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"Nous n'aurons pas peur de défendre le principe de la reddition de comptes face aux fauteurs de troubles qui menacent la paix" a déclaré Tammy K. Bruce
Les États-Unis ont réaffirmé devant le Conseil de sécurité des Nations Unies leur détermination à faire appliquer les Accords de Washington et à poursuivre en justice les acteurs qui compromettent les efforts de paix dans la région des Grands Lacs. Cette position a été exprimée alors que, plus d'un an après leur signature, ces accords peinent encore à produire des résultats concrets dans l'est de la République démocratique du Congo.
Présidant la 10 201ème séance du Conseil de sécurité de l'Onu consacrée au règlement pacifique des différends, au nom de la RDC qui assure la présidence tournante du Conseil pour le mois de juillet, la ministre d'État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a conduit des échanges axés sur les mécanismes diplomatiques de prévention et de résolution des conflits.
La représentante adjointe des États-Unis auprès des Nations Unies, Tammy K. Bruce, a réaffirmé que l'administration américaine demeure pleinement engagée dans la mise en œuvre des Accords de Washington ainsi que du processus de Doha.
" En République démocratique du Congo, les Accords de Washington ont ouvert la voie à la paix et à la prospérité pour la RDC, le Rwanda et l'ensemble de la région des Grands Lacs. Nous demeurons attachés à la mise en œuvre de tous ces accords, ainsi qu'au volet de Doha, et nous n'aurons pas peur de défendre le principe de la reddition de comptes face aux fauteurs de troubles qui menacent la paix. Nos actions du mois dernier l'ont démontré ", a déclaré Tammy K. Bruce.
RÈGLEMENT PACIFIQUE DES DIFFÉRENDS COMME PRINCIPE FONDAMENTAL
La diplomate américaine a également rappelé que la Charte des Nations Unies fait du règlement pacifique des différends un principe fondamental des relations internationales, tout en regrettant que certains États et groupes armés continuent de s'en affranchir.
"La Charte des Nations Unies prévoit le règlement pacifique des différends, notamment au moyen des mécanismes présentés au chapitre VI. Dans bien des cas, certains États membres et des acteurs non étatiques méprisent cet appel et se livrent à des activités qui entravent la paix. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, souhaitent œuvrer au règlement pacifique des différends ", a-t-elle affirmé.
Au-delà de l'application des accords conclus entre Kinshasa et Kigali, Washington estime que la diplomatie préventive doit rester au cœur des efforts internationaux. La responsable américaine a ainsi insisté sur le rôle des bons offices du Secrétaire général des Nations Unies dans l'accompagnement des initiatives de médiation.
"Les États-Unis prennent les rênes des efforts déployés à l'échelle mondiale et ici, à l'Onu, afin de régler pacifiquement les différends. À ceux qui souhaitent miner la Charte des Nations Unies, nous lançons un appel à changer de cap, car nous méritons tous mieux. Nous le savons : défendre la Charte des Nations Unies et revenir à ses principes fondamentaux est la seule voie susceptible de nous conduire à la paix, à la sécurité et à la prospérité ", a ajouté Tammy K. Bruce.
PLUS D'AN APRÈS, LE BILAN DEMEURE CONTRASTÈ
Malgré ces engagements diplomatiques, le bilan des Accords de Washington demeure contrasté. Plus d'un an après leur signature par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, en présence du président américain Donald Trump, les affrontements persistent dans plusieurs localités de l'est du pays, tandis que la mise en œuvre des engagements accumule des retards significatifs.
Les divergences entre les parties continuent de freiner l'exécution des dispositions convenues. Kinshasa maintient ses accusations contre Kigali qu'elle tient pour responsable de l'instabilité dans la partie orientale du pays en soutenant le M23, alors que les opérations destinées à neutraliser les FDLR progressent lentement. Cette lecture différente des obligations de chaque partie entretient les blocages et nourrit les incertitudes sur l'avenir du processus.
En parallèle, le processus de Doha n'a pas encore permis d'inverser durablement la dynamique sécuritaire. Les partenaires régionaux et internationaux multiplient les appels au respect des engagements, mais les avancées diplomatiques restent largement en décalage avec la réalité du terrain, où les violences continuent d'affecter les populations civiles.
Dans ce contexte, les déclarations américaines devant le Conseil de sécurité traduisent la volonté de Washington de maintenir la pression sur les acteurs impliqués. Reste désormais à transformer cette détermination politique en avancées concrètes capables de rapprocher la région des Grands Lacs de l'objectif d'une paix durable.
Jérémie ASOKO