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Revanche du sol sur le sous-sol : José Mpanda implique ministres et inspecteurs provinciaux de l’Agriculture dans l’agenda de transformation agricole
Le ministre de l’Agriculture, José Mpanda Kabangu, a lancé hier jeudi 12 octobre, un séminaire de mise à niveau des ministres et inspecteurs provinciaux de l’agriculture sur la production agricole via l’agenda de transformation agricole.
Ce séminaire, fait savoir José Mpanda Kabangu, «permettra aux participants d’acquérir une formation solide qui va aider le gouvernement à accomplir l’une de ses missions régaliennes, celle d’assurer une gestion efficiente de ces potentialités agricoles afin de les transformer en richesses, ce qui contribuera à l’augmentation du budget national et au développement durable de la population congolaise».
L’un des objectifs poursuivis par ce forum de trois jours est d’amener les inspecteurs agricoles à avoir «une approche convergente de l’agriculture, celle d’agrégation agricole, l’option à lever restant le recours aux contrats de partenariat public-privé avec les investisseurs aussi bien congolais qu’étrangers».
Le patron du secteur agricole congolais a insisté sur la vision de son ministère, celle de voir l’agriculture traitée désormais comme une entreprise en lieu et place des projets et programmes de développement comme c’est le cas jusque-là.
«Et dans cette nouvelle approche selon le ministre Mpanda, le gouvernement doit jouer son rôle de régulateur et d’accompagnateur, et laisser les privés au centre des activités agricoles», a-t-il explicité.
En accord avec cette nouvelle approche, qui consacre la primauté de l’agriculture sur les mines, selon la vision du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi de «la revanche du sol sur le sous-sol», le ministre de l’Agriculture va distribuer, à l’issue du séminaire, des motos aux inspecteurs principaux et territoriaux ainsi que des intrants agricoles dont des engrais et matériels aratoires.
Selon le ministre José Mpanda, la distribution des motos aux inspecteurs provinciaux et territoriaux est un geste significatif du gouvernement qui apporte son soutien aux efforts des provinces et des territoires pour faciliter la mobilité de ces derniers afin de les rapprocher des agriculteurs pour un meilleur encadrement, ce qui contribuera au développement du secteur agricole.
Changer de paradigme
Les engrais et autres intrants seront acheminés dans les différents chefs-lieux des provinces par des avions militaires.
«Je voudrais que, dans vos provinces respectives, vous ayez le sens de mettre le privé au centre de l’agriculture. Il faudrait que le monde privé qui n’est pas nécessairement constitué de grands investisseurs mais aussi de petits producteurs, de petits agriculteurs, des coopératives, soit suivi avec des conseils en vue de faire mieux, en faisant de l’agriculture un business. L’agriculture doit être considérée comme une affaire appelée à faire des intérêts, à faire des dividendes. Dans notre pays, on a une mauvaise conception de croire que ceux qui font l’agriculture sont des pauvres. Non, il faut que l’on change de narratif pour faire voir que l’agriculture est un business. Regardez ailleurs, ceux qui sont plus forts sont dans l’agriculture», a déclaré le ministre Mpanda s’adressant à l’auditoire.
12,7% du budget 2024 alloué à l’agriculture
Il a également rappelé l’objectif du «Programme présidentiel de lutte contre la pauvreté et les inégalités», destiné «à sortir au moins 20 millions de congolais de la pauvreté à l’horizon 2025. Ainsi, pour réaffirmer son engagement à faire de l’agriculture le leitmotiv du développement de l’économie de notre pays, il a, deux ans après, initié le projet de l’agenda de transformation agricole de la RDC, mis en œuvre par le gouvernement, à travers mon ministère, et ce, avec l’appui technique de l’Institut international d’agriculture tropicale et de l’Institut africain de leadership agricole».
Ces engagements s’inscrivent dans la droite ligne de la déclaration de Malabo sur «une croissance et une transformation agricole accélérée pour des conditions de vie meilleures et partagées».
Alors que ce protocole fixe le budget de l’agriculture à 10% du budget national, le gouvernement, confie le ministre Mpanda, a fait plus, allouant à l’agriculture 12,7% du budget national pour l’exercice 2024. Ce qui a valu des applaudissements nourris de l’assistance.
Le ministre de l’Agriculture est dépité de constater que la RDC importe le maïs en dépit de son potentiel agricole.
«C’est une honte pour notre pays. Nous voudrions que cela cesse. Puisque Dieu nous a tout donné. On ne peut pas accepter que nous puissions chercher à acheter le maïs à l’extérieur du pays alors que nous avons toutes les potentialités pour pouvoir produire localement», a déclaré José Mpanda. Didier KEBONGO