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Avancée du M 23 vers Goma : Les Congolais obligés de mettre fin à leur désunion
Selon la Société civile du Nord-Kivu, la situation sécuritaire de cette province demeure toujours fébrile en dépit du cessez-le-feu ordonné par le médiateur Joao Lourenço, le président angolais. Pour preuve, les membres de cette structure citoyenne citent le fait qu’il est constaté sur le terrain un déplacement des éléments de la coalition RDF-M23 qui étaient positionnés dans les environs de Walikale, en direction de Goma en vue de préparer certainement l’attaque de cette ville, considérée comme leur cible idéale. Comme d’aucuns le savent, c’est là que Paul Kagame et ses affidés veulent installer la capitale de leur futur État.
Face à cette menace réelle qui devient de plus en plus grandissante, les Congolais n’ont pas droit à l’erreur. L’heure n’est pas à la désunion et à l’éparpillement des énergies. Ils sont obligés de se souder les coudes s’ils tiennent à faire échec au plan du dictateur du pays de Mille collines. L’exemple des États-Unis où les Démocrates et les Républicains ont coalisé pour vaincre les terroristes islamistes qui menaçaient leur nation, doit leur servir d’exemple. Les deux camps avaient tu leurs divergences politiques pour regarder tous dans la même direction.
Tel n’est pas le cas malheureusement pour les Congolais. À entendre les uns et les autres, on ne sent pas cette union de pensée pour une victoire sur l’ennemi. Chacun est campé dans son camp.
Le pouvoir donne l’impression qu’il n’a pas besoin du concours des autres pour cogiter ensemble en vue d’adopter des stratégies idoines de reconquête des territoires sous occupation. L’idée d’un dialogue national a été rejetée au motif que le pays n’est pas en crise.
REJET DU POUVOIR
De son côté, l’opposition trouve que l’occupation de quelques territoires du pays par la coalition RDF-M23 est un motif de rejet du pouvoir par la population, surtout celle sous la botte de l’ennemi. Dans un tel contexte d’absence de cohésion nationale, comment la RDC peut-elle mettre hors d’état de nuire l’ennemi ?
Le comble est qu’au moment où Kagame et ses supplétifs du M 23 s’attèlent à élargir leurs zones d’occupation, le pays s’est mis sens dessus sens dessous à cause du projet présidentiel de révision ou de changement de la constitution. Les uns et les autres ont carrément oublié dans quel état se trouve le pays aujourd’hui. Toutes les énergies intellectuelles sont aujourd’hui focalisées sur ce débat, en lieu et place des réflexions sur la manière dont Kagame doit être chassé du sol congolais.
Dans ces entrefaites, la coalition RDF-M23 se réjouit suivant la maxime énoncée par Machiavel « Divide et impera » (Divise et règne). Un principe aux antipodes de la devise belge « L’union fait la force ».
Ces terroristes savent pertinemment bien que si les Congolais sont unis, ils sont très forts. La preuve est la suprématie zaïroise dans la région des Grands lacs avant la guerre de l’ AFDL. Aujourd’hui, la RDC est devenue un grand aux pieds d’argile que tous les voisins peuvent ridiculiser quand ils le veulent.
Sortir du bourbier
L’heure ne doit pas être aux jérémiades. Nous nous trouvons dans un bourbier d’où nous sommes obligés de sortir. Pour ce, il importe d’adopter des comportements qui exigent un dépassement de soi, privilégiant l’intérêt supérieur de la nation. À tous ceux qui opposeraient une résistance à la nouvelle ligne de conduite, des sanctions exemplaires devront être prises.
Il faut d’abord cette prise de conscience de la menace de balkanisation qui pèse sur le pays. Nos dirigeants, en commençant par eux, sont invités à être des patriotes modèles qui serviraient de référence aux citoyens lambda. Il est incompréhensible, par exemple, qu’en ce temps de guerre que nous font injustement nos ennemis, certains dirigeants inciviques se permettent de détourner des montants fabuleux destinés aux besoins des troupes au front. Les auteurs d’un tel crime doivent être jugés et condamnés très sévèrement pour haute trahison, afin de dissuader quiconque d’autre serait tenté de commettre pareil délit.
En outre, il est établi qu’il existe des compatriotes qui, poussés par le goût de lucre et d’intérêt mesquin, se sont fait de complices de nos agresseurs. C’est la preuve de manque de nationalisme, dû à un déficit criant de sensibilisation et de moralisation des citoyens à la base.
Les autorités politico-administratives locales ont-elles le souci d’organiser des rencontres avec leurs administrés pour leur inculquer des notions de défense de la patrie ? Nous ne le croyons pas. Plus grave est le cas des politiciens qui, tout en prestant dans les institutions publiques, collaborent avec l’ennemi qui tue leurs concitoyens. C’est inimaginable.
Ainsi, au regard de la position de la coalition RDF-M23, les Congolais doivent sortir de leur torpeur et inconscience et faire coalition autour d’une réelle union sacrée des cœurs pour sortir vainqueur face à l’ennemi.
Muke MUKE