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Sécurité des humanitaires : Le nombre d'incidents en baisse
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) a publié son aperçu des incidents affectant les travailleurs humanitaires pour le mois de septembre dernier. L'analyse des données révèle une dynamique complexe et préoccupante : si le nombre total d'incidents a chuté, le niveau de gravité des actes de violence contre le personnel a atteint un seuil critique, notamment par une recrudescence d'enlèvements.
En septembre 2025, 46 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été signalés dans l'Est de la RDC. Ce chiffre représente une baisse notable de près de la moitié par rapport aux 80 incidents enregistrés en août. Cette diminution pourrait potentiellement refléter une adaptation des équipes humanitaires ou des dynamiques locales changeantes.
Cependant, le mois de septembre se distingue par l'intensité de la violence signalée. La gravité des incidents est montée d'un cran notamment : dix (10) enlèvements de personnel humanitaire ont été recensés; et trois (3) blessés ont été signalés.
Ces chiffres rappellent que la sécurité des travailleurs humanitaires demeure extrêmement volatile et que les acteurs armés privilégient de plus en plus les tactiques d'enlèvement, posant un défi majeur aux opérations de sauvetage et de soutien aux populations vulnérables.
UNE PRESSION CONTINUE ET DOUBLE FARDEAU
L'analyse des typologies d'incidents suit les schémas observés au cours des mois précédents, illustrant la diversité des menaces qui pèsent sur l'accès et les opérations :
Crimes contre la Propriété (37 %) : les cambriolages, vols et intrusions représentent la plus grande part des cas signalés (37 %). Ces incidents, souvent liés au besoin d'équipements et de ressources, entravent la continuité des services et forcent à des suspensions opérationnelles coûteuses.
Restrictions d'accès (34 %) : les interférences et les restrictions constituent 34 % des incidents. Ces actes, souvent perpétrés par des acteurs armés ou des éléments étatiques locaux, restreignent l'accès aux zones isolées, empêchant l'acheminement de l'aide vitale aux populations qui en ont le plus besoin.
Violence directe (25 %) : les intimidations, menaces ou agressions représentent 25 % des cas. Ces menaces directes pèsent lourdement sur le moral et la capacité du personnel à opérer sereinement.
Ces statistiques soulignent une pression continue et un double fardeau pour les opérations humanitaires, contraintes de naviguer entre les problèmes d'accès et les risques de violence physique.
L'insécurité pour les travailleurs humanitaires demeure massivement concentrée dans les provinces du Kivu, confirmant la persistance des conflits et des menaces dans ces régions.
Au Nord-Kivu, la province enregistre 61 % de tous les incidents signalés en septembre; et au Sud-Kivu, 26 % des incidents. Ensemble, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu concentrent plus des trois quarts (87 %) des incidents. Cette prépondérance met en évidence l'urgence de stabiliser ces zones pour garantir la sécurité des civils et des intervenants.
Parallèlement, une amélioration relative a été notée dans d'autres provinces où les incidents sont moindres (6,5 % chacune). Il s'agit notamment du Maniema et de l'Ituri, qui n'ont signalé aucun cas grave (blessé ou enlèvement) en septembre.
Félix MULUMBA Kalemba