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A CAUSE DES DYSFONCTIONNEMENTS JUGES GRAVES, Kasaï : les activités de l'Université officielle de Mweka suspendues
* Kinshasa acte une rupture face à une crise systémique interne
La décision est sans précédent dans l'espace académique du Kasaï. Par un arrêté officiel du 31 mars 2026, le ministère de l'Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations a ordonné la suspension immédiate et jusqu'à nouvel ordre de toutes les activités académiques et administratives au sein de l'Université officielle de Mweka.
Cette mesure radicale intervient dans un contexte de détérioration prolongée du climat interne de l'établissement. Selon des sources au sein de ministère de l'Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations, l'université faisait face, depuis plusieurs mois, à une accumulation de dysfonctionnements graves, tant sur le plan administratif que pédagogique.
SITUATION DE BLOCAGE TOTAL DES ACTIVITES
Des tensions internes persistantes, des accusations de mauvaise gouvernance, ainsi que des contestations répétées du personnel académique, des agents administratifs et des étudiants ont progressivement fragilisé le fonctionnement de l'institution.
Les autorités évoquent une situation de blocage quasi total des activités, caractérisée notamment par des perturbations dans l'organisation des cours, des retards dans les programmes académiques, ainsi qu'un climat social délétère marqué par la défiance généralisée entre les différentes composantes de la communauté universitaire. À cela s'ajouteraient des irrégularités dans la gestion administrative et financière, bien que les contours précis de ces griefs restent à documenter officiellement.
Face à cette crise multiforme, le gouvernement central a opté pour une mesure qualifiée " d'exceptionnelle ", estimant qu'elle constitue un préalable indispensable à toute tentative de redressement structurel. L'objectif affiché est double : stopper l'aggravation de la situation et créer les conditions d'une réforme en profondeur du fonctionnement de l'université.
Dans la foulée de cette suspension, une mission d'enquête a été dépêchée sur place à Mweka. Composée d'experts du secteur de l'enseignement supérieur, cette équipe est chargée d'établir un état des lieux exhaustif de la situation. Elle devra notamment identifier les responsabilités, évaluer l'ampleur des dysfonctionnements et formuler des recommandations opérationnelles pour une relance durable des activités académiques.
Cette démarche s'inscrit dans une logique de réhabilitation institutionnelle, alors que Kinshasa affiche sa volonté de remettre l'établissement en conformité avec les normes nationales en matière de gouvernance universitaire, de qualité de l'enseignement et de gestion administrative.
UN APPEL A LA RETENUE ET À LA DISCIPLINE
Pendant toute la durée de la suspension, le ministère appelle l'ensemble des parties prenantes : enseignants, personnel administratif et étudiants...à faire preuve de retenue et de discipline. Aucune activité académique ou administrative ne pourra être menée sans autorisation préalable des autorités compétentes.
Ce temps d'arrêt est ainsi présenté comme une phase transitoire, destinée à préparer des réformes susceptibles de restructurer en profondeur l'université. Des sources proches du dossier laissent entendre que des décisions majeures pourraient être prises à l'issue des conclusions de la mission d'enquête, incluant éventuellement un renouvellement de l'équipe dirigeante ou une refonte du dispositif de gestion.
Pour Kasaï, cette décision pourrait avoir des répercussions significatives sur l'accès à l'enseignement supérieur, au moment où la demande éducative ne cesse de croître. Elle constitue également un signal fort envoyé par les autorités centrales quant à leur volonté de renforcer la rigueur et la qualité dans le secteur universitaire. Dans l'attente des conclusions de l'enquête en cours, les activités de l'Université officielle de Mweka restent à l'arrêt, suspendue à des décisions qui pourraient redéfinir durablement son avenir institutionnel.
Félix MULUMBA Kalemba