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RDC–Rwanda : Muyaya réaffirme la position congolaise «La paix d’abord, l’économie ensuite»
Face à la presse hier mercredi 8 octobre, le ministre congolais de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a embouché sa trompette de porte-parole du gouvernement pour dresser un large tableau du processus de paix engagé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, à la suite de l’accord signé le 27 juin 2025 à Washington. Dans un exposé clair et concis, le numéro 1 de la Communication en RDC a réaffirmé la position constante de Kinshasa: "Aucune coopération économique ne sera envisagée tant que la paix et la souveraineté territoriale ne seront pas pleinement restaurées.
Tout en saluant l’élection de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, Patrick Muyaya a souligné la volonté du pays de «jouer un rôle constructif et positif» au sein de cette instance. L’agenda congolais portera, notamment, sur la justice transitionnelle post-conflit, la gestion durable des ressources naturelles, la réforme des opérations de maintien de la paix et les enjeux environnementaux liés à l’exploitation minière.
Ces priorités, a-t-il précisé, traduisent la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi de repositionner la RDC au rang d'acteur majeur dans la réflexion internationale sur la paix et la stabilité.
L’accord de Washington engage le Rwanda à un retrait complet de ses troupes
Revenant sur l’accord RDC-Rwanda signé à Washington sous la médiation américaine, le ministre a rappelé que celui-ci engage le Rwanda à un retrait complet et vérifiable de ses troupes, à la fin de tout soutien au M23 et au rétablissement de l’autorité de l’État congolais sur les zones occupées.
«Ces conditions sont non négociables», a insisté Muyaya, reprenant les termes du chef de l’État lors de la 80I” session de l’Assemblée générale des Nations Unies, tenue le 22 septembre dernier à New York.
Le mécanisme conjoint de coordination de la sécurité et le comité de surveillance créés dans le cadre de cet accord ont déjà tenu plusieurs réunions. Notamment à Addis-Abeba et à Washington. Ces rencontres ont permis d’élaborer un ordre opérationnel, précisant la mise en œuvre du plan global (CONOPS) visant à traduire sur le terrain le retrait des troupes étrangères et la neutralisation des groupes armés.
«Nous restons cohérents: la paix avant tout»
Le ministre Muyaya a tenu à clarifier la position du gouvernement congolais face à certaines spéculations sur un éventuel blocage des discussions économiques: «Nous avons estimé que les conditions de paix n’étaient pas réunies pour passer à l’accord économique. Le président de la République a toujours été clair : on ne peut parler d’intégration économique que lorsque la paix sera définitive et durable».
Le cadre d’intégration économique régionale, prévu au chapitre 6 de l’accord de Washington, reste donc en attente. Les textes sont prêts, les principes arrêtés. Mais aucune signature ne sera apposée tant que la souveraineté congolaise ne sera pleinement rétablie.
«Comment penser à l’économie quand nos populations sont encore tuées, quand nos territoires sont occupés ?», hurle Patrick Muyaya, rappelant que la cohérence de la position congolaise repose sur un principe simple: "Pas d’économie sans sécurité".
Patrick Muyaya a, par ailleurs, également précisé la différence entre les discussions de Washington, centrées sur le dialogue bilatéral RDC–Rwanda et celles de Doha, qui concernent les échanges avec le M23 sous la facilitation internationale.
«Il ne faut pas confondre les deux processus. À Washington, nous traitons avec ceux qui donnent les ordres, à Doha avec ceux qui les exécutent», a-t-il expliqué.
À Doha, les négociations portent sur les mesures de confiance, notamment la question des prisonniers et le cessez-le-feu. Un mécanisme a été mis en place sous la supervision du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour encadrer ces aspects sensibles.
Concluant son propos, le ministre de la Communication et Médias a réitéré la détermination du gouvernement à poursuivre les efforts diplomatiques, tout en restant vigilant face aux «agitations sur le terrain».
«Nous sommes à la fois proches de la guerre et de la paix. Mais nous avons choisi de donner toutes leurs chances aux discussions pour éviter davantage de pertes en vies humaines», a-t-il laissé entendre.
La RDC, a-t-il souligné, continuera à défendre ses intérêts avec fermeté tout en restant ouverte à la coopération internationale pour une paix définitive et durable dans la région des Grands Lacs.
Ce briefing aura le mérite de lever toute ambiguïté: la RDC avance dans le processus de paix avec lucidité et cohérence. Washington, Doha, New York… sur tous les fronts diplomatiques, Kinshasa martèle son credo : «la paix d’abord, l’économie ensuite».
Jérémie ASOKO