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Des chefs Lulua exigent la libération de François Beya
Des chefs coutumiers Lulua se sont retrouvé le vendredi 22 juillet dans la cour du grand Chef Nkonko de bakua-meta à Kananga, pour exiger au Président Félix Tshisekedi d’ordonner la libération de François Beya Kasonga (FBK), son ex-conseiller spécial en matière de sécurité, détenu depuis le 5 février 2022 à l’ANR, puis transféré à la prison de Makala jusqu’à ce jour.
Deux moments forts ont marqué cette cérémonie traditionnelle tenue sous la supervision de Sa Majesté le Roi Muanangana Kalamba Diyi des Bashilange, comme le témoigne une vidéo diffusée dans les réseaux sociaux.
Ces déclarations du chef Ntumbe Tshilala Nsaka de Bena-Ngoshi (chef du village d’origine de FBK) dans le territoire de Dibaya et du grand chef Luandanda Butshidi Bukuta (chef Muamba-Mputu du groupement bakua-mushilu, incorporé dans la commune de Lukonga).
S’exprimant en tshiluba devant le feu « tshiota » des ancêtres, ces deux chefs ont, au nom de leurs collègues, invoqué l’Éternel Dieu Créateur et les ancêtres de l’ethnie Lulua pour qi’Il s’implique dans l’affaire FBK afin que, coupable ou non, ce dernier soit libéré, selon l’adage Luba qui dit qu’«on ne brûle pas l’enfant qui aurait mis du feu à la case».
Par la suite, les déclarants ont adressé une sévère mise en garde et proféré des malédictions à tout individu qui, habité par un esprit maléfique interne et/ou externe à la famille de FBK, s’évertuerait à tirer des ficelles dans l’affaire FBK.
A l’instar d’autres chefs coutumiers de la RDC qui avaient sollicité et obtenu dans un passé récent les faveurs du chef de l’État dans des situations semblables à celle de FBK, les Chefs Lulua ont demandé au Président de la République, en sa qualité de magistrat suprême, de prescrire dans les plus brefs délais la libération de leur fils FBK, manifestement malade à la prison de Makala.
Ils rappellent, par ailleurs, le respect du pacte légendaire de franche collaboration qui existe entre eux, chefs traditionnels, et lui, Chef de l’Etat, dans la recherche de la paix et du bien-être du peuple congolais.
Les chefs coutumiers ont condamné à l’avance toute récupération politique relative à leur requête qui n’est rien d’autre qu’un exercice pratiqué chaque fois qu’un de leur sujet est en danger. La cérémonie s’est clôturée par une pratique ancestrale qu’exige la tradition Lulua en pareille circonstance: un «nœud mystique» accroché à un arbre et qui ne sera dénoué que lorsque FBK sera libéré.
Tout analyste politique éclairé constaterait qu’après un calme responsable et un sage mutisme, les représentants et détenteurs du pouvoir traditionnel du Kasaï Central ont finalement brisé leur silence. Ils attendent le retour de la balle qu’ils viennent d’envoyer dans le camp de Fatshi.
Les chefs coutumiers ont mis en garde tout celui qui aurait fomenté un complot contre Beya Kasonga François, qu’il soit de sa famille. Qu’il soit d’une autre province, (femmes ou hommes) qu’il soit de son entourage au niveau de son service, qu’il soit parmi ses amis… Qu’il demande pardon publiquement avant que nos ancêtres s’occupent de lui, car, après la colère des ancêtres, plus rien ne sera réparé. GB/Correspondance particulière