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De Kimbembe à Bumba, Kinshasa refuse de redevenir Léopoldville !
(Dossier réalisé par Kléber KUNGU)
On aura tout essayé pour rendre à la ville de Kinshasa sa plus belle robe d’antan, tous les efforts menés jusque-là se sont révélés vains : des recettes magiques, des cures de jouvence, sous des opérations ou programmes aux dénominations quasi synonymes. Kinshasa refuse toujours de redevenir Léopoldville. On aura beau changer de gouverneur à l’Hôtel de ville, la capitale de la République démocratique du Congo s’entête à porter sa robe salie par des décennies d’incuries de ceux qui ont défilé comme locataires à l’Hôtel de ville. Chaque gouverneur qui y est placé, y va de son programme ponctué d’opérations variées. ‘’Coup de poing’’, ‘’Kin propre’’, ‘’Kinshasa ville propre’’, ‘’Salubrité publique’’, ‘’Lokota ba sachets’’, entendez ‘’Ramassez les sachets’’, ‘’Kin la belle’’, ‘’Kinshasa ezo bonga’’, (entendez ‘’Kinshasa s’embellit’’) ‘’Balabala eza wenze te’’, (‘’Aucune artère n’est un marché’’) l’inspiration n’a jamais été aussi si féconde dans les dénominations de ces opérations d’assainissement qui sonnaient et continuent de sonner comme de simples slogans. Sans résultats satisfaisants ! Décidément, l’insalubrité de Kinshasa a la peau si dure ! Il paraît que ‘’l’homme noir ne meurt pas de la saleté’’, traduite d’une phrase lingala répandue chez des Kinois qui disent ‘’Moto moyindo akufaka na mbindo te’’.
Coup de chapeau à tous les locataires de l’Hôtel de ville qui n’ont pas lésiné sur les moyens – financiers, matériels, intellectuels – pour baptiser, chacun, des opérations tendant à aider à embellir l’ancienne Léopoldville. Comme on le verra, la gestion des déchets en général et des déchets non biodégradables à Kinshasa en particulier a donné des sueurs chaudes aux autorités ayant succédé à l’Hôtel de ville qu’ils ont eu hâte à refroidir dans leurs bureaux hyper climatisés. Les uns à la suite des autres, ils ont défilé à la tête de l’une des villes les plus insalubres au monde, sans avoir réussi à lui rendre sa robe d’antan.
Durant la IIème République, Kinshasa a organisé plusieurs «opérations» d’assainissement, à l’instar de l’opération «Salongo» sous Mobutu ; l’’’opération Kin-la-belle’’ lancée sous le règne des gouverneurs Théophile Mbemba Fundu (1997-2001) et Christophe Muzungu (mai 2001- 26 novembre 2001) et autres opérations ‘’Coup de poing’’ et ‘’Kin bopeto’’ (entendez‘’Kin propre’’) du gouverneur Jean Kimbunda Mudikela (16 mai 2004 – 15 novembre 2005) ; l’’’opération salubrité publique’’ du gouverneur Jean Kimbembe Mazunga (15 novembre 2005- 16 octobre 2006), et André Kimbuta Yango (16 mars 2007 – 2011), avec l’opération ‘’Kinhasa ville propre’’, dont les moyens ont été mis en place avec, comme objectif, le nettoyage de la ville de Kinshasa. Malheureusement, tous les textes réglementant ces opérations d’assainissement ont accusé une défaillance criante dans la pratique.
BERNARDIN MUNGUL DIAKA ET ‘’BAKOMBOLAKA NDAKO YA MATANGA TE’’
Le gouverneur Bernardin Mungul Diaka (1992-1996) reste le cas le plus déplorable car il est passé pour avoir été le gestionnaire de la ville ayant laissé la capitale sombrer dans une situation où les déchets insalubres étaient fort remarquables et à cause de ses déclarations débonnaires :’’Bakombolaka ndako ya matanga te’’, traduit du lingala par :’’On ne balaye pas une maison endeuillée’’ Ce qui veut dire que tant que le cadavre n’est pas encore acheminé au cimetière, la cour ne peut pas être nettoyée. Il faisait ainsi allusion aux tourments politiques consécutifs au vent de démocratisation qui secouait les institutions du pays, selon Jules Kassay Ngur-Ikone qui avait traité en profondeur la question de la gestion des déchets plastiques à Kinshasa.
Théophile Mbemba Fundu (1997-2001) va s’installer à l’Hôtel de ville avec l’ambition d’embellir. Sa recette, l’opération ‘’Kin la belle’’ Et en juillet 2001, le gouverneur de la ville a.i. Christophe Muzungu avait annoncé passer à la vitesse supérieure pour redresser certaines mentalités. Aussi a-t-il annoncé la mise en action, à travers certains quartiers, de la police d’hygiène et habitat. Mais ce service avait-il été doté de moyens matériels et financiers, notamment des commissariats dans des quartiers ? C’est la question cruciale que l’opinion s’était posée. Qui a trouvé, aau bout du compte, une réponse négative.
‘’KINSHASA VILLE PROPRE’’
Le 16 mai 2004, Jean Kimbunda Mudikela vient s’installer, à son tour, aux commandes de la capitale. Dans sa gibecière, l’opération ‘’Coup de poing’’ de sa politique de ‘’Kin ville propre’’. Elle vise à assainir l’ancienne Léopoldville. Kiosques, paillotes, terrasses, garages de fortune, containers installés le long de principales artères de la ville sans respect des normes urbanistiques, sont démolis impitoyablement au nom de l’embellissement de Kinshasa et au grand dam des propriétaires privés de leurs gagne-pains… Leurs grincements de dents vont se diluer dans les bruits des engins employés dans la démolition ! Limité à quelques artères et marchés kinois, ‘’Coup de poing’’ sera critiqué par des ONG des droits humains pour la brutalité des agents de l’ordre commis à son exécution. Le ‘’coup de poing’’ de Kimbunda n’aura pas été si fort pour embellir la ville avant que son initiateur ne quitte les fonctions le 15 novembre 2005 pour céder le bâton de commandement à Kimbembe Mazunga. (A suivre)