pour la paie des fonctionnaires !
À deux jours de la fin du mois de mai 2024, les agents et fonctionnaires de l’Etat continuent à se poser des questions sur leur paie. Pourtant, le mois dernier, le gouvernement sortant, par la bouche autorisée du ministre des Finances, avait déclaré urbi et orbi qu’à partir de fin avril la paie du personnel émargeant du Trésor public allait se normaliser. C’était la joie dans le banc syndical qui avait pensé avoir remporté une grande victoire. Malheureusement, cette joie n’est que de courte durée si l’on tient compte de la situation actuelle.
Selon les informations en notre possession, à part les hommes en armes et les enseignants du primaire et du secondaire, aucun autre agent payé par le Trésor public n’a perçu son salaire de mai. La fin de ce mois intervenant le vendredi, c’est-à-dire dans deux jours, il est sûr et certain que l’échéance ne sera pas respectée par le gouvernement.
Cette promesse non tenue va davantage creuser la fracture entre les deux parties et augmenter la méfiance déjà perceptible entre les gouvernants et les administrés.
La semaine dernière, les syndicalistes étaient montés au créneau pour exiger la modernisation de la paie avec le retour du système des bulletins de paie appelés «accréditif» il y a quelques années. Ce système, faut-il le rappeler, a existé durant la période post coloniale jusque vers la fin de la IIème République. Avec l’AFDL et la Kabilie, ce système a totalement disparu. Dans le bulletin de paie sont repris les éléments suivants : salaire de base, allocations familiales pour les fonctionnaires mariés, frais de transport, frais de logement et, éventuellement, prime. Malheureusement, depuis plusieurs années, les salariés de l’’État congolais sont payés comme s’ils touchaient un forfait, sans aucune indication des éléments évoqués. Le moment est venu de remettre de l’ordre dans ce domaine. La confusion a trop duré.
Pour le moment, le problème ne concerne pas seulement le respect de l’échéance de la paie, mais de répondre également à cette exigence des syndicalistes. Il s’agit également de la régularité de la paie dans les provinces où les fonctionnaires connaissent des arriérés qui rendent leur vie de plus en plus précaire.
Il est évident que l’équipe sortante actuelle n’a pas le temps de se pencher sur une question aussi importante. Elle sera sans doute parmi les sujets que l’équipe de Sama Lukonde va léguer à Judith Suminwa. Comme nous ne cessons de le souligner depuis quelque temps, le futur gouvernement aura beaucoup de chats à fouetter. C’est pourquoi sa composition impose beaucoup d’exigences. Il faut absolument sortir des sentiers battus si l’on tient à des résultats susceptibles de contenter la population. Car, rien ne s’obtient sans un minimum d’efforts, de sacrifices, de risques. «On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs», a dit Honoré de Balzac.
Par ailleurs, pour relever certains défis auxquels fait face le pays, il faut impérativement procéder à une profonde réforme de la Fonction publique pour arriver à une réelle modernisation de cet important secteur de la vie nationale. Si rien n’est fait dans ce sens, nous allons continuer à tourner en rond. À des grands maux, des grands remèdes, dit-on.
Muke MUKE