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Des organisations de la société civile alertent sur les limites des accords de Washington et de Doha, elles réclament un dialogue national inclusif
Plus d’une soixantaine d’organisations de la société civile congolaise ont publié, hier mercredi, une déclaration commune appelant à la tenue urgente d’un dialogue intercongolais réellement inclusif, estimant que les accords en préparation entre la RDC et le Rwanda sous médiation internationale ne sauraient garantir une paix durable s’ils ne s’attaquent pas aux causes profondes du conflit à l’Est.
Alors que les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame doivent finaliser un accord de paix ainsi qu’un cadre de coopération économique supervisés par l’ancien président américain Donald Trump, les organisations signataires estiment que les processus de Washington et de Doha restent incomplets.
Selon elles, ils se limitent à réunir trois acteurs, les gouvernements congolais et rwandais ainsi que les rebelles de l’AFC/M23 au détriment d’autres forces en présence, de la société civile, des communautés affectées, de l’opposition non armée et de plusieurs groupes armés impliqués dans les violences.
Dans leur déclaration, les organisations soulignent que les précédents cessez-le-feu, souvent annoncés comme des avancées, n’ont pas permis de réduire les attaques dans l’Est du pays.
Elles rappellent que des affrontements majeurs se poursuivent notamment à Kamanyola, Mwenga et aux abords d’Uvira, alimentant une escalade qui menace de s’étendre au niveau régional.
Pour elles, cette réalité démontre que les accords bilatéraux actuels, sans approche globale, ne suffisent pas à instaurer une stabilité durable.
A la communauté internationale de renforcer son rôle afin de créer un climat favorable à un véritable dialogue inter Congolais
Les organisations appellent la communauté internationale à renforcer son rôle afin de créer un climat favorable à un véritable dialogue intercongolais.
Elles insistent sur la nécessité d’un respect strict du cessez-le-feu, de son élargissement à d’autres groupes armés ainsi qu’aux troupes étrangères présentes sur le sol congolais, notamment burundaises et ougandaises. Elles demandent également la rationalisation des mécanismes de suivi, souvent jugés inefficaces, et l’application complète de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige notamment le retrait des troupes rwandaises et la fin de tout appui étatique aux groupes armés.
Par ailleurs, les organisations invitent les Etats-Unis, le Qatar, l’Union africaine et les partenaires internationaux à exercer une pression sur les autorités congolaises afin de permettre la convocation rapide d’un dialogue national inclusif, dans l’esprit du Pacte social recommandé par les Églises catholique et protestante.
Selon elles, ce dialogue doit aboutir à des résolutions contraignantes pour l’ensemble des parties prenantes et ouvrir la voie à la réunification du pays, au rétablissement de l’autorité de l’État, au désarmement généralisé, aux réformes structurelles prioritaires et à la préparation des prochaines élections.
Dans leur mise en garde, les organisations soulignent que l’occupation d’une partie de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par des forces étrangères, combinée à l’installation d’administrations parallèles par les rebelles de l’AFC/M23, constitue une menace directe pour l’unité nationale.
«Retarder davantage la tenue d’un dialogue inclusif revient à entériner une partition de fait du territoire congolais», ont estimé ces organisations.
La déclaration, datée du 3 décembre 2025 à Kinshasa, est accompagnée d’une liste de 67 organisations signataires issues de différentes provinces, plateformes citoyennes, structures communautaires, mouvements citoyens, réseaux de défense des droits humains et collectifs engagés pour la paix.
Tricya MUSANSI