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Après l’Est et le Nord-est, voici l’ »équation » Ouest
* A quelques mois du go des opérations électorales, le Gouvernement appelé à tout mettre en œuvre pour évacuer cette hypothèque naissante.
L’insécurité en RD Congo a l’effet d’un cancer. La métaphore ne devrait pas s’arrêter là. Après les provinces de l’Est (Nord-Kivu et Sud-Kivu) et du Nord-est (Ituri), considérées, non sans raison, comme l’épicentre de l’instabilité de la RD Congo, voici le nouveau front Ouest qui, aux yeux de nombreux observateurs, se présente comme une nouvelle équation à plusieurs inconnues pour les dirigeants du pays.
Secret de polichinelle, depuis début juillet dernier, la situation sécuritaire demeure assez précaire à Kwamouth, dans la province de Maï-Ndombe. En cause, un conflit intercommunautaire opposant les Teke à leurs frères Yaka, a occasionné le décès de plusieurs dizaines de personnes, sauvagement tuées pour la plupart à coup de machette. A ces pertes en vies humaines, s’ajoutent d’importants dégâts matériels. A ce jour, il est hasardeux d’avancer un quelconque chiffre, en termes de bilan exact des personnes tuées dans cette tragédie à la porte de Kinshasa.
Pendant que le sang des victimes de la barbarie de Kwamouth est encore frais, des sources renseignent que des assaillants non encore identifiés, ont mis à feu et à sang une partie de la province voisine du Kwilu. La tragédie se serait produite à Bukusu, localité située à la frontière entre le Kwilu et la province du Kwango.
Sans banaliser la situation de l’Est, il y a lieu de souligner que celle de l’Ouest est perçue dans l’opinion, comme quelque chose de particulier. La spécificité est que cette partie du territoire national rd congolais est l’hinterland de Kinshasa, siège des institutions politiques nationales et de l’administration des entreprises publiques.
A QUELQUES MOIS DES ELECTIONS…
« Le conflit intercommunautaire à Kwamouth, territoire de la province du Mai-Ndombe, présente des indices d’une main noire ». C’est ce qu’a déclaré Daniel Aselo Okito Wa Nkoy, vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, au sortir de la réunion du Conseil de sécurité, présidée hier mardi 27 septembre par le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde.
Selon le patron de la Territoriale, le conflit intercommunautaire dans le Maï-Ndombe, avec comme épicentre la cité de Kwamouth, s’est finalement métastasé. Des villages environnants ne sont plus épargnés. Y compris la Route nationale n°17 (RN17). «Les insurgés retranchés dans la forêt et savane, continuent à perpétrer des actes ignobles contre les populations locales», informe Daniel Aselo qui a appelé les populations locales à plus de vigilance et à la dénonciation des suspects.
Que le VPM, ministre de l’Intérieur, sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières parle d’une main noire dans cette situation, rien de nouveau. Car, avant lui, le Président Félix Tshisekedi, dans une interview accordée le week-end dernier à France 24 et à RFI, l’a aussi dit. Mais le premier à avoir évoqué la thèse d’une main noire dans la situation à Kwamouth, se trouve être Martin Fayulu.
«Je sais que les Yaka et les Teke sont un même peuple et ont toujours vécu en parfaite harmonie. Les actes affreux qui s’y commettent aujourd’hui ne font pas partie de notre culture. C’est pourquoi, j’exhorte les Congolais à la vigilance et surtout, à ne pas céder à une quelconque instrumentalisation ou manipulation qui mettrait à mal la nécessaire concorde nationale», avait déploré le principal opposant à Félix Tshisekedi, dans un message le 24 août dernier.
Par ailleurs, Martin Fayulu, tout en dénonçant la présence des personnes étrangères dans le territoire de Kwamouth, n’avait de cesse de soupçonner une main noire qui serait derrière cette situation d’insécurité. «Il y a quelque chose d’anormal dans cette situation. Beaucoup d’indices semblent nous orienter vers une opération structurée et commanditée de déstabilisation de notre pays. Car, certains villageois confirment la présence des personnes étrangères dans cette région. Il y a une main noire derrière ces actes ignobles en séries», expliquait encore le meilleur perdant de la présidentielle du 30 décembre 2018 dans un autre message adressé à la population congolaise, le lundi 19 septembre.
Ce qu’il faut souligner dans cette situation, est qu’elle se produit dans un contexte où le pays s’apprête à organiser de nouvelles élections générales en 2023. Théoriquement donc, nous en sommes à une année. Si 2023 est l’échéance butoir pour la tenue effective des élections, il y a cependant lieu de rappeler que les opérations pré-électorales, notamment l’enrôlement des électeurs, devront s’effectuer dans un proche avenir, sous réserve de la publication du calendrier électoral par la CENI.
Partant, la situation dans l’Ouest, survenue à quelques mois des élections inquiète. Cela va sans dire. Dès lors, plus d’un Congolais estiment que le Gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour évacuer cette nouvelle hypothèque naissante. Par rapport justement à l’organisation des élections, l’opinion se rappelle que lors des élections de 2018, toutes proportions gardées celles de 2011, plusieurs circonscriptions de l’Est avaient raté le vote à cause de l’insécurité. Dès lors que de nombreuses populations de l’Ouest ont fui leurs villages pour vivre en forêt et se mettre ainsi à l’abri d’éventuelles attaques, il y a lieu de craindre que les mêmes causes de l’Est, ne produisent les mêmes effets dans l’Ouest. Encore que dans la partie Est, la sempiternelle problématique de l’insécurité n’est pas encore totalement résolue. Sinon, rien n’expliquerait le maintien de l’état de siège, instauré depuis plus d’une année dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
POURQUOI N’AVAIT-ON PAS ANTICIPE ?
Blanchis sous le harnais, des analystes sérieux postulent qu’un Etat qui n’anticipe pas les événements, les subit. Par rapport à la situation actuelle dans l’Ouest, pourquoi n’avait-on pas anticipé, quand on sait qu’en 2018, des étrangers se passant pour bouviers, avaient pratiquement parcouru les 3 quarts de l’ex- province du Bandundu, jusqu’e Kenge, dans le Kwango. Ces éleveurs, à défaut d’être étrangers, étaient étranges !
A ce jour, la situation de ces éleveurs doit être tirée au clair. Dès lors que des témoignages concordants renseignent qu’il y a des personnes qui ne parlent aucun dialecte du coin, la thèse d’une infiltration soutenue par Martin Fayulu et reprise par le Président Félix Tshisekedi dans son interview, semble se vérifier.
Tout bien considéré, des observateurs infèrent que l’Etat congolais devrait tout faire pour que la paix soit restaurée dans l’Ouest. Au demeurant, il ne faudrait donc pas que tous ces foyers de tension compromettent les élections prévues en 2023. Sauf s’il y aurait des acteurs tapis dans l’ombre et qui l’entretiendraient pour cette fin. Grevisse KABREL