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Tentative de coup d'État du 19 mai 2024 : Fatshi épargne Marcel Malanga et deux autres Américains de la peine de mort
C'est un rebondissement inattendu ! Le président,Félix-Antoine Tshisekedi, a pris la décision de commuer la peine de trois ressortissants américains condamnés à mort pour leur participation à la tentative de coup d'État du 19 mai 2024. Désormais, Marcel Malanga Malu, Taylor Christa Thomson et Zalman Polun Benjamin purgeront une peine de prison à perpétuité.
C'est Tina Salama, porte-parole du chef de l'État, qui a annoncé la décision sur la chaîne publique Radio télévision nationale congolaise (RTNC), mardi 1er avril. Elle a précisé que ce geste ne visait pas à minimiser la gravité de leurs actes, mais à s'inscrire dans une logique de réconciliation nationale.
"Il s'agit d'un appel à la paix, un geste humanitaire visant à offrir une seconde chance tout en préservant l'ordre et la stabilité du pays", a-t-elle rapporté.
L'article 2 de l'ordonnance précise que le ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, est chargé de l'exécution de cette mesure, qui produit ses effets à la date de sa signature.
L'attaque du 19 mai
L'attaque du 19 mai 2024 avait plongé la capitale congolaise dans un état d'alerte maximale. Christian Malanga et son groupe armé avaient tenté de prendre le contrôle de plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, dont le Palais de la Nation et la résidence de Vital Kamerhe, alors président de l'Assemblée nationale. L'assaut avait coûté la vie à un garde du corps de ce dernier avant d'être violemment réprimé par la Garde républicaine.
Christian Malanga avait été abattu lors de l'opération de neutralisation, tandis que plusieurs membres de son commando, dont son propre fils Marcel Malanga, avaient été arrêtés. Leur procès, mené par la justice militaire, s'était conclu par de lourdes condamnations, avec des peines allant de la réclusion à perpétuité à la peine de mort.
Jugés par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, les trois hommes avaient été condamnés à la peine capitale lors d'une audience foraine à la prison militaire de Ndolo, le 27 janvier 2025. Le verdict avait été confirmé et rendu irrévocable le 9 mars 2025, avant que la grâce présidentielle ne modifie leur sort.
Nomination de Massad Boulos
Cette mesure présidentielle coïncide également avec la nomination par le département d'État américain de Massad Boulos en tant que conseiller principal pour l'Afrique. Accompagné de la sous-secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Corina Sanders, il entamera une tournée diplomatique en République démocratique du Congo, au Rwanda, au Kenya et en Ouganda à partir du 3 avril.
Selon un communiqué du département d'État, ce déplacement vise à "faire progresser les efforts en faveur d'une paix durable dans l'Est de la RDC et promouvoir les investissements du secteur privé américain dans la région".
Son agenda mentionne des discussions avec des officiels congolais sur la situation sécuritaire dans l'Est du pays et le développement économique. Mais en coulisses, la question des trois prisonniers américains pourrait bien être un sujet majeur des échanges.
Un calcul politique
Cependant, certains observateurs estiment que cette décision pourrait être avant tout un calcul politique destiné à renforcer les relations entre Kinshasa et Washington. En effet, alors que la RDC cherche à attirer les investissements américains dans son secteur minier, l'appui des États-Unis pourrait être un facteur déterminant face aux tensions régionales, notamment avec le Rwanda et le groupe terroriste du 23 mars (M23) qui contrôle le gisement stratégique de Rubaya.
Le cas des trois Américains n'est pas sans rappeler celui de Jean-Jacques Wondo Omanyundu, un ressortissant belge accusé d'avoir participé à la planification du coup d'État. Initialement condamné, il avait finalement bénéficié d'une intervention diplomatique de Bruxelles, ce qui avait conduit à sa libération et à son retour en Belgique.
Christian-Timothée MAMPUYA