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Bombardement du camp des déplacés DE Mugunga : La RDC menace de se retirer du processus de Luanda
Dans la foulée de la condamnation du bombardement du camp de déplacés de Mugunga à Goma, le gouvernement congolais hausse le ton contre son voisin le Rwanda. Dans son communiqué du 6 mai courant, Kinshasa indique se « réserver le droit de tirer toutes les conséquences » sur sa participation au processus de paix de Luanda, après cette nouvelle attaque attribuée aux rebelles du M23 et à l’armée rwandaise.
Ces bombardements délibérés contre des civils ont fait déborder le vase. Agacé, Kinshasa songe à revoir sa participation au processus de paix,si seulement si,le Rwanda ne met pas un terme à ses agissements. Par ailleurs, il appelle le facilitateur à » prendre ses responsabilités » face aux manquements du M23 et du Rwanda à ses engagements de retrait militaire et de cessez-le-feu.
» Le Gouvernement de la République démocratique du Congo se réserve le droit de tirer toutes les conséquences sur le processus de Luanda et en appelle au facilitateur de prendre toutes les responsabilités quant à ce « , peut-on lire dans ce communiqué parvenu à la rédaction de Forum des As.

Le pays de Félix Tshisekedi souligne l’urgence pour la communauté internationale de prendre des sanctions politiques et économiques significatives afin de contraindre le Rwanda à abandonner ses actions « terroristes » et « meurtrières » sur le territoire congolais.
LA CONTINUITÉ D’UNE SÉRIE D’ATTAQUES CONTRE LA POPULATION CIVILE
D’après le gouvernement congolais, ces attaques font partie d’une série de bombardements perpétrés ces trois derniers mois par l’armée rwandaise, visant des cibles civiles dans le but évident de semer la terreur parmi une population déjà meurtrie.
Les précédentes attaques incluent notamment le bombardement à côté d’une école primaire à Mugunga le 2 février 2024, le bombardement d’un marché et d’un camp de déplacés à Nzulo le 7 février 2024, l’attaque de l’aéroport international de Goma par des drones rwandais le 17 février 2024, le bombardement ciblant des civils à Sake le 22 février 2024, et le bombardement ciblant des civils à Nzulo à l’ouest de Goma le 18 mars 2024.

Alors que le Rwanda continue de nier sa responsabilité, la RD Congo affirme que cinq bombes ont été lancées à partir de Karuba, une localité contrôlée par l’armée rwandaise, visant délibérément des civils déjà éprouvés par les violences.
» Cinq bombes ont été tirées, le 03 mai 2024, à partir de Karuba, localité située dans les hauteurs de Kiroche sous contrôle de l’armée rwandaise, pour atteindre le camp des déplacés de Mugunga dans la ville de Goma « , confirme le gouvernement congolais.
LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS CONDAMNE
Il s’agirait selon la RDC d’actes délibérés visant à semer la terreur parmi les populations civiles congolaises déjà durement touchées par le conflit. Le gouvernement congolais condamne fermement ces « crimes de guerre » et assure vouloir protéger les déplacés victimes de ces bombardements.
» Le Gouvernement de la République démocratique du Congo condamne avec la dernière énergie cet acte terroriste qui illustre la volonté claire du Rwanda de poursuivre ses actes constitutifs de crimes de guerre commis sur le territoire congolais» , dénonce-t-il.
GUERRE D’AGRESSION
Au-delà de la violation du droit international humanitaire, la RDC estime que ces attaques demontrent le refus du Rwanda de se conformer aux appels répétés de la communauté internationale à un cessez-le-feu et au retrait de ses troupes du sol congolais. Kinshasa parle désormais ouvertement d’une « guerre d’agression » menée par le régime de Kigali contre son territoire.
» Ces actes, outre qu’ils violent le droit international humanitaire, traduisent non seulement le refus du Rwanda d’obtempérer aux injonctions de la communauté internationale de cessez-le-feu et de retirer ses troupes de la République démocratique du Congo mais aussi sa volonté claire de poursuivre la guerre d’agression contre la RDC rejetant ainsi toute initiative de règlement de conflit par la voie pacifique « , constate lle communiqué.
LA RDC PROMET DES REPRÉSAILLES
Dans ce même communiqué, Kinshasa annonce avoir pris des « mesures urgentes » pour renforcer la sécurité des camps de déplacés dans l’Est du pays et reprendre les territoires occupés par l’armée rwandaise.
Elle promet aussi « une réponse appropriée » à ceux qui s’en prennent aux populations civiles « au mépris des droits humains« , affirmant qu’ils devront répondre de leurs actes « devant la justice internationale« .
Cet appel aux sanctions renforce la pression sur Kigali, accusé de longue date de déstabiliser l’Est de la RDC. Mais obtiendra-t-il une réponse à la hauteur des attentes de Kinshasa ? Pour l’heure, la communauté internationale s’est contentée de condamner cette attaque sans pourtant prendre des sanctions contre ses auteurs. Notamment la coalition RDF-M23.
Christian-Timothée MAMPUYA