Dernière minute
Société
Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
La République du Honduras a décidé de suspendre sa reconnaissance de la pseudo "rasd".
Cette décision a été communiquée à M. Nasser Bourita, ministre des Affaires…
Nation
En séjour officiel à Kananga, la ministre nationale du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a présidé hier mercredi 22 avril la cérémonie nationale de clôture du mois dédié aux droits…
Arrestation de Delly Sesanga: Katumbi, Mukwege et Fayulu s’insurgent contre la répression de la défense constitutionnelle
L’arrestation de Delly Sesanga, président du parti Envol, lors d’une manifestation pacifique contre la révision de la Constitution, a suscité un tollé parmi les figures de l’opposition congolaise. Plusieurs leaders politiques ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils perçoivent comme un durcissement de l’autoritarisme sous le régime de Félix Tshisekedi, dénonçant une criminalisation de la défense des acquis démocratiques du pays.
Le président du parti Ensemble pour la République, Moïse Katumbi critique vivement cette arrestation. Sur X (anciennement Twitter), Katumbi a dénoncé une « dérive totalitaire » du régime, arguant que défendre la Constitution est désormais perçu comme un acte de subversion.
Il a exhorté le président Tshisekedi à libérer Delly Sesanga et les autres militants interpellés. Selon lui, cette répression s’inscrit dans une stratégie de pouvoir visant à étouffer la dissidence avant un éventuel changement constitutionnel qui pourrait permettre à Tshisekedi de prolonger son mandat.
« Persécuter les opposants pour changer la Constitution en vue de conserver le pouvoir est une erreur tragique qui emporte toutes les dictatures« , a déclaré Katumbi. Il a mis en garde contre les conséquences de cet « autoritarisme« , soulignant que la stabilité du pays repose sur le respect des principes démocratiques.
Denis Mukwege : » Ne touchez pas à nOtre Constitution «
Le lauréat du prix Nobel de la paix, Dr. Denis Mukwege, a également exprimé sa « profonde indignation » suite à l’arrestation de Delly Sesanga. Il a rappelé que la Constitution de 2006, adoptée après un référendum populaire, est un « pacte républicain » fondamental qui garantit les droits et libertés du peuple congolais. Selon Mukwege, toute tentative de la modifier dans le but de prolonger le mandat présidentiel est un affront à la démocratie.
« Les Congolais ont soif de liberté, de démocratie et de paix et n’accepteront pas un nouveau déni démocratique« , a affirmé Mukwege, ajoutant que le peuple congolais ne tolérera pas un retour à un régime autoritaire. Il a conclu son message par un appel au respect de l’article 64 de la Constitution, qui enjoint les Congolais à défendre le régime constitutionnel en cas de violation.
Martin Fayulu interpelle le pasteur Roland Dalo
Martin Fayulu, président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDE), a également réagi en condamnant ce qu’il qualifie de « répression brutale » à l’encontre des manifestants pacifiques.
Sur X, Fayulu a fustigé l’arrestation de Sesanga et d’autres militants, accusant le régime Tshisekedi de sombrer dans la dictature pour se maintenir au pouvoir. Il a lancé un appel au pasteur Roland Dalo, figure influente de l’église Philadelphie, à laquelle appartiennent Tshisekedi et Fayulu, lui demandant de rappeler le président « à l’ordre et à l’humilité« .
« J’en appelle au pasteur Roland Dalo pour rappeler à Félix Tshisekedi que l’orgueil et l’arrogance mènent inévitablement à la chute« , a-t-il souligné, ajoutant que le second mandat de Tshisekedi devrait être son dernier.
Libération de Delly Sesanga et critiques sur le recours à la force
Après plusieurs heures de détention, Delly Sesanga et d’autres manifestants ont été relâchés. Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a commenté l’incident, précisant que la manifestation n’avait pas été autorisée et que des efforts seront déployés pour éviter de futures violences.
« Nous regrettons qu’on en soit arrivé à des voies de fait. L’idéal est d’annoncer pour que les dispositions soient prises« , a-t-il déclaré à Radio Top Congo, rappelant que les autorités sensibilisent les forces de l’ordre à respecter les droits des citoyens.
Un contexte de tension autour de la révision constitutionnelle
Ces interpellations interviennent dans un climat de méfiance entre le gouvernement et l’opposition, alors que la question de la révision constitutionnelle fait débat.
L’opposition soupçonne le régime de vouloir modifier l’article 220 de la Constitution, qui limite le nombre de mandats présidentiels. La société civile, par la voix de nombreuses organisations, a rejoint le mouvement de protestation pour préserver le cadre démocratique et éviter une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’un seul homme.
Un appel à la mobilisation pour le respect de la Constitution
Le collectif d’opposants appelle désormais à une mobilisation nationale et internationale contre toute tentative de modification de la Constitution. Un grand rassemblement est prévu le 16 décembre 2024 pour commémorer le référendum constitutionnel de 2005 et défendre le cadre institutionnel actuel.
Selon l’opposition, l’enjeu est de taille : il s’agit de défendre les valeurs démocratiques pour lesquelles des générations de Congolais se sont battues et de s’assurer qu’aucun président ne puisse s’arroger un pouvoir sans limite.
Christian-Timothée MAMPUYA