Dernière minute
Société
Dans le cœur battant de Kinshasa, la lutte contre les inondations gagne du terrain. Dans le regroupement communal de la Funa, les travaux de construction des murs de soutènement le long de la rivière Kalamu affichent désormais un taux d’exécution de 80 %, signe d’une avancée significative vers…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
La République du Honduras a décidé de suspendre sa reconnaissance de la pseudo "rasd".
Cette décision a été communiquée à M. Nasser Bourita, ministre des Affaires…
Nation
Un débat politique et diplomatique aux contours sensibles agite la scène congolaise depuis l’annonce de discussions entre Kinshasa et Washington sur l’accueil temporaire de migrants afghans, dont…
Campagne précoce : des candidats aux élections du 20 décembre défient la Ceni et le CSAC
A dix jours de la campagne électorale, de nombreux candidats sont déjà dans la course. Plusieurs ont quitté leurs starting-blocks, et d’autres ont amorcé le sprint avant même d’entendre le coup d’envoi officiel de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui a fixé au 19 novembre le démarrage de la campagne. Au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), on s’indigne d’assister à cette campagne précoce qui prend de l’ampleur au fur et à mesure qu’on s’approche du jour ‘‘J’’.

Dans les grands carrefours de la capitale tout comme dans les principales artères de la ville, des candidats au scrutin du 20 décembre prochain ont pris d’assaut les panneaux publicitaires. Déterminés à conquérir leur électorat avant la campagne électorale proprement dite, ils ont déployé leurs banderoles, calicots… et affiches sur la place publique pour être mieux vus et lus.
Sur tous ces supports de communication, leurs effigies sautent aux yeux avec, bien souvent, une photo en arrière-plan de l’autorité morale de leur parti et plus particulièrement le portrait de leur candidat à la présidentielle. A Kinshasa, la quasi-totalité de panneaux géants occupés par des candidats déclarés s’affichent avec la photo du chef de l’Etat, candidat à sa propre succession.
La Majorité en avance ?
«Pour la plupart des candidats de la Majorité, les illustres inconnus quadrillent la ville par leurs portraits géants avec des messages du genre : ‘‘… soutient le 2ème mandat du chef de l’Etat’’ ou ‘‘Serviteur des autres, Code d’accès ya Mont-Amba’’ ou encore ‘‘Voici l’homme valable’’…», commente un Kinois, obnubilé par l’affluence des panneaux géants au parfum électoral tout le long des avenues By Pass et Sefu, qui s’étend de Lemba Foire à Lemba Terminus, en passant par Super Lemba. La Majorité est-elle en avance? Tout Kinois qui circule dans sa ville peut répondre.
Si, subtilement, certains postulants aux élections combinées du 20 décembre dissimulent leurs numéros, préférant maintenir leurs slogans de campagne et leurs fiefs électoraux, d’autres, par contre, dégainent, sans crainte de sanction. Au terminus de Salongo ‘‘Chez les Copains’’, à Lemba, un candidat a carrément planté sa pancarte avec, à la fois, son effigie, son numéro attribué par la Ceni, son fief électoral et son slogan de campagne.
Affluence vers les réseaux sociaux
D’autres candidats font déjà diffuser leurs chants et spots de campagne sur les réseaux sociaux, injectant parallèlement leurs affiches avec tous les indicateurs d’identification. Les moins nantis propagent, par sms, leurs noms, numéros et circonscriptions électorales, tout en les accompagnant d’un appel au vote. «Il s’agit ici des candidats qui battent pavillon pour l’Union sacrée, au pouvoir, et aussi pour d’autres formations de l’opposition. Même les indépendants, qui postulent à la députation nationale ou provinciales ou encore pour les communales, recourent à cette pratique, jugée peu coûteuse, mais efficace», nous souffle un passager dans un taxi.
Pour nombre de candidats de l’Opposition, retenus pour la course présidentielle, les tournées interprovinciales et les meetings sont utilisés sciemment pour sensibiliser les foules sur les motivations de la candidature et dévoiler un pan du programme électoral. Interrogés, ces leaders politiques réfutent généralement qu’ils sont en campagne et qualifient leurs tournées ‘‘d’activités normales du parti’’.
«Certains utilisent des fonds publics pour battre une campagne précoce. D’autres, par contre, plus fortunés, écrasent pratiquement leurs adversaires, sur le terrain avec des actions qui devraient, en principe, se dérouler durant la campagne électorale», déplore, à cet effet, un collectif d’organisations de la Société civile.
Violation de la Loi électorale
«Pourtant, proteste un membre de ce collectif, l’article 28 de la Loi n°22/029 du 29 juin 2022 modifiant et complétant la loi n°06/006 du 9 mars 2006, portant mesure d’application de la Loi électorale, stipule que la campagne électorale est autorisée trente jours au maximum avant la date du scrutin et se termine vingt-quatre heures avant cette date. Et le calendrier électoral de la RDC fixe la période de campagne électorale du 19 novembre au 18 décembre 2023 pour les élections générales à venir. Avant cette période, toute campagne électorale est illégale».
«Généralement, argumente notre interlocuteur, l’article 80 de la loi précitée prévoit des amendes allant de 200.000 à 2.000.000 de francs congolais pour toute personne qui s’engage dans une campagne électorale en dehors de la période légale».
Sonnette d’alarme
Tirant la sonnette d’alarme, plusieurs acteurs de la Société civile invitent le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, à faire respecter les dispositions légales et réglementaires. Ils interpellent également la CENI et le CSAC pour qu’ils appliquent et fassent appliquer ‘‘les dispositions légales et réglementaires rélatives à la campagne électorale’’.
Ils appellent, en outre, les candidates et candidats qui violent les dispositions légales et réglementaires du processus électoral en RDC, à ‘‘respecter le calendrier électoral qui détermine la période et la durée de la campagne, soit un mois avant les scrutins’’.
De passage hier mardi sur les antennes de la radio Top Congo, le président du CSAC, Christian Bosembe, a reconnu et déploré ce dérapage qui, selon lui, relève de l’indiscipline des hommes politiques qui violent à dessein la Loi électorale. Il promet de solliciter l’intervention du VPM en charge de l’Intérieur pour qu’ils fassent ‘‘descendre’’ les bâches des candidats déployées sur la place publique. YKM