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Clôture des États généraux de la justice : Félix Tshisekedi s’engage à impulser des réformes radicales
Le Président Félix Tshisekedi a clôturé, le samedi 16 novembre, les états généraux de la justice, après en avoir lancé les travaux dix jours plus tôt, sous le thème « Pourquoi la justice congolaise est-elle malade ? Quelle thérapie face à cette maladie ? ». Organisé au Centre financier de Kinshasa, cet événement avait pour objectif de dresser un état des lieux du système judiciaire congolais, de recenser ses maux et de proposer des solutions adaptées.
En tant que garant de la Constitution et magistrat suprême, Félix Tshisekedi a réaffirmé son engagement envers une réforme profonde et durable du système judiciaire congolais. Ce, dans le but de transformer des institutions de manière à avoir un impact concret sur le quotidien des Congolais.
» Il n’est plus question de satisfaire des solutions superficielles, j’insiste, il nous faut des réformes courageuses, des mesures radicales qui transformeront nos institutions de manière durable et qui impacteront positivement le comportement. En tant que garant du bon fonctionnement des institutions et magistrat suprême, j’affirme mon engagement personnel à accompagner la mise en œuvre idoines des recommandations issues des états généraux de la justice. Cette volonté de réforme incarne une priorité nationale nécessitant une mobilisation sans faille », a déclaré le chef de l’État Félix Tshisekedi.
Une Justice au Service du Peuple
Félix Tshisekedi a mis l’accent sur la nécessité d’un accompagnement efficace de la mise en œuvre des recommandations issues des états généraux. À cet effet, Il a assuré que le gouvernement mettrait en place des mesures concrètes, notamment des directives claires pour allouer les ressources matérielles et financières nécessaires.
Pour lui, la justice ne doit pas seulement être un principe abstrait, mais une réalité vécue par tous.
» Dans cette perspective, le gouvernement recevra des directives claires pour déployer les ressources matérielles et financières indispensables au succès des réformes préconisées afin de garantir des résultats concrets et durables pour notre nation. Je souhaite véritablement que chaque citoyen congolais où qu’il se trouve ressente le changement qui s’annonce dans notre système judiciaire. La justice est le socle de la stabilité de notre nation, le ciment de la paix sociale et le garant de notre unité nationale « , a-t-il souligné.
Le président de la république a également salué les contributions des partenaires internationaux et de tous ceux qui ont pris part à cette démarche historique. Selon lui, ces travaux ont jeté les bases d’une justice renouvelée et robuste en République Démocratique du Congo.
» Bien que la tâche soit vaste, elle reste à notre portée par notre unité et notre volonté inébranlable « , a-t-il précisé, appelant à une mobilisation collective pour garantir la réussite de cette entreprise.
En outre, le président Tshisekedi a lancé un appel à la justice qui protège les droits de tous les citoyens congolais, sans distinction. Il a insisté sur la nécessité de réviser les cadres législatifs afin d’adapter la législation congolaise aux normes internationales et aux attentes des citoyens en matière de justice.
» Une justice qui protège les droits de tous, à la révision des cadres législatifs sur la justice, à la formation continue pour les magistrats, à la lutte acharnée contre la corruption et aux décisions de justice rendues dans les délais légaux « .
Des voix discordantes sur l’organisation des États Généraux
Cependant, ces états généraux de la Justice n’ont pas été exempts de critiques. Plusieurs syndicats de magistrats ont exprimé leurs réserves concernant l’organisation de l’événement. Dans un communiqué daté du 11 novembre 2024, quatre syndicats, à savoir le Syndicat national des magistrats du Congo (Synamac), Justice indépendante (Jusi), le Syndicat chrétien des magistrats au Congo (Sychremac) et le Syndicat des magistrats du Congo (Symco), ont dénoncé des irrégularités dans le processus.
Les syndicats ont critiqué l’absence d’acteurs importants , tels que le Conseil supérieur de la magistrature, dans l’organisation des états généraux. De plus, ils ont soulevé des préoccupations concernant la qualité des débats, pointant la présence de plus de 3 500 participants dont des étudiants et militants politiques, ce qui, selon eux, risquait de diluer la pertinence des discussions.
Ils ont aussi déploré des conditions logistiques inadéquates, notamment en ce qui concerne l’accueil des magistrats venus des provinces, et ont exprimé des doutes sur la transparence de l’organisation, notamment en ce qui concerne le secrétariat technique de l’événement.
Ces travaux font écho aux états généraux de 2015, organisés sous la présidence de Joseph Kabila. À l’époque, les ambitions de réforme avaient été freinées par l’absence de volonté politique et de moyens financiers. Félix Tshisekedi a assuré que ces erreurs ne se répétront pas, insistant sur la nécessité d’une mobilisation nationale pour appliquer les résolutions adoptées.
Christian-Timothée MAMPUYA