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Constitution: Quand les confessions religieuses s'affrontent !
La République démocratique du Congo est entrée dans une zone de turbulence depuis le lancement du projet du changement de la Constitution, porté par la majorité au pouvoir.
D’aucuns ont pensé que seuls les acteurs politiques allaient s’affronter pour leurs intérêts mesquins. Mais, contre toute attente, ceux qu’on appelle hommes ou serviteurs de Dieu s’empoignent là-dessus. Même si à un moment donné, quelques confessions religieuses ont été accusées de prendre fait et cause pour le régime en place, jamais nous n’avions connu une telle fracture.
Tout est d’abord parti du projet de dialogue national inclusif préconisé par l’Église catholique sous la houlette de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Les Eglises de réveil, sous le regroupement de l’Église de réveil du Congo (ERC) ont manifesté une douce opposition pour n’avoir pas été prises en compte par ces deux grandes confessions religieuses que compte le pays. Il a fallu que le président de la République leur demande de se mettre ensemble pour préparer une feuille de route pour le dialogue, avant d’assister à une sorte de réconciliation ou d'accalmie.
L’accalmie n’a duré que l’espace d’un matin avant la «reprise des hostilités», après le projet de changement de la Loi fondamentale envisagé par le pouvoir en place.
On est encore loin deu contenu de la nouvelle constitution
Aujourd’hui, deux camps diamétralement opposés s’affrontent sans gants. Les pro et anti. Tous ont curieusement comme dénominateur commun la Bible. De quel côté va se pencher Dieu ?
Cependant, les choses se compliquent à l’intérieur de l’ERC parce que certains pasteurs de ce regroupement émettent un son discordant. Ce qui prouve clairement que ces hommes ne sont pas tous guidés par l’Esprit -Saint.
Jusqu’à cet instant, rien de précis n’est encore arrêté concernant le projet de changement de la constitution. Nous ne sommes qu’à l’étape des réflexions, loin du contenu de la nouvelle Loi suprême. Quelles sont les principales innovations ? Les articles verrouillés seront- ils touchés? Qu’en sera-t-il de la forme de l’État, du mandat du président de la République et du mode de son élection?
Quel sort sera réservé aux institutions telles que le Sénat, le Conseil économique et social, et les institutions d’appui à la démocratie ?
Sous l'ère de la Kabilie,la population s’était catégoriquement opposée à la volonté de M. Kabila de réviser la constitution dans le sens d’aller au-delà de deux mandats, comme l’interdit la loi des lois.
La population va-t-elle s’attacher aux acquis auxquels elle s’en tient ou va-t-elle accepter un recul de la démocratie ?
Débat très houleux
Le débat s’annonce déjà très houleux. En principe, le problème ne doit pas se poser si les uns et les autres ont la liberté de s’exprimer pour défendre leur position. Le peuple a besoin d’un débat objectif et transparent. En cas de référendum, la Commission électorale nationale indépendante devrait jouer son rôle de l’église au milieu du village, pour éviter des contestations qui aboutissent généralement à des convulsions et des morts inutiles. Tel est le vœu des citoyens lambda. Mais les responsables de la centrale électorale pourront-ils s’affranchir de leur attache politique ou tribale ? That is the question comme disent les Anglais.
En principe, la RDC n’a pas besoin de déchirures internes en ce moment crucial où des pans entiers du pays échappent au pouvoir de Kinshasa. Toute l’attention aurait dû être centrée sur cette épineuse question sécuritaire. Malheureusement, les politiciens congolais ont une raison que la raison elle - même ne connaît pas. Seul Dieu sait ce qu’il adviendra de ce bras de fer.
Muke MUKE