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Déplorant la création du FRN : Patrick Muyaya somme la C64 de sortir de son silence
Le silence de ténors de l’opposition face à la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) n’est pas du goût de Patrick Muyaya. Le porte-parole du gouvernement est monté au créneau pour interpeller les responsables de la Coalition de l’opposition pour une alternative démocratique (C64), dont plusieurs membres avaient plaidé pour la participation de l’ancien président Joseph Kabila à un éventuel dialogue politique.
Dans une publication sur ses comptes Facebook et X, consultés le 18 octobre 2026, Patrick Muyaya n’est pas allé par quatre chemins. Il estime que les leaders de cette plateforme doivent désormais sortir de leur réserve et clarifier leur position après l’officialisation du rôle de Joseph Kabila à la tête du mouvement politico-militaire.
Changement de façade
« Tous ceux qui plaidaient pour sa participation au dialogue doivent maintenant se prononcer et dire s’ils font le choix de la République, car prendre les armes, c’est s’attaquer à la République et à l’ordre constitutionnel », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du gouvernement ne s’est pas limité à cette interpellation. Il considère que le choix de l’ancien chef de l’État de prendre les armes traduit une volonté de renverser l’ordre constitutionnel et de reconquérir le pouvoir au prix de vies congolaises. Une accusation qui témoigne de la fermeté de Kinshasa face à la nouvelle orientation de l’ancien président.
Pour Patrick Muyaya, le changement de dénomination ne saurait masquer la continuité des acteurs et des méthodes. Derrière cette nouvelle appellation, il voit une tentative de donner un nouveau visage à une rébellion dont les intentions et les modes opératoires seraient, selon lui, déjà connus. Il accuse ainsi le FRN d’être un groupe armé supplétif du Rwanda, reprenant la position défendue par le gouvernement congolais au sujet de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
« Le pouvoir se conquiert par les urnes, pas par les armes »
Sur le plan diplomatique, le porte-parole du gouvernement réaffirme l’engagement de Kinshasa dans les processus de Washington et de Doha, présentés comme des cadres de recherche d’une solution durable à la crise. Il se montre toutefois catégorique quant à l’avenir du mouvement, affirmant que, quelle que soit sa dénomination, ce groupe armé est appelé à disparaître au terme du processus de Doha.
Dans la même publication, Patrick Muyaya dénonce ce qu’il présente comme une manœuvre visant à « congoliser » l’agression dont la RDC accuse le Rwanda, afin, selon lui, de soustraire Kigali à ses responsabilités. Il réaffirme également la ligne défendue par le pouvoir en place : « Le pouvoir appartient au peuple congolais. Il se conquiert par les urnes, pas par les armes. »
Le porte-parole annonce enfin que le Bloc pour la République entend s’opposer à cette nouvelle aventure. Reste désormais à savoir si les responsables de la C64 répondront à cette interpellation et s’ils parviendront à dégager une position commune face à la création du FRN. Une question qui remet au premier plan les divergences potentielles au sein de l’opposition, alors que la crise politique et sécuritaire continue de peser sur l’avenir du pays.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO