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Assainissement de Kinshasa : Tshisekedi confie au général Kasongo Kabwik la tête d’une task force spéciale
Pour tenter d’endiguer l’insalubrité chronique qui gangrène la capitale congolaise, le président Félix Tshisekedi a nommé, lors de la 91e session ordinaire du Conseil des ministres, le vendredi 29 mai, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik à la tête d’une task force pluridisciplinaire chargée de l’assainissement de Kinshasa. Placée sous l’autorité directe du chef de l’État, cette structure aura pour mission de remettre de l’ordre dans la gestion de la salubrité urbaine à travers la ville.
Le patron du Service national pilotera cette nouvelle équipe constituée d’experts issus des ministères de l’Intérieur, de la Défense, de l’Urbanisme, de la Santé publique, de l’Environnement, des Infrastructures, ainsi que de l’Hôtel de ville de Kinshasa.
Cette décision intervient après plusieurs descentes de terrain menées par Félix Tshisekedi, notamment autour du Marché central (Zando) de Kinshasa, où le chef de l’État a pu constater l’ampleur de la dégradation du cadre urbain. Face à la persistance des immondices, des caniveaux obstrués et de l’occupation anarchique des espaces publics, la présidence de la République a opté pour une méthode plus coercitive, basée sur la « discipline paramilitaire » et la culture du résultat.
Le Président justifie cette nouvelle approche par les limites des mécanismes actuels, évoquant un « manque d’anticipation », des « lenteurs opérationnelles » ainsi qu’un « déficit de discipline » dans l’exécution des politiques publiques d’assainissement.
La task force aura notamment pour mandat d’élaborer un plan permanent d’assainissement, d’identifier les principaux foyers d’insalubrité à travers la capitale et de proposer des mesures contraignantes en matière de discipline urbaine.
Sur le plan politique, cette nomination est déjà perçue comme un signal fort envoyé à l’exécutif provincial. En confiant cette mission directement au lieutenant-général Kasongo Kabwik, Félix Tshisekedi reprend la main sur un dossier jusque-là piloté par les autorités urbaines. Une décision qui ressemble à un désaveu implicite pour le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, confronté depuis son arrivée aux critiques persistantes sur la gestion de la salubrité dans la ville.
Avec ce choix, le chef de l’État affiche sa volonté d’accélérer la transformation qualitative de Kinshasa et de reprendre le contrôle sur l’un des visages les plus visibles de la crise urbaine dans la capitale : l’insalubrité.
Jérémie ASOKO