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Controverse autour de la rebaptisation du stade Tata Raphaël
Une vive opposition s’élève dans la capitale congolaise contre l’annonce de la rebaptisation du mythique stade Tata Raphaël en stade Ali-Foreman. Dans plusieurs milieux culturels, sportifs et éducatifs, cette initiative est perçue comme une tentative d’effacer la mémoire du Révérend Père Raphaël de la Kethule, bâtisseur infatigable du sport et de l’éducation des jeunes en RDC.
«Changer le nom de Tata Raphaël, c’est comme effacer une partie de notre mémoire collective. Ce stade appartient à l’histoire du Congo, pas à un événement étranger», a réagi un enseignant rencontré dans la commune de Kalamu.
Le changement de nom, prévu pour le 30 octobre 2025 dans le cadre du cinquantenaire du combat historique ayant opposé Mohamed Ali à George Foreman, suscite déjà une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans les rues de Kinshasa.
«Ali et Foreman sont des légendes mondiales, mais ce stade est un patrimoine congolais. On ne peut pas effacer le nom de celui qui a bâti l’esprit du sport dans notre pays», s’est défendu Joël Kinzenzi, un ancien footballeur croisé aux environs dudit stade.
Pour plusieurs habitants, le nom de Tata Raphaël doit être conservé, car il représente un repère moral et historique pour toute la nation.
Honorer les deux histoires sans effacer l’une pour glorifier l’autre
«Nos parents nous ont parlé de ce missionnaire qui a formé des générations. Il a fondé des écoles, des clubs, et a donné un sens au mot encadrement. Rebaptiser le stade, c’est renier cette histoire», a déclaré une étudiante de l’Institut supérieur des statistiques (ISS).
Certains appellent à un compromis plus respectueux de la mémoire nationale.
«Ce stade a une âme. Même le combat Ali-Foreman n’aurait pas eu la même portée sans l’œuvre du père de la Kethule. On doit honorer les deux histoires sans effacer l’une pour glorifier l’autre», a souligné Giscard Lufwankenda, habitant de la commune de Limete.
Les personnes rencontrées par notre rédaction, ont toutes estimé que le patrimoine historique du pays doit être protégé.
Pour elles, la commémoration du combat d’Ali contre Foreman peut se faire ailleurs, sans altérer l’identité d’un lieu qui a vu naître les plus grandes pages du football et de la culture congolaise.
Le stade Tata Raphaël, jadis appelé stade Roi Baudouin, puis stade du 20 mai sous la Deuxième République, a accueilli les plus grands événements sportifs et artistiques du pays, à savoir : matchs légendaires, concerts de stars mondiales et le fameux combat du siècle. Pour la population kinoise, il doit rester le symbole de la jeunesse, de la foi et du travail du Révérend Père Raphaël de la Kethule.
Pour de nombreux Kinois, ce stade n’est pas un simple édifice, mais un symbole vivant de l’histoire nationale. Construit entre 1948 et 1950 grâce à la contribution des élèves de Léopoldville, l’actuel Kinshasa, il incarne la vision d’un homme qui avait fait de la jeunesse le cœur de sa mission éducative et sociale dans ce pays.
TMB