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À CAUSE DE LA TÊTE D'ÉROSION MENAÇANT LE COMPLEXE SCOLAIRE, Kananga : plus de 15.000 élèves de l'Athénée Royal de Kamayi toujours délocalisés
À Kananga, le retour à la normale se fait toujours attendre à l'Athénée Royal de Kamayi. Plus de 15 000 élèves de ce complexe scolaire restent délocalisés, alors que les travaux de réfection engagés depuis plusieurs années demeurent à l'arrêt. Cette situation ravive les inquiétudes au sein de la communauté éducative du Kasaï-Central.
L'établissement, qui devait accueillir à nouveau ses élèves, présente encore les signes visibles d'un chantier inachevé, faisant planer une grande incertitude sur sa réouverture effective.
La délocalisation des élèves dure depuis près de trois ans.
Une période jugée particulièrement longue par plusieurs acteurs éducatifs et politiques. Le député national Marcel Tshipèpèle Ntumba s'était rendu dans l'enceinte de l'Athénée Royal de Kamayi en janvier 2026 pour constater l'état du chantier. À l'issue de cette visite, il avait dénoncé l'arrêt des travaux et annoncé son intention de saisir la ministre d'État en charge de l'Éducation nationale, Raïssa Malu, afin d'obtenir la relance du projet.
« Trois ans, c'est trop. Il est temps qu'ils regagnent leurs écoles respectives », avait-il déclaré.
Pour les parents et les élèves, le problème ne se limite plus à un simple retard administratif. Il touche désormais directement aux conditions d'apprentissage, à la stabilité du parcours scolaire et à l'avenir de milliers d'enfants.
DES CONDITIONS D'APPRENTISSAGE DEVENUES PRÉOCCUPANTES
En attendant la réhabilitation de leur établissement, les élèves poursuivent les cours dans différents sites de délocalisation, dans des conditions d'apprentissage très préoccupantes. Selon plusieurs témoignages, cette situation entraîne des difficultés liées à l'organisation des enseignements, à la surcharge des structures d'accueil et aux déplacements supplémentaires imposés aux familles.
Le maintien de cette délocalisation pendant une période aussi longue alimente également les interrogations sur le calendrier réel de reprise des travaux et sur les mesures envisagées par les autorités pour permettre aux élèves de retrouver leur école.
À l'arrêt du chantier s'ajoute une autre source de préoccupation : l'avancée des érosions dans le quartier Kamayi. Des têtes d'érosion sont déjà visibles à proximité du complexe scolaire et auraient déjà englouti plusieurs habitations dans le secteur. L'évolution de ces ravins représente un risque supplémentaire pour les infrastructures de l'établissement.
La sécurisation du site apparaît donc comme une condition indispensable non seulement pour achever les travaux de réfection, mais aussi pour garantir la sécurité des élèves et du personnel lorsque l'école pourra reprendre ses activités.
En juin 2024, le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu, avait effectué une visite du chantier et annoncé une livraison des installations pour juillet 2024, en vue de la rentrée scolaire suivante. Deux ans après cette échéance, le complexe scolaire n'a toujours pas rouvert ses portes aux milliers d'élèves concernés.
À ce jour, aucune nouvelle date officielle de livraison ou de réouverture n'a été communiquée par les autorités compétentes.
Félix MULUMBA