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Réduction du train de vie de l’état : Controverse autour des émoluments des députés
Le débat sur des émoluments supposés des députés nationaux provoque une chaude polémique qui enflamme ces derniers temps les réseaux sociaux et la rue en général. Il se raconte de plus en plus avec certitude que les élus à la Chambre basse du Parlement toucheront cette année 33.000 dollars américains, soit une augmentation de près de 50% par rapport aux élus de la dernière législature.
L’augmentation de la rémunération des députés a de quoi énerver le citoyen lambda, surtout qu’elle intervient après la décision du président de la République qui exige la réduction drastique du train de vie des institutions publiques, surtout celles politiques.
À comparer les salaires des députés congolais à ceux de l’Allemagne, par exemple, nous n’aurions pas tort, de parler d’un scandale. Alors que ce pays compte parmi les puissances économiques de la planète, son député touche 10.591,70 euros, tandis que celui de la RDC, pays pauvre très endetté, va percevoir, selon les informations dignes de foi, le triple.
Au Burkina Faso, le président issu du tout dernier putsch militaire a décidé de supprimer les salaires des députés, laissant place uniquement aux indemnités de sessions parlementaires. En Chine, par contre, les députés n’auraient pas de salaires.
Si en RDC les émoluments des députés provoquent une controverse acharnée, c’est parce qu’ils sont à peu près 400 fois supérieurs au salaire moyen de l’agent public de l’Etat payé par le Trésor public. Et c’est surtout parce que la prestation de ces représentants du peuple, est loin de ce que les électeurs attendent d’eux. Ce qui explique l’énormité de la fracture existant entre les mandants et les mandataires, lorsqu’on voit les images des députés en train de somnoler au moment des débats. Que des pareilles gens se gratifient de 21.000 dollars américains par mois à l’heure actuelle, cela ne peut susciter que colère et indignation vu l’écart avec les autres couches de la population notamment les enseignants, les médecins, les hommes sous les drapeaux, les agents et fonctionnaires de l’Etat, etc…
La méfiance s’accroît davantage envers les élus à l’assemblée nationale et au Sénat quand la population constate que la part du budget national réservée aux institutions publiques dépasse de loin celle affectée aux investissements et aux secteurs sociaux. Encore que les fonds décaissés pour ceux-ci sont toujours insignifiants et parfois même nuls, tandis que les allocations des institutions politiques connaissent chaque année des dépassements budgétaires importants, en commençant par l’institution suprême du pays.
Une décision sans effets
Pour mettre fin à ces injustices et à l’indiscipline budgétaire dont la RDC est passée maître depuis des années, le chef de l’Etat a décidé dernièrement de revoir à la baisse le niveau de vie des institutions publiques. Malheureusement, cette décision n’a connu aucun début d’exécution, mais on risque de vivre le contraire.
Comme les loups ne se mangent pas entre eux, personne ne peut contredire l’autre. Les députés qui auraient dû interpeller le gouvernement pour refus d’exécuter la décision présidentielle, se taisent parce que ne voulant pas perdre eux-mêmes leurs intérêts.
Pour éviter d’être rejetés par la population, les députés nationaux qui sont l’autorité budgétaire, sont invités à se rattraper lors du vote de la loi des finances, exercice 2024, en tenant compte des préoccupations majeures de la population.
Au nombre de celles-ci, figure le renforcement de la logistique des FARDC pour leur permettre de bouter hors des frontières nationales l’armée rwandaise. Il y a aussi la modernisation de la police nationale pour l’éradication du banditisme urbain connu sous le nom de kuluna. Les infrastructures routières, la desserte en eau potable et en énergie électrique sont des domaines vers lesquels les fonds importants doivent être orientés pour le mieux-être des Congolais.
Félix Tshisekedi a devant lui deux promesses qu’il a faites à la population et qu’il a le devoir de concrétiser. La première au cours de son premier quinquennat: celle de réduire le train de vie de l’Etat. La seconde, dans son discours d’investiture, le 20 janvier dernier, au stade des Martyrs. Il a promis: « Tirant les leçons de l’expérience passé et ayant à l’esprit vos aspirations exprimées, je m’engage à user de tous les moyens à ma disposition pour empêcher la répétition des erreurs passées et pour entreprendre promptement les actions nécessaires à l’avancement de notre pays. Muke MUKE