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Remplaçant de Vital Kamerhe : l’USN suspendue au choix de Félix Tshisekedi!
* Question à 10 points pour un champion des enjeux parlementaires en RD Congo: « Qui remplacera Vital Kamerhe au perchoir de l’Assemblée nationale?» Bien devin, qui pourrait pronostiquer avec exactitude.
Trois semaines après la démission de Vital Kamerhe de son poste de Président de l’Assemblée nationale, un suspense à couper au couteau couve l’hémicycle. Jusqu’hier mercredi 8 octobre, rien n’avait encore fuité dans les travées du Palais du peuple, siège du Parlement.
A priori, la Majorité parlementaire acquise à la cause du Président Félix Tshisekedi, semble être loin - et même très loin - de se choisir un candidat. Trivialement, les sociétaires de l’Union sacrée de la nation (USN), semblent ne pas regarder dans une même direction. Bien au contraire, les avis divergent sur les critères de choix d’un nouveau speaker de la Chambre basse du Parlement.
Dix-sept jours après la démission (forcée ?) de Vital Kamerhe le 22 septembre dernier, jusqu’où irait l’incertitude? La question reste encore en état ! Devra-t-on, cette fois encore, organiser la primaire pour trouver un candidat du consensus, comme ce fut le cas lors du choix de Vital Kamerhe en mai 2024? A l’évidence, non.
«L’ARBITRAGE ATTENDU DE FELIX TSHISEKEDI»
À emprunter du jargon de l’Eglise catholique romaine, lorsqu’il s’agit de l’élection d’un nouveau pape, certains analystes parient fort, que la fameuse fumée blanche attendue au Palais du peuple, pourraient s’échapper des cheminées de l’»Elysée» rd congolais. Vous avez compris qu’il s’agit ici de l’ex-Cité de l’OUA.
Les auteurs de cette assertion fondent leur conviction sur les propos du député UDPS, Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-President de l’Assemblée nationale, assumant les fonctions de président intérimaire de la Chambre, après la démission de Vital Kamerhe.
Abordé le weekend dernier par la radio Top Congo FM, sur la question relative à l’élection du nouveau speaker de la Représentation nationale, ce dernier n’avait avancé aucune date. Toutefois, Jean-Claude Tshilumbayi, conscient de la difficulté majeure de gérer les ambitions au sein d’une Majorité parlementaire plurielle, avait ouvert une brèche: «l’arbitrage du Félix Tshisekedi», en tant qu’Autorité morale de sa famille politique. En d’autres termes, le nom du successeur de Vital Kamerhe au perchoir de l’Assemblée nationale viendra de la Cité présidentielle de l’OUA! Dans ces conditions, la plénière n’aurait aucune autre manœuvre, si ce n’est l’entérinement de la volonté du Chef. Une lapalissade qui ne pourrait étonner personne.
Cependant, plus d’un observateur estime que, même si la réalité serait bien celle-là, on devrait penser à soigner la forme. Car, dire clairement que c’est le Président de la République qui devra désigner le nouveau candidat au perchoir de l’Assemblée nationale, sonne comme une ingérence à peine voilée, dans les affaires internes d’une institution législative, voulue «autonome».
Certes, le Président de la République a la prérogative constitutionnelle de veiller au bon fonctionnement des institutions. Mais cet arbitrage a des limites. Bien en illustre sa déclaration faite depuis New York, alors qu’il apprenait la démission de son principal allié politique.
Dans un déjeuner de presse, le lundi 23 septembre à The Big Apple, Felix avait déclaré avoir appris la nouvelle au même moment que ses hôtes. Et, à la question de savoir s’il n’était pas personnellement derrière cette décision de l’homme à la très célèbre cravate rouge, Félix Tshisekedi avait répondu sans circonlocutions: «Je ne suis impliqué ni de près ni de loin (...) Je suis le garant de la stabilité des institutions, mais cela ne m’autorise pas à m’immiscer dans leur fonctionnement. S’ils (NDLR: les députés nationaux) ont décidé de défier leur président, cela relève de leur gestion interne. Mon rôle est de veiller au respect des droits de chacun et à la stabilité de l’institution. C’est ce qui m’importe».
Partant de ces propos du Chef de l’Etat qui sonnaient comme une confession, d’aucuns pensent que, par parallélisme de forme, il ne devrait pas non plus interférer, dans le choix des candidats aux différents postes des bureaux des Assemblées, dès lors qu’il s’agit des mandats électifs.
Evidemment, le capital confiance en politique chez nous, prime généralement sur la compétence, quand il s’agit de choix des collaborateurs. En l’espèce, le Chef de l’Etat a mille et une fois raison, de ne pas confier de hautes responsabilités politiques à un acteur qui, demain, pourrait se révéler son principal opposant. Légitime, mais pas suffisant.
Pour le cas, soit de l’Assemblée nationale, soit du Sénat par exemple, on retiendra que les présidents de chacune des deux chambres parlementaires, n’ont pas le pouvoir de prendre des oukases. La souveraineté revient à la plénière, en tant qu’Organe de prise de décisions. Dit autrement, une décision ou une initiative du speaker de la chambre, peut être rejetée par la plénière.
«TENIR COMPTE DES EQUILIBRES EN PRESENCE»
La géopolitique va-t-elle jouer dans le choix du remplaçant de Vital Kamerhe à l’Assemblée nationale? Là, est donc la question. Le poste de Président de l’Assemblée nationale, avait-il été réservé à l’espace Grand Kivu, conformément aux enjeux politiques d’alors? C’est encore une autre question, pas des moindres.
Le moins que l’on puisse rappeler, est que pendant la «foire» anti Kamerhe, ouverte plusieurs jours avant la rentrée parlementaire, le 15 septembre dernier, des spéculations allaient dans tous les sens. Nombreux ont été-et le sont encore- des observateurs qui ont pensé-et qui continuent à le penser - que la carte pourrait se jouer entre Jean-Claude Tshilumbayi et Christophe Mboso, respectivement premier et deuxième vice-Président de l’Assemblée nationale de la gouvernance Kamerhe.
A ce jour, cette hypothèse semble exclue. Pour plusieurs raisons. La première, il n’y a que deux postes à pourvoir au Bureau de la Chambre basse du Parlement : celui de Président et de Rapporteur adjoint. C’est donc supposé que les cinq autres membres conservent leurs fauteuils respectifs.
La deuxième raison, si Christophe Mboso qui a déjà dirigé l’Assemblée nationale durant les cinq dernières années, ambitionne d’y revenir, alors il devra au préalable démissionner de ses fonctions actuelles. Pareil pour Jean-Claude Tshilumbayi qui, de l’avis de nombreux analystes, part en super defavori, à cause de ses couleurs politiques. Car, dans une Majorité parlementaire mosaïque, on verrait mal que le Président soit issu d’un même parti politique que le Chef de l’Etat. Ce qui pourrait créer des frustrations aux conséquences réelles.
Toutefois, face à l’inconnue, l’un des pétitionnaires a exhorté à la prise en compte des équilibres politiques en présence, quant au choix attendu du nouveau président de l’Assemblée nationale. Le seul acquis reste le poste de Rapporteur adjoint qui, d’office, revient à l’Opposition. A moins que la politique n’en décide autrement.
Grevisse KABREL