Dernière minute
Société
L'accès au financement des initiatives culturelles portées par les femmes et leur transformation en entreprises viables ont alimenté les discussions de la troisième édition d'Utajiri Event, organisée dernièrement à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Cette rencontre a placé l'…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Modèle de courage face à l'agression, Mgr Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, ancien archevêque de Bukavu, continue à inspirer nombre de Congolais, trente ans après son assassinat. À l'occasion du…
Étranger
Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan a procédé, samedi à la commune d’Iaâzzanène (province de Nador), au lancement des opérations du premier terminal à conteneurs du port Nador…
Nation
La province du Bas-Uélé fait face à des risques de propagation de la maladie à virus Ebola. Avec 13 cas déjà signalés, les autorités provinciales multiplient les appels à la vigilance et à l'…
ASSAINISSEMENT DE KINSHASA : Task-Force vs Hôtel de ville : les 12 millions USD font exploser les tensions
La bataille pour l'assainissement de Kinshasa prend une tournure de plus en plus embarrassante. Entre les tensions institutionnelles, les déclarations controversées sur les 12 millions de dollars et les accusations faisant planer la menace d'indiscipline militaire, la collaboration entre l'Hôtel de ville et la Task-Force présidentielle semble sérieusement fragilisée. Face à cette escalade, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki tente désormais de désamorcer la crise.
Dans une correspondance officielle datée du 2 novembre 2026, adressée au lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, coordonnateur de la Task-Force présidentielle d'assainissement et de salubrité, le gouverneur adopte un ton conciliant. Une démarche qui intervient après la vive indignation exprimée par le responsable de cette structure à la suite de certaines déclarations attribuées au gouvernement provincial.
Derrière cette tentative d'apaisement se cache toutefois un malaise institutionnel qui mérite une interrogation : comment une initiative présidentielle censée renforcer l'assainissement de Kinshasa a-t-elle pu devenir le théâtre d'un affrontement entre structures publiques ?
12 MILLIONS USD : L'ARGENT AU CŒUR DE LA DISCORDE
La question du financement apparaît comme l'un des principaux points de crispation. Les déclarations relatives aux ressources financières attribuées à la Task-Force ont provoqué une réaction particulièrement ferme de son coordonnateur, qui y voit notamment une remise en cause de l'action de sa structure.
Dans sa réponse, Daniel Bumba tente de dissocier le débat sur la gestion des financements de toute accusation d'incitation à l'indiscipline militaire. Selon lui, les prises de parole sur les questions financières ne peuvent être automatiquement assimilées à une incitation à commettre des actes répréhensibles.
Une mise au point qui ressemble également à une tentative de ramener le débat sur le terrain institutionnel et juridique, alors que la précédente correspondance du général Kasongo Kabwik faisait référence à l'article 88 du Code pénal militaire.
Mais une question demeure : pourquoi la gestion des ressources destinées à l'assainissement de la capitale suscite-t-elle autant de tensions au point de faire intervenir la question de la discipline militaire ?
ENTRE L'HÔTEL DE VILLE ET LA TASK-FORCE, QUI FAIT QUOI ?
Daniel Bumba rejette également toute idée de compétition avec le Service national. Il rappelle que les deux institutions ont déjà collaboré sur plusieurs initiatives et que leur complémentarité devrait constituer un atout pour Kinshasa.
Cependant, derrière cet appel à la collaboration, se pose un véritable problème de coordination. La multiplication des structures intervenant dans l'assainissement de la capitale, sans clarification suffisamment visible de leurs responsabilités respectives, risque de transformer une mission d'intérêt public en une bataille de compétences et de positionnement.
L'assainissement de Kinshasa ne devrait pourtant pas devenir un terrain de confrontation entre responsables publics. Alors, on se pose cette question cruciale : entre l'Hôtel de ville et la Task Force, qui fait quoi?
BUMBA TEND LA MAIN, MAIS LES KINOIS ATTENDENT DES COMPTES !
Pour sortir de l'impasse, le gouverneur propose une rencontre avec le coordonnateur de la Task-Force afin de clarifier les incompréhensions et de définir les modalités d'une collaboration plus efficace.
Cette initiative est certes bienvenue, mais elle ne suffit pas à faire disparaître les interrogations soulevées par cette polémique. Les Kinois ne demandent ni une guerre de correspondances, ni une démonstration d'autorité entre responsables institutionnels. Ils veulent comprendre comment les ressources annoncées sont mobilisées, quels résultats sont obtenus et qui doit effectivement répondre des insuffisances constatées sur le terrain.
Douze millions de dollars, plusieurs institutions mobilisées et une capitale toujours confrontée à d'immenses défis de salubrité : le véritable scandale serait que les querelles de responsabilités finissent par prendre le dessus sur les résultats.
À Kinshasa, la bataille de la propreté ne doit pas se transformer en bataille d'ego. Les immondices, elles, n'attendent pas la fin des négociations institutionnelles. Elles ne font que s'amasser chaque jour qui passe !
César IPOKA