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Accusé de fraudes, de vandalisme et de détention illégale de matériel électoral : Gentiny Ngobila quitte le Parquet général près la Cour de cassation en homme libre
C’est en homme libre que le gouverneur sortant de la ville province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, est rentré chez lui hier, jeudi 2 février 2024, après plus de 3 heures d’interrogatoire sur les allégations de fraudes, de vandalisme et de détention illégale de matériel électoral. L’audition a eu lieu dans les locaux du Parquet général près la Cour de cassation, à Kinshasa-Gombe.
C’est à bord d’une jeep noire aux vitres teintées que Gentiny Ngobila a fait son entrée dans l’enceinte du bâtiment de la CNSS. Ses sympathisants l’y attendaient avec des chants et acclamations, sous un soleil de plomb.
Arborant un costume de grande circonstance assortie d’une cravate nouée à la perfection, M. le Gouv imprimait et exprimait la sérénité d’un homme prêt à affronter la justice.
ACCOMPAGNÉ DE SES AVOCATS ET DES CADRES SON PARTI POLITIQUE
Accompagné de ses avocats et de cadres de son parti politique, l’Alliance des Congolais progressistes (ACP), dont le secrétaire général Charles Mbutamuntu, il s’est immédiatement dirigé vers la salle d’audience, où il a été interrogé pendant près de 4 heures par le premier avocat général, M. Pungwe. Jusqu’à 17h30 GMT, le suspense était à son comble sur le parking du parquet général. La tension est montée d’un cran lorsque tous ses compagnons ont quitté les locaux du parquet pour l’attendre à l’extérieur.
«Tout le monde est sorti, sauf le gouverneur. Personne n’a la moindre information sur ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment CNSS», pouvait-on entendre se plaindre l’un de ses collaborateurs.
Après plus de trente minutes d’attente, enfin, «Ecce homo» ! Comprenez, voici l’homme, il est réapparu devant le public, complètement libre comme il était venu. Insouciant, sans crainte ni angoisse face à la presse qui se pressait autour de lui pour prendre des photos et des vidéos au moyen de leurs smartphones et caméras. Mais le maire de Kinshasa n’est pas prêt, du moins pour le moment, à faire des déclarations publiques. Il est simplement monté dans sa voiture et a pris la direction du siège du gouvernorat provincial, en empruntant le boulevard du 30 juin.
SES PARTISANS EN LIESSE SUR LE BOULEVARD DU 30 JUIN
Lorsque la voiture le transportant a franchi le portillon de l’ex-INSS, l’explosion de joie a retenti. Le boulevard du 30 juin a été submergé par une foule joyeuse, acclamant à l’unisson son relâchement. Des chants et les drapeaux bleu-rouge-jaune du parti ACP créaient une ambiance de liesse.
C’est plutôt son avocat qui a accepté volontiers d’accorder une interview aux journalistes. Si dans sa correspondance adressée à l’intéressé, la justice a promis de communiquer sur les raisons de sa convocation une fois qu’il serait sur place, son avocat, Maître Vincent Mpibale, a révélé qu’il s’agissait d’entendre son client sur les faits présumés de fraudes, de vandalisme et de détention illégale de matériel électoral lors du scrutin de décembre dernier.
L’avocat de Gentiny Ngobila a déclaré que les accusations portées par la Ceni étaient sans fondement. Selon lui, ces allégations visaient à ternir la réputation du gouverneur et à l’écarter de la course électorale.
«Aujourd’hui, le gouverneur de la ville, Gentiny Ngobila Mbaka, a répondu à l’invitation du procureur général près la Cour de cassation concernant les prétendus actes de fraude, de vandalisme de matériel électoral et de détention illicite de dispositifs de vote électoral. Ces accusations sont gratuites et sans preuves, formulés par la Commission électorale nationale indépendante dans le but de ternir la réputation du gouverneur et de l’écarter de la course à la législative», a déclaré Maître Vincent Mpibale.
AUCUNE PREUVE MATÉRIELLE CONTRE NGOBILA
D’après lui, l’instruction aurait révélé qu’aucune preuve matérielle ne démontrait que le Gouverneur détenait chez lui les dispositifs de vote électoral incriminés chez lui, n’avait commis des actes de vandalisme ou était impliqué dans des fraudes électorales.
«L’instruction a révélé qu’au-delà des accusations, il n’y a aucune preuve matérielle qui puisse attester que le gouverneur détiendrait le DV dans sa maison, le gouverneur aurait procédé à des actes des vandalismes ou encore à des fraudes électorales donc nous estimont que cela est fait à dessein. Mais nous sommes heureux de constater qu’il n’y a pas de preuve sa réputation sera quand même lavée», a fait savoir l’avocat de Ngobila.
Dans la même veine, l’avocat de Gentiny Ngobila a accusé la Ceni d’être incapable de fournir des preuves des accusations portées contre le gouverneur sortant.
«Il y a un calcul politique derrière ces accusations, car la CENI ne pourrait pas disqualifier et invalider tout un candidat. Devant le parquet, la CENI est dans l’incapacité de fournir des éléments qui attestent ces allégations. Je crois que ce n’est pas sérieux et que cela ne peut être justifié que par des règlements de compte. Le gouverneur n’est ni validé, ni réhabilité, il lui reste seulement son honneur qui pourrait être lavé par le biais de la justice», a-t-il ajouté.
Cette audition à la Cour de cassation marque une étape importante dans le processus judiciaire entourant les accusations portées contre Gentiny Ngobila. Sa libération sans inculpation constitue un soulagement pour le gouverneur sortant, mais l’affaire n’est pas encore complètement close. L’avenir dira si de nouveaux développements auront lieu et si sa réputation sera définitivement lavée par la justice comme l’a souligné son avocat. Christian-Timothée MAMPUYA