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DANS SON MESSAGE DES PAQUES ADRESSE AUX CHRETIENS CONGOLAIS : Le Cardinal Fridolin Ambongo fustige le règne de la violence et de l’insécurité
Le Cardinal Fridolin Ambongo s’est voulu franc et direct dans son message des Pâques adressé aux chrétiens catholiques de Kinshasa et, par extension, à tous ses compatriotes congolais. Dans sa lettre apostolique diffusée et lue hier dans toutes les messes dominicales des paroisses de l’archidiocèse, l’archevêque de Kinshasa a tenu à tirer la sonnette d’alarme pour interpeller les consciences de ceux qui tirent les ficelles pour que perdure la guerre en République démocratique du Congo et qui ferment les yeux face à la détresse des populations qui vivent dans des zones de turbulences.
« La résurrection du Christ invite à prendre soin de la terre en luttant contre la violence sous toutes ses formes. Aujourd’hui, plus qu’hier, la terre de la RD Congo connaît une violence et une insécurité indescriptible. Par conséquent, cette situation accroît la misère dans la population : manque de nourriture, système sanitaire défectueux, absence de couverture sociale, insalubrité généralisée… », déplore le prélat catholique.
« Fêter Pâques, souligne le Cardinal Ambongo, c’est mettre fin à ces violences et insécurités. C’est permettre aux populations déplacées de l’Est du pays, de Kwamouth et du plateau de Bateke de retrouver leurs terres. C’est trouver des solutions concertées à la guerre de l’Est du pays. C’est en finir avec le phénomène Kuluna dans des centres urbains« .
Outre la violence qu’il dénonce, l’archevêque de Kinshasa interpelle chacun de citoyen de son pays pour qu’il adopte un comportement susceptible de protéger l’environnement dans lequel le Créateur l’a placé. « La Pâques, martèle-t-il, convie à veiller sur notre Terre (Maison commune). En effet, en regardant notre pays, nous devrions nous émerveiller de l’œuvre de Dieu. Or, la RD Congo ressemble aujourd’hui à une terre de désolation, abandonnée. Ses forêts sont actuellement exploitées impitoyablement, avec des risques considérables sur la biodiversité et l’environnement« .
« Les eaux de ses rivières et de son fleuve sont polluées, à l’insouciance de tous, par des matières plastiques et autres. Des avenues des villes comme Kinshasa sont remplies d’immondices et des bouteilles plastiques qui les rendent insalubres. Célébrer la victoire du Christ sur la mort, c’est aussi consentir à la conversion écologique. De cette façon, Pâques fait éclore l’aptitude à une fraternité universelle qui a besoin d’une terre assainie pour promouvoir la santé et le bien-être« , conclut l’autorité épiscopale de Kinshasa.
Ci-dessous, la lettre pastorale du Cardinal Fridolin Ambongo, diffusée sous l’intitulé »O nuit où le Ciel s’unit à la terre » que Forum des As publie dans son intégralité. Yves KALIKAT
« Ô nuit où le ciel s’unit à la terre »(Exultet)
Message de son Eminence Cardinal Ambongo à l’occasion de la Pâques 2024
1. Christ est ressuscité, Alléluia ! Il a vaincu la mort, Alléluia ! Voilà la Bonne Nouvelle qui résonne au matin de Pâques. Oui, Jésus a vaincu la mort. Il l’a réduit à l’impuissance : « ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui » (Rm 6, 9). Les femmes qui se rendaient au tombeau de grand matin sont surprises par le « jeune homme » qui leur apprend que « le Crucifié est ressuscité » (cf. Mt 28, 6). Cette nouvelle devient la vérité centrale de la vie chrétienne. En effet, « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est vaine, votre foi aussi est vaine » (I Co 15, 14). Or, le Seigneur est vraiment ressuscité. Il est vivant, il est ressuscité! Mais, que signifie la Résurrection pour nous congolais aujourd’hui ?
2. Certes, il y a une dimension personnelle de la Résurrection à travers laquelle chaque chrétien passe de la mort à la vie dans le Christ. Mais, il y a également une dimension communautaire et cosmique. Ainsi, Pâques n’unit pas seulement les humains, mais également le Ciel et la Terre. Comme le chante l’Annonce de Pâques : « Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu ». La résurrection du Crucifié a alors des implications sur notre rapport à la terre, à notre « Maison commune ». Pâques ouvre à une terre la possibilité de ressusciter.
3. A la création, la terre, à l’origine informe et vide, a été transformée en un immense jardin où foisonnent les vivants. Dieu avait vu que cela était bon. Or, cette terre commençait à être souillée notamment avec le meurtre d’Abel et elle avalait ainsi le sang d’un innocent (Gn 4,11). Mais Abraham, cet araméen errant en quête de pâturage, avait reçu de Dieu la promesse d’une terre. C’est vers cette Terre promise, où coulent le lait et le miel, que marchera le Peuple libéré de l’esclavage d’Egypte. La première Pâque commandait le départ pour une Terre bénie. Cette bénédiction divine est dès lors comparée à la pluie qui ne retourne pas au ciel sans avoir fécondé la terre (cf. Is 55,10). De la sorte, c’est Dieu lui-même qui choisit la terre pour y établir sa demeure (cf Ba 3,15). Ainsi, le retour du Peuple de Dieu à Jérusalem après l’Exil de Babylone montre combien il est important que toute personne, peu importe le poids de son passé, ait une terre, retrouve sa terre (Ez 36,28). Dans cette espérance, la Résurrection du Christ inaugure l’avènement pour chaque peuple d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle.
4. Dès lors, deux pistes s’offrent à nous, Peuple congolais. Il s’agit de la responsabilité et de l’engagement de chaque baptisé à degrés différents. D’une part, la résurrection du Christ invite à prendre soin de la terre en luttant contre la violence sous toutes ses formes. Aujourd’hui, plus qu’hier, la terre de la RD Congo connaît une violence et une insécurité indescriptible. Par conséquent, cette situation accroît la misère dans la population : manque de nourriture, système sanitaire défectueux, absence de couverture sociale, insalubrité généralisée, etc. Mais fêter Pâques, c’est mettre fin à ces violences et insécurités. C’est permettre aux populations déplacées de l’Est du pays, de Kwamouth et du plateau de Bateke de retrouver leurs terres. C’est trouver de solutions concertées à la guerre de l’Est du pays. C’est en finir avec le phénomène Kuluna dans des centres urbains.
5. D’autre part, la Pâques convie à veiller sur notre Terre (Maison commune). En effet, en regardant notre pays, nous devrions nous émerveiller de l’œuvre de Dieu. Or, la RD Congo ressemble aujourd’hui à une terre de désolation, abandonnée. Ses forêts sont actuellement exploitées impitoyablement, avec des risques considérables sur la biodiversité et l’environnement. Les eaux de ses rivières et de son fleuve sont polluées, à l’insouciance de tous, par des matières plastiques et autres. Des avenues des villes comme Kinshasa sont remplies d’immondices et des bouteilles plastiques qui les rendent insalubres. Célébrer la victoire du Christ sur la mort, c’est aussi consentir à la conversion écologique. De cette façon, Pâques fait éclore l’aptitude à une fraternité universelle qui a besoin d’une terre assainie pour promouvoir la santé et le bien-être.
6. Puisse l´éclat du Seigneur ressuscité illuminer les ténèbres de nos vies et éclairer l’effort du peuple congolais pour faire de notre terre une oasis de paix e du bien-être. De grand cœur, je vous accorde ma bénédiction apostolique.
Fridolin Cardinal AMBONGO, ofm cap Archevêque Métropolitain de Kinshasa