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Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
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30 juin 1960-30 juin 2024: Une indépendance au bilan mi-figue mi- raisin
64 ans après l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale, le moins que l’on puisse dire est que le bilan n’est pas ce que les Congolais attendaient. En 1991, du haut du podium de la mémorable Conférence nationale souveraine (CNS), le Premier ministre Mulumba Lukoji d’heureuse mémoire avait eu le courage de déclarer que le bilan de l’indépendance était négatif en cette année-là. À comparer les paramètres macro-économiques de cette époque à ceux d’aujourd’hui, nous pouvons reconnaître que le pays n’a pas beaucoup progressé.
En plus, s’il faut chanter l’hymne national «Le Debout Congolais», nous nous rendrons compte que l’idéal des pères de l’indépendance est loin d’être atteint. À titre indicatif, nous prenons le verset qui dit qu’après l’indépendance, nous bâtirons un pays plus beau qu’avant. Sur ce plan, nous avons lamentablement échoué parce que le Congo d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui hérité de l’époque coloniale. Kinshasa actuel est loin de Léopoldville. L’ex commune St Jean par exemple ne peut nullement se comparer à celle de Lingwala. Kananga d’aujourd’hui est très différent de Luluabourg où il était très rare de voir du papier sur la route. Il en est de même d’autres villes telles qu’Elisabethville, l’actuel Lubumbashi et Coquilathville rebaptisée Mbandaka.
Dans le secteur de l’enseignement, c’est une véritable descente aux enfers que la RDC a connue. L’université de Kinshasa n’est pas à comparer avec l’université Lovanium tant sur le plan des infrastructures que de la formation. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Dans le domaine de la santé, le tableau n’est pas plus reluisant que les autres.
Sur le plan socio-économique, le niveau de vie des Congolais de 1960 est de loin supérieur à celui des Congolais de 2024. Nous en voulons pour preuve la fuite massive de nos compatriotes vers les pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie. La diaspora rd congolaise est estimée actuellement à plusieurs millions de têtes. Cette situation prouve à suffisance que le Congolais ne se sent pas à l’aise dans son pays.
Le Congolais de 1960 avait un niveau de vie qui n’avait rien à envier à un Canadien ou un Sud-Africain. Les réserves en devises étrangères étaient tellement élevées que le franc congolais rivalisait d’avec le dollar américain et le franc français ou belge d’antan. Cette situation a changé fondamentalement au point où le Congolais préfère aujourd’hui réaliser ses transactions en monnaie étrangère. Des exemples sont légion qui prouvent que nous n’avons pas bâti une RDC plus belle qu’avant l’indépendance.
Soixante-quatre ans après que les martyrs soient tombés pour réclamer la souveraineté nationale et internationale, nous devons nous arrêter et faire une évaluation sans complaisance pour arrêter des stratégies idoines en vue de faire décoller notre pays. Cela ne doit pas être l’affaire des politiciens seuls, mais de tous les Congolais de différentes classes. Il ne faut pas qu’il y ait des acteurs d’ un côté et des spectateurs de l’autre. Tout le monde doit mettre la main dans la pâte. L’espoir est que d’ici cinq ans, le citoyen lambda sente que nous sommes en train de sortir des sentiers battus pour les lendemains meilleurs.
Muke MUKE