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ROUTE KANANGA-KALAMBA MBUJI : Face à la lenteur des travaux, des jeunes volontaires reprennent la réhabilitation du tronçon
La route reliant Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, à Kalamba-Mbuji demeure dans un état de délabrement avancé, une situation qui perdure depuis une période considérable et continue de paralyser les activités socio-économiques de la région. Face à la lenteur et aux manœuvres jugées inefficaces des entreprises en charge des travaux de réhabilitation, les jeunes du village de Kalamba-Mbuji ont pris une initiative pour le moins inhabituelle : celle de s’atteler eux-mêmes à la tâche, effectuant des travaux manuels dans l’espoir d’améliorer la praticabilité de cet axe vital.
Le constat de l’état critique de la route Kananga-Kalamba Mbuji n’est pas nouveau. Depuis de nombreux mois, voire des années, les populations locales et les observateurs déplorent l’impraticabilité de cet axe, essentiel pour le désenclavement de vastes zones et pour le commerce entre les localités. Les difficultés de déplacement engendrent des coûts de transport élevés, limitent l’accès aux marchés et aux services de base, et freinent considérablement le développement de la région.
Face à ce blocage persistant et au sentiment d’abandon, les jeunes de quelques villages ont manifesté une détermination remarquable. Conscients de l’urgence de la situation et visiblement désabusés par l’action des entreprises mandatées pour la réfection de la route, ils ont pris la décision de retrousser leurs manches et d’entreprendre des travaux manuels. Armés de courage et d’une volonté de changer leur quotidien, ces jeunes s’efforcent d’améliorer l’état de la chaussée par des moyens rudimentaires, colmatant les nids-de-poule et tentant de rendre la circulation moins périlleuse.
Cependant, cette initiative citoyenne, aussi louable soit-elle, se heurte à un obstacle majeur : le manque criant d’assistance. Ces jeunes travailleurs volontaires ne bénéficient d’aucun soutien, qu’il soit financier ou technique. Ils œuvrent sans équipements adéquats, sans expertise en matière de travaux routiers et sans les ressources financières nécessaires pour acquérir les matériaux de base. Leur engagement, bien que porteur d’espoir, demeure fragile face à l’ampleur des travaux à réaliser.
Conscients de leurs limites et de la nécessité d’un soutien institutionnel, ces jeunes ont entrepris des démarches auprès du gouvernement provincial. Par le biais de multiples lettres de demande d’audience, ils ont cherché à alerter les autorités sur leur initiative et à solliciter une aide concrète pour leurs efforts. Face à l’état de délabrement avancé de cette voie, qui entrave la circulation des marchandises et l’approvisionnement des marchés de Kananga, ces jeunes volontaires lancent un cri d’alarme poignant aux autorités provinciales et aux personnes de bonne volonté, sollicitant un soutien urgent pour poursuivre leur entreprise et éviter l’isolement de leur région.
Vincent Oba, président du club des jeunes de développement de Kalamba Mbuji, a fait part hier mercredi de la situation critique de ces jeunes cantonniers lors d’un entretien avec notre rédaction. Il a souligné les souffrances et les besoins pressants de ces volontaires, qui consacrent leur temps et leur énergie à entretenir manuellement la route, dans le but de maintenir ouverte cette «frontière» essentielle pour les échanges commerciaux et le désenclavement de Kalamba Mbuji. Leur motivation première est de faciliter la fluidité du trafic des marchandises, permettant ainsi un approvisionnement régulier des marchés de Kananga et stimulant l’activité économique locale.
Face à ces difficultés, les jeunes de Kalamba Mbuji ont tenté à plusieurs reprises d’alerter les autorités provinciales sur leur situation et de solliciter un soutien concret. Ils ont multiplié les démarches pour obtenir une audience auprès du gouverneur de province. Malheureusement, selon les déclarations de Vincent Oba, ces tentatives se sont heurtées à des blocages administratifs au niveau des services de protocole du gouvernorat. Cette difficulté d’accès à l’autorité provinciale, malgré l’importance de leur démarche pour l’intérêt communautaire, suscite une profonde frustration et un sentiment d’abandon parmi ces jeunes volontaires.
Vincent Oba a dénoncé avec véhémence ces blocages, soulignant l’urgence d’une intervention des autorités provinciales pour soutenir ces jeunes qui se mobilisent spontanément pour pallier les carences en matière d’entretien routier. Il a insisté sur le rôle essentiel de la route Kalamba Mbuji pour l’économie locale et sur les conséquences désastreuses qu’entraînerait sa dégradation continue. L’isolement de Kalamba Mbuji impacterait non seulement les activités commerciales, mais aussi l’accès aux services de base pour la population.
Le président du club des jeunes de développement de Kalamba Mbuji a lancé un appel pressant aux autorités provinciales, les exhortant à prendre conscience de la gravité de la situation et à apporter un soutien concret à ces jeunes volontaires. Il a également sollicité la générosité des personnes de bonne volonté, des organisations de la société civile et des opérateurs économiques de la région, les invitant à se mobiliser pour fournir une assistance financière, matérielle ou technique à cette initiative citoyenne. Un tel soutien permettrait de pérenniser les efforts de ces jeunes, de garantir un entretien plus efficace de la route et de contribuer au développement économique et social de la communauté de Kalamba Mbuji.
Félix MULUMBA