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Après Kwamouth,le territoire de Bagata à feu !
* Cinq suspects, présumés auteurs des incendies à Bukusu, arrêtés à Fatundu.
Rien ne va plus dans la province du Mai-Ndombe, en proie à une insécurité endémique depuis fin juillet dernier. Après Kwamouth, les assaillants enflamment le territoire de Bagata, dans la province voisine du Kwilu. Premier acte : incendie des maisons et tueries le week-end dernier à Bukusu, localité située à la frontière entre le Kwilu et le Kwango, deux nouvelles provinces issues du démembrement de l’ex-Bandundu.
A en croire des sources concordantes, cinq suspects, présumés auteurs de ces actes criminels, auraient été arrêtés à Fatundu, chef-lieu du secteur de Wamba, dans le territoire de Bagata. Ces derniers seraient également des prétendus tueurs de Kwamouth. Information non confirmée par des sources officielles. Toutefois, le mode opératoire reste le même. Les assaillants commencent par l’incendie des maisons, avant de donner gratuitement la mort aux populations autochtones cibles.
Par rapport à la situation qui prévaut à Bukusu, le tout premier village de la province du Kwilu attaqué par des assaillants non autrement identifiés à ce jour, des sources renseignent qu’en plus des maisons d’habitation incendiées, animaux et autres oiseaux de la basse-cour ont également payé le lourd tribut de cette attaque. «Les agresseurs ont emporté poules, chèvres, moutons et canards. Le salut étant dans la fuite, les rescapés des tueries de Bukusu vivent depuis le week-end dernier en brousse. Les plus endurants ont dû parcourir plusieurs kilomètres en forêt, pour finalement, trouver refuge à Fatundu», selon le média en ligne Infocongo, qui cite des sources dignes de foi.
Toujours selon la source, aussitôt arrivés à Fatundu, leur nouvelle terre d’asile, les déplacés de Bukusu ont reconnu leurs bourreaux. Les mêmes qui auraient exécuté le chef de leur village, très affectueusement appelé chef Duene. Ce dernier serait mort décapité, à la surprise générale de tous ses administrés qui n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Les non-originaires de l’ex-Bandundu retiendront que le village Bukusu est géographiquement situé de l’autre rive de la rivière Kwango. Des centaines de kilomètres de son domaine ancestral, le mythique «Ngul -a -Sam», s’étend sur le territoire de Kwamoutth.
LA ROUTE KINSHASA-KIKWIT EN DANGER ?
La panique généralisée observée le week-end dernier à Bukusu, aurait également gagné les habitants de la mission catholique Ngi, située à quelques encablures (une cinquantaine de kilomètres) de Kenge. La peur dans le ventre, les autochtones ne savent plus à quel saint se vouer.
Entretemps, dans cet environnement de psychose à la fois constante et grandissante, des bruits laissent entendre que les mêmes criminels se projetteraient de placer leur traquenard au niveau de «316 kilomètres», une référence de la Route nationale numéro 1 (RN1), bien connue par les voyageurs en partance de Kinshasa pour Kikwit et vice-versa.
Quand bien même qu’il ne s’agirait que de la rumeur, d’aucuns invitent cependant, le Gouvernement à prendre des mesures sécuritaires rigoureuses, afin de prévenir toute éventuelle attaque des voyageurs sur cette voie, principal trait d’union entre la ville de Kinshasa et les nouvelles provinces nées du découpage de l’ex-Bandundu. Dit autrement, la sécurisation de la RN1 est dès lors, un impératif sur lequel le pouvoir de Kinshasa ne saurait transiger.
On rappelle que dans son homélie du dimanche 25 septembre, lors de la messe d’ordination de trois diacres et trois prêtres dans la cathédrale Mwense Anuarite de Kenge : Mgr Jean-Pierre Kwambamba avait publiquement dénoncé ce qu’il a qualifié de silence-plat du Gouvernement, face à la tragédie de Kwamouth. «Qu’est ce que les gens de Kwamouth ont fait pour subir une telle violence ?», s’est-il interrogé. Grevisse KABREL