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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Quel vaccin pour immuniser l’Est ?
A l’ère et à l’heure des vaccins, en voici un pour tenter d’immuniser l’Ituri et le Nord-Kivu. Trente jours pour que la première dose agisse dans l’organisme. Sinon, la dose sera renouvelée.
Le pays retient son souffle. Les Congolais, en commençant par ceux des provinces concernées, attendent de voir les résultats du vaccin. Eux qui ont connu tous les « variants » de la maladie appelée improprement par leurs compatriotes de la lointaine capitale « guerre de l’Est« .
En somme, une succession infernale de massacres, de viols, de vols, de destructions méchantes …Un quart de siècle que cela dure. Du moins pour les Kivus !
La sécurité étant la première des libertés, tous espèrent ou croient -c’est selon- en une immunité collective à la faveur de ce vaccin. Tous implorent les autorités du pays pour que ce vaccin soit vraiment efficace pour éradiquer l’épidémie mortelle. Et que des mesures d’encadrement soient prises de façon à réussir la campagne vaccinale.
Sinon, les effets secondaires risquent de parasiter, voire phagocyter l’efficacité du vaccin. Auquel cas, le remède pourrait s’avérer plus dangereux que le mal qu’il est censé guérir.
Les plus anciens des Congolais, alors Zaïrois, ont en mémoire des séquences de vaccination massive pleines de bonnes intentions qui ont tourné au cauchemar pour les populations. Faute de service après-vente. Le suivi qui a toujours été le talon d’Achille du processus de gouvernance depuis les années Mobutu. Le pays va-t-il enfin tordre le cou à cette marque de fabrique fort peu glorieuse pour qu’enfin l’intendance suive ?
Nul besoin d’exégèse ni d’herméneutique de cette métaphore vaccinale pour comprendre que l’état de siège décrété hier est comme ce vaccin censé créer l’immunité collective contre les tueries. Qui s’en plaindrait ? Sauf que l’on doit s’assurer que le vaccin retenu est vraiment le plus approprié et que les effets secondaires n’annihileront pas les résultats bénéfiques attendus.
Enfin, tout l’Est ayant, hélas, la triste réputation d’être le ventre mou de la RDC, ne serait-il pas indiqué de vacciner toutes les régions infectées par le virus de la guerre ? Sans quoi, les « variants » du Sud-Kivu pourraient migrer vers le Nord-Kivu et même vers l’Ituri.
José NAWEJ