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Crise politique : Évariste Ndayishimiye s'impose comme médiateur, Tshisekedi rebat les cartes du dialogue national
Le président burundais et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, est en passe de devenir le nouvel acteur central de la médiation politique en République démocratique du Congo. Une rencontre avec plusieurs figures majeures de l'Opposition, notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, est annoncée dans les prochains jours, tandis que l'ancien président Joseph Kabila devrait y être représenté.
Au cœur des discussions figurent deux dossiers particulièrement sensibles : l'adoption de mesures d'apaisement envers l'opposition politique et la mise entre parenthèses du projet de loi référendaire, devenu l'un des principaux foyers de tension dans le paysage politique congolais.
Cette initiative intervient dans le prolongement de la rencontre tenue le 23 juin dernier entre Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye. Elle révèle une recomposition des mécanismes de médiation autour de la crise congolaise, dans laquelle Kinshasa semble privilégier l'appui d'un allié régional de premier plan engagé militairement aux côtés de la RDC dans le conflit de l'Est.
LE BURUNDI AU CENTRE DU JEU DIPLOMATIQUE RÉGIONAL
En misant sur la présidence burundaise de l'Union africaine, le chef de l'État congolais ouvre la voie à un dialogue politique dont il espère maîtriser davantage les contours et les équilibres. Cette stratégie repositionne, au moins temporairement, le Burundi au centre du jeu diplomatique régional, au détriment de l'Angola, qui avait jusqu'ici occupé un rôle prépondérant dans les tentatives de médiation.
Cette reconfiguration diplomatique laisse également en marge le président togolais Faure Gnassingbé, dont la mission demeure, pour l'heure, circonscrite aux initiatives diplomatiques conduites dans les cadres de Washington et de Doha.
L'implication croissante d'Évariste Ndayishimiye pourrait ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans la gestion de la crise congolaise. Reste à savoir si cette démarche favorisera un véritable consensus national ou si elle sera perçue par les différents acteurs comme une tentative de réorganisation du dialogue politique sous des auspices plus favorables au pouvoir en place.
Au-delà des calculs diplomatiques, l'enjeu demeure le même : parvenir à construire un cadre de concertation suffisamment inclusif pour éviter une aggravation des fractures politiques et sécuritaires qui menacent la stabilité du pays..
Jérémie ASOKO